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Nice to meet you, Sciences Po ! L’IEP vu par un International

Cette année encore, plus de cent « ambassadeurs » de pays différents ont débarqué à Science Po Lille. Certains ont pris la voiture et n’ont mis que quelques heures à arriver à Lille, d’autres ont mis presque une journée et ont traversé des océans pour s’y rendre. Quelques-uns avaient déjà visité la France et comprennent les blagues françaises sans peine, d’autres ne connaissaient que le mot « baguette » (et en ont mangé une ici pour la première fois). Mais tous sont venus à Lille dans le même but : goûter du vrai vin français.

Première étape incontournable : la rue de Trévise. Au début, c’était un peu difficile de trouver l’établissement, surtout quand on s’attend à trouver plusieurs campus et un grand parking. Une « grande école » ne devrait-elle pas occuper de « grands » locaux ? Et puis, pourquoi n’y a-t-il pas d’étudiants en troisième année ? A quoi servent les séminaires d’ouverture ? Quelle est la différence entre BDS, BDE et BDA ? Il a fallu attendre les premiers cours pour tout comprendre.

On dit que la vie d’Erasmus est facile et merveilleuse et que les études n’y sont pas pénibles. Mais si tu es étudiant français dans l’une des meilleures grandes écoles du pays, on dirait que c’est la même chose. Il y a des cours où les gens arrivent à la dernière minute, mais en même temps une bibliothèque toujours bondée. Il y a des étudiants qui échangent leur profil Facebook avec les Erasmus au fond de la salle, et ceux qu’on rencontre parce qu’ils veulent bien partager leurs notes de cours. De temps en temps, on sèche ensemble, mais le plus souvent on travaille en groupe sur des exposés. Les professeurs ne cessent de nous répéter que Sciences Po prépare l’élite française, eh bien je trouve que les étudiants ne les déçoivent pas.

La Semaine des Assos. Crédit photo : Konstantin Manenkov

Il semble parfois que ce soit les étudiants qui dirigent l’école. Des entraînements sportifs aux différentes associations (dont la rédaction de La Manufacture), chacun est autonome. Il y a même de vraies élections pour élire les représentants étudiants au conseil d’administration, accompagnées de grandes campagnes et de chauds débats. J’ai l’impression d’habiter dans un petit État avec ses propres lois. Je me demande parfois s’il est possible de s’ennuyer ici, de rester en retrait, parce que presque tout le monde s’engage dans une ou plusieurs associations. Même des Erasmus rejoignent le BDI et participent aux élections.

Néanmoins, les étudiants de Sciences Po n’ont pas l’air fatigué ou déprimé. Au contraire, ils rient et s’amusent partout : dans les couloirs avant, et surtout après les cours, dans la bibliothèque en faisant semblant d’étudier (quelques-uns réussissent tout de même à gérer les deux). Lorsque j’ai demandé à faire une photo en face de l’entrée, voilà qu’on m’a offert une vraie session shooting avec des cheerleaders rien que pour moi.

Devant le 84 rue de Trévise. Crédit photo : Konstantin Manenkov

Les enjeux de la mobilité consistent principalement à partager une petite partie de notre culture avec les autres étudiants, mais aussi se confronter à la culture d’ici. Voici une jeune fille qui parle russe, une autre qui a passé une année au Costa Rica, voilà un jeune homme qui a fini son bac en Espagne. On a traversé le monde, laissé notre maison loin derrière, mais on se sent ici comme chez soi. Ceux qui viennent de Chine suivent même des cours avec des professeurs originaires de leur propre pays.

Avant d’arriver, on appréhendait tous notre séjour en France, on avait peur de ne pas comprendre le ch’ti, on doutait fort que les professeurs soient gentils et on n’imaginait pas que les étudiants seraient si amicaux. Maintenant, on comprend pourquoi Sciences Po s’installe dans ce petit bâtiment de la rue de Trévise, pourquoi les jeunes gens choisissent Lille au lieu de Paris. Une ambiance si chaleureuse n’existe qu’au sein d’une grande famille, qui habite ensemble dans une petite maison.

Konstantin Manenkov

  1. Ana Rodarte Ana Rodarte

    Quel bon article! Il m’a donné des grandes attentes de l’IEP Lille janvier prochain :)

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