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MUNFrance, à la conquête de la diplomatie

Passionné.e.s par la diplomatie, les relations internationales et la négociation ? La Manufacture a rencontré Marlon Camps et Antoine Desferet, tous deux membres de l’ambitieux projet MUNFrance. Lumière sur l’initiative internationale étudiante de la rentrée.

La Manufacture : Bonjour à tous les deux, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre rôle au sein du projet MUNFrance ?

Antoine Desferet : Moi c’est Antoine Desferet ; je suis en charge de toute la liaison avec les personnes publiques dans le projet : la région, le département, la ville, etc, et les universités ainsi que les lycées qui sont invités à participer à notre MUN. Donc voilà, je m’occupe des relations avec les universités qui viennent par exemple d’Ouzbékistan, de Sierra Leone… Et puis il y a aussi les partenariats, avec le MUN de Rome, qui est l’un des plus grands MUN d’Europe, avec un MUN colombien aussi à Bogotá, et avec le premier MUN de Palestine.

Marlon Camps : Moi je m’appelle Marlon Camps, je suis en deuxième année ; et pour le projet je m’occupe de la communication et de la partie logistique. Donc la communication, c’est la gestion des réseaux sociaux – Facebook, Twitter – pour la visibilité. Il y a aussi un site Internet, qui nous permet de communiquer. Du point de vue logistique, je suis en charge de trouver des salles et le lieu qui va accueillir la conférence. Je m’occupe enfin de la recherche de sponsoring, pour pouvoir nous aider dans le financement de cette conférence.


Qu’est-ce que le MUNFrance exactement ?

Antoine : C’est en fait une fédération d’associations, qui comprend Munwalk Sciences Po Lille, Stras’Diplomacy à Sciences Po Strasbourg, le BIMUN à Bordeaux et le MUNTO à Tours. Le projet a été initié en 2014 par les présidents de ces associations.

Marlon : Ces quatre associations se sont réunies pour organiser une conférence, le Model United Nations, qui est une conférence de négociations internationales entre étudiants, de simulation des négociations des Nations Unies plus précisément. Notre association a pour but d’organiser une de ces conférences. Pour bien expliquer la différence, toutes les autres associations envoient des délégués, elles en forment et en sélectionnent pour aller participer à ce genre de conférence. Nous, on organise une conférence de ce type-là et on reçoit les délégués. Et c’est deux choses bien différentes. Par exemple, Munwalk Sciences Po Lille fait partie de notre fédération d’associations mais Munwalk a plein d’autres objectifs totalement détachés de notre association.

Antoine : Et c’est une fédération d’associations qui n’est pas fermée, c’est-à-dire que dans les années à venir il peut très bien y avoir des sections qui se créent, des associations de négociations internationales peuvent nous rejoindre et organiser un MUN chez eux.


En quoi cette conférence se démarque-t-elle alors des autres du même type qui existent déjà ?

Marlon : On va organiser une conférence comme beaucoup d’autres conférences Model United Nations en France qui est pour les étudiants internationaux. Mais un des points forts de notre projet, c’est aussi qu’on propose un comité pour les lycéens, qui sera en français. Les lycées de la région lilloise en particulier, mais globalement tous les lycées sont invités.

Antoine : On a noué un partenariat avec le PEI de Sciences Po Lille, qui permet aux étudiants issus d’un milieu modeste d’intégrer un IEP. Et on a donc invité les 150 lycées qui participent à ce programme. Ca nous permet d’ouvrir les lycéens à ce genre d’exercice qui parait un peu délicat à aborder à cet âge. Il y a d’énormes disparités entre les lycées, il y en a qui participent à plusieurs MUN dans l’année et qui en organisent, et d’autres qui ne connaissent même pas l’existence de ce genre de conférence. Donc l’idée c’est d’ouvrir ce genre d’événement au plus grand nombre, d’où l’intérêt de le faire en français afin de ne pas bloquer des personnes.

Marlon : Le principal avantage de cette branche du projet, c’est vraiment d’instaurer une portée sociale et de démocratiser ce genre de conférence, de la faire connaître, d’en permettre l’accès à plus d’étudiants et là, en l’occurrence, à plus de lycéens, et c’est aussi de cette manière qu’on se démarque.


Quand l’événement aura-t-il lieu ?

Antoine : Tout sera en même temps, ça va se dérouler les 25, 26, 27 mars, et ce sera dans trois grandes salles différentes, sûrement dans un grand hôtel de la métropole qu’on est en train de réserver.

Marlon : C’est l’avantage aussi de pouvoir faire se rencontrer deux mondes, le monde étudiant et le monde lycéen, puisque les lycéens seront dans le même lieu et donc ils vont pouvoir croiser des étudiants internationaux. Il y a dans ce genre de conférence un aspect social de rencontres et de partage.

Antoine : Et il y a également des événements qui gravitent autour et qui permettent aux personnes de se rencontrer en dehors du comité et d’échanger sur leur culture.


Comment et pourquoi ce projet a-t-il vu le jour ?

Marlon : En 2014, Munwalk avait envisagé d’organiser de manière unilatérale une conférence à Lille, mais s’était rendu compte qu’il était de plus en plus intéressant d’essayer de s’associer avec d’autres associations MUN de France. Beaucoup d’associations avaient déjà leur MUN mais il n’y avait pas réellement de coordination au niveau national et au final chacun organisait sa conférence dans son coin sans avoir vraiment un écho international. Il y a donc eu la mise en place de ce projet de fédération, un peu sur le modèle CRIT. Chaque année, la présidence va être assurée par les différents membres associatifs. C’est aussi un projet ouvert aux universités.

Antoine : Ou même à des écoles de commerce ou autre, c’est vraiment ouvert à l’ensemble des clubs de négociations internationales français, parce que justement l’idée était de créer une coordination nationale pour donner plus de poids au Model United Nations. C’est un exercice extrêmement réputé, surtout outre-Atlantique et outre-Manche, généralement dans les pays anglo-saxons, et en France ça n’a pas forcément la même popularité et le même impact. Le but était donc de créer l’évènement le plus important possible qui pourrait rassembler des personnes du monde entier pour faire quelque chose au niveau français et participer au rayonnement international de nos associations.

Marlon : Ce projet est né aussi de l’expérience de ses fondateurs qui ont participé à des MUN et qui ont un regard vis-à-vis des actions internationales.


Pourquoi avoir choisi Lille comme lieu d’inauguration de ce tout nouveau dispositif ?

Antoine : Munwalk Sciences Po Lille est la meilleure association de Model United Nations en France, la mieux classée, : on est deuxième ou troisième en Europe, dans le top 15 mondial, du coup ça explique qu’on lance un peu le projet. Et on bénéficie aussi d’un réseau en termes d’universités, qui nous permet d’assurer le lancement du projet.

Marlon : C’est un événement qui va être sur le long terme de toute façon, c’est-à-dire que le but, c’est que la conférence se reproduise chaque année, prenne de l’envergure.

Antoine : Il faut savoir que les plus gros MUN ont plus de 60 ans, ce sont vraiment des exercices qui s’inscrivent dans la durée et qui grossissent avec le temps. Le MUN d’Harvard et de New York accueillent en tout respectivement 3000 et 5000 personnes sur une semaine. On pense être à 150–200 personnes en première estimation ; s’il y en a plus, tant mieux, mais on table sur à peu près 120 étudiants internationaux et une cinquantaine de lycéens. Sachant que les inscriptions sont déjà ouvertes sur le site Internet !


Pour en revenir à vous, comment en êtes-vous arrivés à prendre part au MUNFrance ?

Marlon : On a découvert ce qu’était un MUN l’année dernière en partant à Harvard, et on a entendu parler de ce projet parce qu’on a des amis et des collègues d’Harvard qui s’y sont engagés. Donc on s’est sentis concernés par ce projet parce qu’on a énormément apprécié l’expérience, et on souhaitait permettre à des étudiants de la vivre en France, à Lille, chez nous.


Comment est organisée l’antenne lilloise ? 

Marlon : On est environ une dizaine de personnes en tout, mais à Lille nous sommes quatre. On a également la chance d’avoir l’appui et l’aide de Robin Jullien, qui est le président fondateur de l’association (5A), et de Marvin Passi (5A) qui a une fonction de grand consultant, de conseiller spécial, et qui nous apporte son expérience et ses connaissances des conférences MUN et du travail attendu.


Avez-vous rencontré des difficultés dans l’organisation de cette conférence ?

Antoine : Des difficultés de coordination parfois, après c’est toujours un peu difficile parce que les MUN ne sont pas encore très connus en France donc ce n’est pas évident d’en discuter avec les pouvoirs publics, notamment avec le conseil régional et le conseil départemental qui nous ont reçus mais dont le soutien s’avère limité.

Marlon : On a un gros travail de présentation de l’association qui nous prend du temps, pour convaincre nos interlocuteurs de l’intérêt du projet et de leurs intérêts à s’y engager.


Comment va-t-elle se dérouler ?

Antoine : Les délégués seront accueillis le vendredi 25 mars en fin d’après-midi par une conférence d’ouverture ; on est en discussion avec différentes personnalités reconnues dans le milieu des affaires étrangères et de la diplomatie. A la suite de ça, les délégués pourront profiter d’un premier contact entre eux autour d’un cocktail.

Marlon : Ça sera également pour nous le moyen de présenter les membres de l’association ainsi que le projet aux délégués.

Antoine : Le samedi commencera le début de la conférence en comités, jusqu’au dimanche en fin de matinée.

Marlon : Sauf pour les lycéens pour qui ce sera un peu plus court parce que ce sont des conférences assez éprouvantes, au total un cumul de quasiment deux jours de négociations.

Antoine : Et la conférence se terminera par la cérémonie de clôture, pendant laquelle des prix seront attribués aux délégués ayant fait preuve d’esprit de leadership, de diplomatie, de conciliation, qui ont apporté des idées innovantes.


Comment les étudiants intéressés peuvent-ils s’engager ? 

Marlon : Il y a plusieurs moyens de s’engager. Le premier, c’est de participer à la conférence à travers les associations MUN, les universités étrangères et françaises.

Antoine : Mais on peut également s’inscrire en délégué seul donc il n’est pas nécessaire de faire partie d’une association MUN. Si une personne est passionnée par les MUN mais que son université ne bénéficie pas de club de négociations internationales, il peut tout à fait participer.

Marlon : L’inscription se fait par le biais de notre site Internet, qui est en anglais. Mais on peut aussi s’engager en étant bénévole et en nous aidant sur différentes tâches sur la conférence. Des étudiants de Sciences Po ou d’ailleurs, qui viendront parce qu’ils connaissent le MUN, parce qu’ils aiment le MUN, mais peut-être aussi au contraire parce qu’ils ont envie de voir à quoi ressemble une conférence de l’intérieur. C’est du bénévolat qui concernera plusieurs tâches : logistique, organisation des comités… Et enfin un dernier moyen pour s’engager, c’est le Chairing. La Chair, c’est en fait le bureau qui organise les débats, qui préside la séance, et donc on va lancer une phrase de recrutement d’un directeur de Chair, d’un sous-directeur de Chair et d’un modérateur.

Antoine : Et ce, par comité, donc il nous faudra neuf personnes en tout.

Marlon : Il y a donc plusieurs moyens de s’engager. Mais en tout cas, si on doit s’adresser aux étudiants de Sciences Po Lille, ils peuvent nous aider sur plein de plans et dans beaucoup de domaines. N’hésitez pas à nous contacter !


Comment ce projet va-t-il évoluer par la suite ?

Antoine : La conférence ne sera donc plus à Lille avant 4 ans, puisqu’elle va tourner, voire même un peu plus tard si de nouvelles associations nous rejoignent. On espère qu’elle va grossir et accueillir de plus en plus de délégués, et être de plus en plus reconnue sur la scène internationale.

Marlon : D’où l’avantage de cette fédération d’associations qui est l’idée de ne pas lier l’existence, la pérennité de cette conférence, à des individus particuliers. Nous ne sommes qu’éphémères dans cette association, on est là une année, on s’investit un maximum pour que la conférence ait lieu mais on ne veut surtout pas personnaliser le projet parce que nous ne sommes qu’un petit point dans l’histoire de l’association.


Le mot de la fin ?

Marlon : On est très fiers d’organiser cette conférence, et on invite tous ceux qui veulent participer à cette expérience humaine à venir y prendre part avec nous. On invite tous les étudiants qui veulent s’engager à nous rejoindre, à nous contacter, pour avoir des informations supplémentaires. On est très heureux que cette première édition ait lieu à Lille !

Propos recueillis par Alexandra Jouanneau

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