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Major Tom, Ziggy Stardust, Starman, Halloween Jack… : retour sur cinquante années de Bowie

Le chanteur et compositeur anglais, David Bowie, s’est éteint dimanche 10 Janvier 2016, à l’âge de 69 ans, après avoir mené « courageusement » un combat de dix-huit mois contre le cancer. Il venait de sortir quelques jours auparavant, le 8 Janvier, son dernier album Blackstar. Rapidement, les hommages se sont multipliés dans le monde entier. Retour sur cinquante années de carrière qui ont fait de lui une véritable icône.

Nous sommes lundi 11 Janvier 2015 et comme pratiquement chaque matin, c’est au son de Bowie que je me réveille. Ce jour-ci, c’est sur le très catchy Modern Love que je me rends à l’IEP, bien déterminée à en découdre avec les partiels. Et puis à midi, j’apprends la nouvelle. Je n’en reviens pas, je suis abasourdie. David Bowie est un artiste qui a beaucoup compté dans ma vie. Bercée depuis mon plus jeune âge par ses disques, j’entends encore ses  chansons résonner dans la maison de mes parents les week-ends. Ma passion pour la musique, je la dois en partie à cet homme, au regard si particulier, qui me fascine. Ce lundi-là, j’ai eu le sentiment de perdre une partie de ce que représentait mon enfance.

Cette émotion, je ne suis pas la seule à la partager. Dès l’annonce de la mort du chanteur, de nombreux artistes, dont ses amis proches, ont fait part de leur tristesse, à l’instar d’Iggy Pop, Paul McCartney, ou encore Yoko Ono. L’émotion était aussi dans la rue. A Brixton, lieu de naissance de Bowie, ou encore à New York, devant son domicile, de nombreuses personnes sont venues se recueillir un instant. Déposer une fleur, une bougie, un disque ou une photographie.

Hommage rendu à David Bowie à Londres le 11 janvier 2016. CHRIS RATCLIFFE / AFP
Hommage rendu à David Bowie à Londres lundi 11 janvier 2016 – Chris Ratcliffe/AFP

Cinquante ans d’une icône aux visages multiples

Il est vrai qu’en plus de cinquante années de carrière, David Bowie a accompagné la vie de plusieurs générations, se métamorphosant sans cesse. S’il laisse aujourd’hui à de nombreuses personnes un vide immense, son héritage est colossal.

David Bowie a sorti 26 albums, sans compter les nombreux live et ses compositions au sein du groupe Tin Machine. Pourtant aucun opus ne ressemble aux précédents. L’artiste aimait expérimenter. Hésitant à ses débuts – dans les années 1960 – entre funk et variété, puis se tournant vers le glam rock, la soul, le garage rock, la pop, la musique électronique, Bowie semblait se renouveler sans cesse avec une facilité déconcertante. Son dernier album, Blackstar, ne fait pas exception. Avec ses inspirations jazz, notamment liées à sa collaboration avec le saxophoniste Donny McCaslin, l’ultime œuvre de ce caméléon est une nouvelle fois une surprise. L’œuvre du chanteur est aussi visuelle et scénique. Dès 1969, où il se distingue avec Space Oddity, Bowie crée la figure de l’astronaute Major Tom. Dans les années 1970, il multiplie les personnages. L’un des plus emblématiques reste le très glam rock Ziggy Stardust, marqué par son célèbre éclair sur le visage comme le montre la pochette d’Alladdin Sane (1973). Mais Ziggy n’est pas éternel et disparaît lors du mythique concert du 3 Juillet 1973 sur la scène de l’Hammersmith Odeon à Londres. David Bowie cependant réapparaît rapidement sous les traits d’un nouveau personnage, Halloween Jack, pour son album suivant Diamond Dogs (1974). Plus tard, en 1976, sur Station to Station, il devient The Thin White Duke.

S’il faut tenter de définir cet artiste si complexe, il faut voir en Bowie un être curieux, assoiffé de nouvelles expériences. La musique ne lui suffisant pas comme terrain de créativité, il s’attaque alors au cinéma. Très tôt attiré par le mime et le théâtre, c’est en 1976 qu’il obtient son premier grand rôle. Il interprète un extra-terrestre dans L’Homme qui venait d’ailleurs, et entretient encore ainsi le mystère autour de sa personne. Touche-à-tout, Bowie monte sur les planches de Broadway pour endosser le rôle principal dans The Elephant Man en 1980. On retiendra aussi sa participation aux cotés de Catherine Deneuve dans Les Prédateurs en 1983, son rôle en tant que Major Jack Celliers dans le film anglo-japonais Furyo ou encore sa transformation en Andy Warhol dans Basquiat en 1996. Plus récemment, en 2006, Christopher Nolan le choisit pour interpréter le rôle d’un génie des sciences, le physicien Nikola Tesla, dans Le Prestige.

Surtout, Bowie c’était bien plus que de la musique. C’était des idées, des combats. Son attitude, son style vestimentaire ont porté des valeurs nouvelles dans l’Angleterre des années 1970 et ont bousculé les codes préétablis. Jouant notamment sur l’ambiguïté de sa sexualité, Bowie était le porte-parole d’une partie de la jeunesse qui n’osait pas s’affirmer. Plusieurs témoignages rapportent que grâce à Bowie, il est devenu plus facile de s’habiller selon ses propres envies, d’adopter un look androgyne, en ne s’inquiétant plus du regard des autres. Lui-même abusait des paillettes, du maquillage, des tenues extravagantes et portait des chaussures à talons comme dans le clip de Hallo Spaceboy. Bowie, c’était un message : n’ayez pas peur d’être vous-même et de le montrer.

Les multiples visages de David Bowie par l'artiste Helen Green
Les multiples visages de David Bowie par l’artiste Helen Green

Une influence considérable

Il est des artistes qui inspirent et qui, par leur génie, font voyager plusieurs générations. Avant-gardiste, innovateur, David Bowie faisait partie de ces personnes.

De nombreux chanteurs et compositeurs avouent avoir fortement été influencés par l’œuvre de Bowie. Les multiples reprises de ses chansons témoignent de la diversité des artistes qui ont été touchés par la musique du chanteur, y compris au-delà du monde du rock. Dans les années 1990, le groupe de grunge Nirvana, reprend The Man who sold the world lors d’une session acoustique pour MTV. En 1996, c’est le célèbre groupe de new wave Tears For Fears qui reprend Ashes to ashes, titre aussi repris par les musiciennes de Warpaint.

Bowie inspirait jusque dans le milieu de la mode. Le couturier Jean-Charles de Castelbajac a déclaré : « Nous sommes d’une génération qui pensait aller un jour sur la Lune, et pourquoi pas sur Mars. Il y avait cet esprit de conquête qui habitait les artistes nés à cette époque ». Le créateur français, Jean-Paul Gaultier a de son côté salué l’«extravagance » d’une « rock star absolue ». Gaultier s’était notamment inspiré de la coupe de cheveux du personnage de Ziggy Stardust pour sa collection de prêt-à-porter Printemps-Eté 2011, et du clip d’Ashes to ashes pour la collection de haute couture Automne-Hiver 2013-2014. De célèbres couturiers comme Alexander McQueen ont aussi réalisé certains costumes de scène pour Bowie.

Ce qu’il nous laisse aujourd’hui, ce sont des chansons, des souvenirs, de grands moments. Si Starman s’en est allé, sa musique, elle, continuera d’accompagner nos vies. Lundi 11 Janvier, des centaines de personnes étaient rassemblées à Brixton pour célébrer le génie musical de l’artiste en dansant toute la nuit sur ses chansons. Un bel hommage qui montre qu’en des périodes difficiles, où nous nous sentons parfois menacés, où la cohésion est plus que jamais nécessaire, la musique a un magnifique pouvoir de rassemblement.

Alice Galopin

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