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L’Apéro Pro, le nouveau rendez-vous de l’AMAP #1

Mardi 24 novembre, l’AMAP inaugurait un nouvel événement : l’Apéro Pro. Le principe ? Des professionnels à disposition de petits comités d’étudiants, prêts à répondre à leurs interrogations et à trouver des solution à un thème commun prévu en amont, avant un buffet des plus conviviaux. La problématique de la soirée était la suivante : « Dans le contexte des restrictions budgétaires, on note un certain recul de l’Etat-Providence. Partenariats public-privé, fondations d’entreprise, économie sociale et solidaire, quelle place pour les alternatives ? » Quatre étudiants ont noté l’essentiel des échanges de chaque table-ronde, et racontent à La Manufacture ce qu’ils en ont retenu.

Lucie Germain (5A, MIP-Audencia) était à la table de Charles Bescond, consultant secteur public chez Accenture depuis 2011 (pour des missions avec le Ministère de la Défense et de l’Intérieur notamment). Selon lui, face au retrait de l’Etat, le partenariat public-privé (PPP) n’est pas forcément la meilleure solution : surestimation des capacités de financement à long terme, absence de suivi du contrat, dépendance vis-à-vis du prestataire… Le PPP reste une procédure dérogatoire, ponctuellement utile pour l’Etat, mais peut-être risqué pour les collectivités, pour lesquelles la délégation de service public pourrait mieux convenir.

Forte de son expérience de déléguée aux Affaires Territoriales chez Laposte, Laura Serrano Blot  souhaite clarifier le débat, comme le rapporte Julie Monart (4A, DS). Le service public doit être efficient, tout en restant accessible et équilibré. Des méthodes de mutualisation sont mises en œuvre, avec des partenariats publics-publics (entre une agence d’Etat et une mairie par exemple) ou publics-privés. On distingue alors plus que jamais les missions de service public des missions d’intérêt général (issues des PPP, comme les stades). Un risque majeur néanmoins : dans la conjoncture actuelle, l’Etat abandonne une partie de ses missions de solidarité à l’économie sociale et solidaire (les associations avant tout).

Laurent Gros, juriste en droit privé pour le cabinet d’avocat Trinity et spécialiste de l’économie sociale et solidaire (ESS), réalise un constat similaire. Damien Montegu (4A, DS) nous fait part de son constat : même si les PPP constituent un moyen essentiel pour les acteurs de l’ESS (mutuelles, associations, coopératives) de développer leur activité, ils restent néanmoins fragiles et traduisent trop souvent un désengagement croissant de l’Etat vis-à-vis de certaines missions sociales, de plus en plus déléguées à l’économie sociale et solidaire.

Enfin, Jean-Pierre Haemmerlein, ancien directeur des Ressources Humaines, fondateur et actuel directeur de la Fondation Decathlon, donne aux échanges une dimension internationale. Pierre Devoize (4A, MRPP) note les objectifs de la Fondation, qui porte les projets des salariés de Decathlon en faveur des personnes défavorisées, en France et dans le monde. Le sport est alors un levier pour agir sur deux facteurs d’insertion : l’éducation et l’emploi. Le suivi des projets est essentiel, pour pouvoir mesurer l’impact territorial de l’action de la Fondation, véritable incubateur d’innovation sociale.

Crédits : AMAP
Crédits : AMAP


La Manufacture : L’AMAP a inauguré un nouveau rendez-vous mardi dernier, l’Apéro Pro, événement novateur qui devrait se renouveler à l’avenir. Le pari, c’était de permettre aux étudiants d’échanger le plus librement possible et de manière plus proche avec des intervenants professionnels, lors de tables-rondes dans un premier temps puis autour d’un buffet. Qu’est-ce qui vous a poussé à venir et qu’est-ce que vous en attendiez ?

Julie Monart : Ce qui m’intéressait dans cet événement, c’était vraiment la proximité qu’il établissait avec les intervenants. Personnellement, je n’ai aucun contact avec le secteur privé autour de moi, c’était donc l’occasion d’entendre et de visualiser plus concrètement des exemples de carrières précis. Chaque intervenant a commencé par présenter son travail et les évolutions de carrière qu’il avait connus, puis la discussion s’est faite entre petits groupes de 3 à 4 élèves autour de chaque invité.

Alexandre Misplon : Je me suis décidé à aller à l’apéro pro surtout par curiosité ; je ne connaissais pas spécialement ce format ni les intervenants et leurs domaines d’actions. À vrai dire je ne me sentais pas initialement très préoccupé par le monde de l’entreprise. C’était donc pour moi une découverte de rencontrer des personnes qui travaillaient à mi-chemin entre le monde de l’entreprise et le secteur public. Je salue à ce titre l’AMAP qui nous a fait découvrir d’autres carrières que celles que l’on imagine traditionnellement une fois notre diplôme d’APGBC en poche !

Pierre Devoize : Je suis venu au départ pour représenter la Junior Entreprise de Sciences Po. On était plusieurs du pôle et c’était une bonne occasion pour nous de rencontrer des professionnels. J’en attendais au départ de pouvoir prospecter des futurs clients pour la JE mais finalement ce rendez-vous a été aussi très profitable pour moi.

Qu’avez-vous retenu de cette soirée ?

Julie  : L’intervenante à ma table était extrêmement dynamique, répondait à toutes nos questions avec des exemples précis, des chiffres… Ca m’a vraiment permis d’avoir une image bien plus concrète de ce secteur professionnel, et de ses défis actuels. Ce genre d’événement est super intéressant pour mieux visualiser des métiers qui semblent un peu “abstraits” à la base. Et puis on a pu se rendre compte qu’il y avait beaucoup de flexibilité dans l’évolution des carrières.

Alexandre : Si je devais retenir une chose grâce à cet Apéro Pro, c’est bien le fait que de très beaux débouchés peuvent nous être offerts dans des domaines et entreprises auxquelles on ne s’attendait pas nécessairement. D’autres secteurs d’activité s’offrent à nous après Sciences Po, notamment dans le secteur privé et particulièrement dans les entreprises de service public.

Pierre : C’est une très bonne initiative ! Le nombre restreint de participants nous a permis de réellement échanger avec les acteurs, et il y a peu de projets de la sorte à Sciences Po. C’est vraiment gratifiant de rencontrer aussi des professionnels et je sais que cette première tentative a été un succès pour l’association.

Le mot de la fin ? Il nous vient de Julie, qui se confie à La Manufacture : « Nous sommes un petit groupe de 4A à intégrer l’AMAP à partir de janvier, quand la team de 5A présidée par Emma partira en stage. Le chiffre n’est pas encore arrêté pour le moment mais on est plusieurs étudiants venant de toutes les spécialités d’affaires publiques. Et on est super motivés pour reprendre l’asso et la faire vivre à travers plein d’événements ! ». La relève semble assurée.

Pour suivre l’actualité de l’AMAP : https://www.facebook.com/amapscpolille/?fref=ts


Synthèse réalisée par les participants
Propos recueillis par Alexandra Jouanneau

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