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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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Star Wars VII, The Force Awakens, la tempête dans un verre d’eau ?

Qui a pu échapper à la nouvelle de la sortie d’un nouvel opus de Star Wars, en cette fin d’année 2015 ? Alors qu’un déchaînement médiatique s’est produit plusieurs semaines avant la sortie du film, accompagné d’une avalanche mercantile (si vous n’avez pas goûté aux clémentines BB-8, peut être apprécierez vous les chips Dark Vador ?), il semble que l’on ait repris conscience de l’importance culturelle et populaire de la saga, qui a connu une domination sans précédent depuis la sortie du tout premier film, La Guerre des Etoiles, en 1977.

Près de quarante ans que cette entreprise fructueuse fait rêver des centaines de milliers de gamins de par le monde: cela se devait de faire du bruit. Assez de bruit pour que le septième film de la saga Star Wars, Le Réveil de la Force, se trouve être le premier film du box office français de 2015, alors qu’il est sorti une quinzaine de jours avant la fin de l’année.

Je suis un produit dérivé et tout le monde m'aimera quand même.
Je suis un produit dérivé et tout le monde m’aimera quand même.

Après la sortie du film s’est produit un phénomène prévisible : un déferlement de critiques élogieuses ou assassines envers le film, car, ceux qui suivent les zones plus ou moins geek d’internet le savent : Star Wars, c’est sacré pour de nombreuses personnes. Ce qui est assez paradoxal compte tenu des bénéfices extraordinaires que LucasFilm perçoit de la licence et de ses produits dérivés, mais passons.

Il faut dire que la toute première bande-annonce avait déjà fait couler énormément d’encre (et produit beaucoup de luxations du poignet) au simple dévoilement d’un sabre laser avec une garde. Mais quand ce n’est pas une vidéo de deux minutes mais un film de plus de deux heures qui est montré au public, il faut avoir une sacrée patience pour lire et entendre les critiques concernant les aventures de Rey et Finn dans une galaxie très très lointaine.

Internet, qu'as-tu encore fait ?
Internet, qu’as-tu encore fait ?

Il semble difficile de pouvoir débattre de cette saga de manière objective et avec du recul, tant certains interlocuteurs semblent être à cran sur l’objet sacré de leur enfance. Cette critique aura donc pour objet de discuter paisiblement d’un film qui, s’il n’est qu’un film, s’inscrit pourtant dans une grande généalogie cinématographique. Et qui refusera par dessus tout de dresser des conclusions simplistes qui réduiront le film à une énorme insulte face à la saga originale, ou alors à un glorieux héritier de la sacro-sainte saga.

Car, avouons-le d’emblée : Star Wars est loin d’être une série de films excellents d’un point de vue cinématographique. Certes, Lucas est le père d’un univers extrêmement riche et immersif, et il est un excellent raconteur d’histoires qui a su dépoussiérer de manière efficace de grands mythes antiques. Mais Star Wars c’est aussi une manière de filmer relativement plate, des effets spéciaux vieillissants (oui, même pour l’époque), des erreurs scénaristiques épouvantables, des erreurs de casting et j’en passe. Faut-il évoquer Jar Jar Binks ? Faut-il s’éterniser sur le manque cruel de personnages féminins principaux ? Sur les incohérences prodigieuses de la trilogie originale (les épisodes IV, V et VI) ou les bassesses d’intrigues de la prélogie (les épisodes I, II et III) ? Un rapide coup d’oeil sur Internet permet de faire le tour de la question. En d’autres termes, haters gonna hate, il faudra s’y faire, Star Wars n’a jamais été un miracle cinématographique, ni un bijou du septième art. Ses qualités résident ailleurs. De ce fait, abordons -enfin- la critique du septième épisode avec un regard apaisé. Et sur ce, place aux spoilers !

Erreurs scénaristiques et réalisateur fainéant ?

Avant de commencer le sport préféré du critique culturel âgé de 15 à 30 ans et amateur de pop culture (la chasse aux incohérences), il faut faire face à un point qui fâche et qui est la première critique qui sort de la bouche des détracteurs de ce nouvel opus : le scénario. Et plus précisément le large plagiat de l’épisode IV. Rentrons dans les détails : les ficelles sont énormes. Il s’agit de documents confidentiels, volés à un Empire totalitaire par une résistance démocratique, qui sont confiés à un robot qui sera traqué par cet Empire, et qui devra se rendre sur une planète de sable pour trouver des alliés qui n’ont rien à voir dans ce conflit politique, alliés qui rejoindront la résistance et les jedis pour combattre l’Empire. L’Empire, quant à lui, utilisera une fausse planète (qui est en fait un vaisseau disposant d’une puissance de feu capable de détruire des planètes), afin de semer le trouble dans la résistance et asseoir son pouvoir sur la galaxie.

Qu’on se le dise, il n’est pas rare que des ponts scénaristiques aient lieu entre les trilogies Star Wars, c’est même une habitude assumée par Lucas, qui donne une dimension cyclique à la saga. En gros, la prélogie a plusieurs fois réutilisé des éléments de scénario de la trilogie originale. Mais, dans ce cas précis, on franchi une grosse limite : le scénario du VII est réellement une copie de celui du IV. De bout en bout, avec des étapes similaires tout au long du film. Et ce n’est pas une petite erreur, c’est carrément un élément qui nous plonge dans un contexte et une ambiance très similaires à ceux du IV. La résistance, les failles d’un système politique totalitaire, le manichéisme transparent et exacerbé …

Malgré tous les défauts que la prélogie pouvait avoir, elle apportait un univers neuf, des ressorts nouveaux. On oubliait le conflit ouvert entre la résistance et l’Empire, l’inspiration du film de guerre, la fuite de base rebelle en base rebelle. Lucas nous proposait alors un système politique semblable au nôtre, car démocratique sur le papier, mais rongé par la corruption, les conflits internes, et les arrangements de couloir. On nous offrait une guerre déclenchée par un individu solitaire et manipulant les deux côtés. On a assisté à la lente chute d’un régime politique ancien et à la mise en concurrence de la souveraineté des systèmes par un organisme fantoche, la fédération du commerce (Sciences Po function : desactivated). Or, Star Wars VII n’a pas su nous offrir une telle innovation scénaristique qui aurait pourtant permis d’enrichir l’expérience d’immersion de l’univers Star Wars.

Cette erreur a donné lieu à d’autres biais qui sont dommageables. En effet, à scénarios similaires, personnages et contextes similaires. On passe d’une étoile de la mort au « Starkiller », du Millenium Falcon au…. Millenium Falcon, de l’Empire au Premier Ordre, de la résistance à la résistance, toujours menée par la même princesse Leia Organa. Luke Skywalker a été remplacé par deux personnages : Finn et Rey ; Han Solo a remplacé Obi-Wan Kenobi dans son rôle de vieux mentor ; Yoda est devenu féminin et orange. Enfin, on a remplacé Dark Vador et Dark Sidious par deux autres vilains ayant la même relation.

Le plagiat du scénario entraîne une autre conséquence : l’organisation politique du IV et du VII sont les mêmes, à savoir un Empire absolu concurrencé par une rébellion. C’est paradoxal avec la fin du VI, qui voyait le rétablissement de la république et la chute de Palpatine. On ne sait donc absolument pas quelle est l’importance du Premier Ordre, les méchants de l’histoire, qui semble disposer d’une certaine importance car ils ont des stormtroopers à leur service (qui étaient toujours la chair à canon des régimes gouvernants). Que s’est-il passé durant les trente ans qui séparent les épisodes VI et VII ?

Certains critiques estiment que cette brèche scénaristique sera comblée par des autres formats développés par Disney, comme des bandes dessinées, des séries ou des romans, soit une autre manière de « faire de l’argent sur le dos de Star Wars ». Affaire à suivre, donc, et nous avons de nombreuses craintes à avoir car il est très difficile de comprendre cette décision de réchauffage scénaristique.

Un « esprit Star Wars » menacé ?

Une erreur d’un autre genre, peut être plus inquiétante, est celle d’une perte de vitesse de certains éléments qui faisaient le souffle de Star Wars. Parlons ici des nombreuses incohérences qui entourent la maîtrise de la Force de Rey et de Kylo Ren. Rey n’a pas réellement entendu parler de la Force avant le début du film, ou alors l’associe à de vieilles légendes ridicules. Pourtant, elle manipule aisément l’esprit d’un soldat, et réalise des prouesses télékynésiques (elle fait mieux que Luke qui, dans l’épisode V, peine à déplacer son sabre de quelques centimètres alors qu’il disposait de quelques enseignements en matière de maîtrise de la Force). Enfin, elle sait se battre au sabre alors qu’elle ne disposait depuis lors que d’un bâton, certes, mais certainement pas fait de laser. En tout cas, elle tiens tête à Kylo Ren qui semble avoir plus d’expérience qu’elle. Kylo Ren, lui, arrive à arrêter des tirs de laser par télékynésie, ce qu’aucun jedi n’a fait dans aucun film Star Wars. Ces incohérences ne sont pour autant notables presque uniquement que par les fans de la saga, à mon sens, et restent légères pour l’œil non habitué à la traque des incohérences. Ces éléments nous offrent pourtant une bien pâle vision de la Force, presque décevante selon moi.

Une question épineuse était celle du retour de l’ancien casting. Absents des épisodes I, II et III, Mark Hamill (Luke Skywalker), Harrison Ford (Han Solo) et Carrie Fischer (Leia Organa), les têtes d’affiche de la trilogie originale ont décidé de prendre part au projet de J. J. Abrams. Le danger était de tomber dans la caricature, dans l’auto-dérision grotesque (pour des personnages qui manquaient franchement de fond dans certains cas, où étaient d’un machisme d’un autre temps dans d’autres). Fischer et Ford ont profité de l’épisode VII pour cabotiner et faire du fan service, ce qui était de trop selon moi. Le fan service était déjà présent dans les divers gimmicks de Star Wars (les transitions en volet, l’introduction en texte déroulé, etc), et les petites répliques des acteurs de l’ancien casting, surtout humoristiques, étaient franchement lourdes. Mais laissons ça à la subjectivité de chacun.

Dans l'ordre: Harrisson Ford "ça sent pas le renfermé ici ?", Daisy Ridley "ça rime avec Epouse-moi s'il-te-plait", Bob Iger "je dirige Disney aka je dirige le monde, ça se voit j'ai l'air d'un robot, je suis sûrement un reptilien", J. J. Abrams "je n'ai fait aucun mauvais choix scénaristique, chut", John Boyega "je pèse, taisez-vous", Lupita Nyong'o "j'ai été oscarisée mais je suis coupée au montage" et Oscar Isaac "Qu'est-ce que j'ai fait pour avoir un aussi petit rôle"
Dans l’ordre: Harrison Ford « ça sent pas le renfermé ici ? », Daisy Ridley « ça rime avec Epouse-moi s’il-te-plait », Bob Iger « je dirige Disney aka je dirige le monde, ça se voit j’ai l’air d’un robot, je suis sûrement un reptilien », J. J. Abrams « je n’ai fait aucun mauvais choix scénaristique, chut », John Boyega « je pèse, taisez-vous », Lupita Nyong’o « j’ai été oscarisée mais je suis coupée au montage » et Oscar Isaac « Qu’est-ce que j’ai fait pour avoir un aussi petit rôle ? »

Ce qui est le plus dérangeant réside dans les rapports de filiation entre les personnages. Entendons-nous : si Star Wars est porteur d’autant d’émotions et de force (ah ah), c’est notamment du fait de ses rapports de filiation. Ce n’est pas pour rien que l’une des scènes les plus mythiques du cinéma soit celle où Dark Vador annonce être le père de Luke. Ce n’est pas non plus pour rien que trois films ont été réalisés pour expliquer le passage d’un homme doué, moral, amoureux, et futur père, vers le côté obscur. Et que c’est précisément la peur de perdre ces êtres chers qui l’a poussé à être tenté par le mal. C’est la torture psychologique de Luke, aux sentiments si contradictoires vis-à-vis de son père, qui l’ont transformé, qui l’ont presque achevé. Bref, Star Wars, c’est une sacré histoire, mais surtout une histoire de famille.

Et, dans le VII… Cette dimension centrale de la saga est très décevante. Une grande partie de l’intrigue, c’est la filiation de Rey. Des flashback sur l’abandon de sa famille sur la planète Jakku, d’énormes sous-entendus sur ses dons en pilotage et sa maîtrise de la Force, etc. Autant de détails très grossiers qui trahissent ses origines. Bref, sa filiation avec les Skywalker est à peine dissimulée et ce qui marchait avec la trilogie originale ne fonctionne plus avec ce nouvel épisode, pour la simple raison que c’est le genre de ressort qui ne marche qu’une seule fois. On est clairement en manque d’efficacité. Le parcours de Rey est trop proche de celui de Luke dans l’épisode IV, en fin de compte. La faute est donc encore une fois, en partie, attribuable au plagiat scénaristique. C’est très décevant de présenter Rey sous cet angle, alors que, pour la première fois, un personnage féminin obtient un tel rôle et un tel traitement dans Star Wars. Les huitième et neuvième films sont donc à craindre, car on risque d’apprendre que Rey est la fille de Leia ou de Luke, ce qui serait une révélation qui tomberait à l’eau. En revanche, ce serait vraiment très intéressant de lui découvrir une autre paternité/maternité. Affaire à suivre, donc.

Enfin une vraie dimension scénique dans Star Wars !

Ne soyons pas trop négatif.ve.s et pointilleux.ses sur ce nouvel opus. La première chose qui est appréciable dans Star Wars VII ne réside pas dans son fond, mais dans sa forme. En effet, ce film est beau ! Après avoir vu une prélogie assez moche graphiquement, dont les effets spéciaux étaient très nombreux et ont mal vieilli, il est vraiment agréable et jouissif de voir une telle qualité dans ce travail graphique. Si les musiques ne sont pas extrêmement présentes, par contre, le film nous propose de très belles scènes : l’arrivée des stormtroopers sur Jakku, les scènes de présentation de Rey qui pille les épaves, le désert de Jakku, la scène où le Starkiller détruit les planètes…. Avec une mention spéciale sur le travail fait sur les lumières (les lumières de l’espace, celle des sabres lasers en particulier). J’ai particulièrement apprécié l’usage de la technique des animatronics, en particulier dans la scène de la cantina, qui étaient entièrement absents de la prélogie.

Avouez que c'est joli.
Avouez que c’est joli.

Il faut dire que Star Wars a rarement bénéficié d’un travail de mise en scène très original, et c’est, à mon sens, avec J. J. Abrams qu’on a une mise en scène pensée. Par exemple, les scènes dans le désert de Jakku, avec Rey, sont hautes en symboles : elles sont surtout composées de plan très larges, où d’immenses vaisseaux projettent des ombres immenses sur la toute petite silhouette de l’héroïne. Solitude, absence de vie, impuissance et vertige sont suggérés. Pour aller plus loin, peut-on interpréter ces cadavres de vaisseaux immenses comme les vestiges de la trilogie originale, qui sont des anciens monuments massifs dans la mémoire des fans, mais qui restent des reliques du passé sur lesquels les nouveaux films vont devoir se reconstruire ?

Des innovations scénaristiques intelligentes

Telle est la thématique qui semble se dégager dans l’ensemble du film, par le biais d’une construction scénique spécifique : la présence par l’absence. L’ancienne trilogie est présente sans qu’on parle d’elle directement. Elle est là parce qu’elle est absente, détruite, en morceaux. Elle l’est par le cadavre de vaisseaux et de robots aperçus dans la première trilogie, par le casque de Dark Vador brûlé, par R2D2 qui est éteint, par le fait qu’on parle de Luke durant tout le film, avant de l’apercevoir à la fin uniquement. Et dans cette présence suggérée peuvent se développer un certain nombre de personnages qui s’y réfèrent et qui se construisent en fonction de celle-ci.

Le premier et le plus emblématique d’entre eux est certainement celui de Kylo Ren. Ce vilain est certainement le personnage qui est le plus décrié par les fans, car c’est un adolescent sans charisme qui veut se donner des airs de Sith. Quand il est en colère, il détruit tout le contenu de la pièce avec son sabre comme un enfant gâté qui n’a pas ce qu’il veut. Pire, il tue Han Solo dans une scène extrêmement prévisible, alors que ce dernier était un des personnages les plus appréciés. Bref, Kylo Ren est à peine arrivé sur les écrans qu’il est déjà détesté de tous.

Ceci n'est pas l'adolescent chevelu que vous croyez.
Ceci n’est pas l’adolescent chevelu que vous croyez.

Pourtant, on pourrait voir dans ce personnage un aveu de réalisation : en effet, comment faire un méchant qui serait plus marquant et charismatique que Dark Vador lui même ? Peut être que J. J. Abrams et ses scénaristes ont considéré que la tâche était impossible, tant le méchant emblématique de la saga était indétrônable, et ont préféré faire un personnage fantoche, faiblard, immature. Plus que cela, Kylo Ren est un admirateur profond de son grand-père, vénérant son casque comme un fan sacralise sa figurine. Kylo Ren, c’est un peu moi, c’est un peu toi.

Enfin, ce nouveau film sème ses petites graines en explorant de nouvelles pistes narratives : le personnage de Finn se démarque en ayant à la fois une dimension dramatique (l’excellente scène où il refuse d’abattre des civils innocents au début du film) et une dimension comique ; et offre pas mal de promesses de développements pour la suite. Sans être sûre de mon interprétation, j’ai particulièrement apprécié l’idée que tous les personnages ont pensé à confier le sabre laser de Luke à Finn, alors que c’était en réalité Rey qui en était la détentrice légitime. Un pied de nez féministe ?

Que penser enfin des autres vilains, le déclamateur de discours aux envolées lyriques ? Le big boss sans charisme que l’on n’aperçoit qu’en hologramme ? Le général incarné par Gwendoline Christie qui n’a même pas eu son visage dévoilé ? Et qu’en est-il du retour du barbu Mark Hamill? Autant de questions qui planent autour de cet opus.

Le mot de la fin sera celui de la scène de fin. J’ai eu du mal à comprendre la signification de cette scène et des intentions de réalisation qui se cachaient dans le sabre tendu de Rey à Luke. Comment l’interpréter, sinon comme celle d’une main tendue, d’une demande d’enseignement de la part de notre génération de fans, incarnée par Rey, à un Luke vieillissant et ayant incarné les heures glorifiées de la saga ? Il sera difficile d’en connaître la signification véritable, mais si cet opus m’a fait un effet, c’est qu’il m’a donné envie d’attendre Rogue One afin d’avoir la réponse à ces questions….

Le jour où Star Wars devint Steampunk

Le jour où Star Wars devint Steampunk

Anaïs DUDOUT

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