Skip to content

Joséphine Coadou • 18 avril 2018

Anne-Lyvia Tollinchi • 13 avril 2018

Anna Lippert et Anne-Lyvia Tollinchi • 12 avril 2018

Philippine Malloggia • 29 mars 2018

Arrow
Arrow
PlayPause
Slider

Amsterdam au bout du pouce

Il y a quelques semaines, la Manufacture vous présentait Stop&Go, la toute nouvelle association de l’IEP pour la promotion de l’auto-stop. C’est le weekend dernier qu’avait lieu leur première aventure, direction Amsterdam avec une halte à Bruxelles. Récit d’un voyage pas comme les autres.

Vendredi soir dernier, vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais il faisait froid, très froid même. En plus il pleuvait, une pluie du Nord fine et glaciale. Bref, quoi de moins motivant que la perspective d’aller affronter ce temps morose pour… faire du stop ? Pourtant, c’était ce weekend que l’association Stop&Go organisait son premier périple, et l’aventurière qui sommeille (profondément) en moi avait décidé d’être de la partie.

Plus ou moins enthousiaste donc (ma motivation étant très fortement liée à la couleur du ciel), je pars à 18 heures avec ma binôme – nous sommes tous par équipe de deux – pour la Place de la République, où a lieu le coup d’envoi symbolique du périple. Nous sommes quatre binômes au rendez-vous, un autre duo est déjà parti depuis le début de l’après-midi et deux autres partiront le lendemain matin. Les responsables de l’association nous font un dernier briefing et mettent un peu de musique, de quoi nous remotiver (et en plus il ne pleut plus !). Quelques flashs d’appareils-photos plus tard, pour immortaliser ce premier départ, et c’est parti direction Bruxelles, à quelques 120 kilomètres de là, où nous sommes censés tous nous retrouver trois heures plus tard pour partager nos aventures autour d’un verre.

 

12637283_10208619664828568_1824442540_o
Les quatre binômes et les deux organisatrices prêts à prendre le départ. Première étape : direction Bruxelles !

Rapidement, les équipes se dispersent, nous décidons de partir direction Grand-Palais, près de l’autoroute, en espérant trouver des voitures disposées à nous emmener  un peu plus loin. Nous avons de la chance parce qu’on est vendredi soir, il est 19 heures et ça bouchonne un peu : les automobilistes ont le temps de voir nos pancartes, de s’arrêter… ou d’accélérer devant nous en se moquant.

Mais finalement, ça a presque été trop facile. En effet, après quelques dizaines de sourires et seulement 30 minutes d’attente, une voiture accepte de nous prendre. Pas le temps d’en avoir marre, ni de vouloir faire demi-tour, on est déjà sur la route ! A bord, trois jeunes, pas très bavards mais super sympas quand même. Ils nous déposeront deux heures plus tard dans Bruxelles.

Chanceuses ? Peut-être un peu en effet. Un autre binôme, parti à la même heure que nous, porte d’Arras, n’a pas décollé de Lille. La voiture-balai, censée ramasser les duos malchanceux, était déjà partie pour Bruxelles, si bien que les deux amis ont dû prendre à la hâte un covoiturage pour rejoindre la capitale belge le samedi matin.

La loose ? Non…

Si ? Un peu…

Les autres binômes ont eu plus de chance, et ont tous trouvé une voiture rapidement. Un conducteur a même été pris d’affection (ou de pitié, on ne sait pas trop) pour deux des auto-stoppeurs et a décidé d’aller jusqu’à Bruxelles au lieu de rentrer tranquillement chez lui… à Roubaix !

Arrivées à Bruxelles, nous sommes donc partagées entre la grande fierté d’avoir atteint le premier objectif du weekend, et la stupéfaction liée à l’étonnante facilité de l’exercice. Il est déjà tard et on a loupé le rendez-vous au bar avec les autres. Mais il est un peu trop tôt pour aller dormir, on décide donc d’aller errer en ville : la Grand Place, la Bourse, le Manneken Pis… On joue les touristes à minuit passé et c’est plutôt marrant. On sympathise avec une bande de jeunes chinois qui étudient au Royaume-Uni. Ils tiennent absolument à se prendre en photo avec notre pancarte qui a permis d’arriver jusqu’à Bruxelles. Bon, on accepte parce que c’est vrai qu’il est stylé notre bout de carton…

Le lendemain matin, on se lève tôt, en espérant trouver aussi vite que la veille une voiture pour rejoindre la capitale hollandaise, et ainsi pouvoir profiter un peu d’Amsterdam l’après-midi. On va vers le rond-point Schuman car a priori, c’est un endroit où on peut rentrer rapidement sur l’autoroute, et puis ça nous permet d’aller voir les institutions européennes, c’est toujours sympa.

Mais après plus de quatre heures à gesticuler dans le froid pour que des voitures s’arrêtent, force est de constater que nous n’étions pas au meilleur endroit pour faire du stop, et Amsterdam se fait toujours loin, très loin. En plus, on est samedi, les voitures sont rares et on est encore quasiment dans le centre-ville, si bien que tomber sur un véhicule allant aux Pays-Bas, c’est aussi difficile que de trouver un aiguille dans une botte de foin (c’est pas facile quoi). On est un peu démoralisées, on va faire un tour sur Twitter et le hashtag #lilletoamsterdam nous apprend que nous ne sommes pas les seules en galère.

 

 

Heureusement, la voiture-balai est toujours là. C’est l’un des avantages de partir en stop en étant encadré par l’association, si jamais l’attente se fait trop longue, que l’aventure joviale se transforme en un cauchemar sans fin, la voiture-balai arrive et nous dépose à bon port. Pratique en effet, mais quand même, ce serait vraiment dommage de ne pas réussir à aller jusqu’au bout du voyage toutes seules. On finit donc par abandonner notre spot de citoyen européen convaincu et on se dirige vers une sortie de métro au Nord de la ville. Une fois sur le bord de la route, on ressort les pancartes et en moins de 30 minutes, une voiture s’arrête et nous embarque pour Amsterdam. Comme quoi, avec un peu de patience, un peu de chance et beaucoup de sourires, tout est possible !

 

« Expédition réussie »

200 kilomètres plus loin, on peut enfin le dire : « ON L’A FAIT ». Il est tard, beaucoup plus tard que ce que nos pires pronostics prévoyaient, mais on est arrivées. Il fait nuit et encore une fois, on a loupé le rendez-vous fixé dans un bar en centre-ville, mais on est à Amsterdam, on se balade le long des canaux, on a les jambes lourdes, on est sales, on est fatiguées car la journée a été très longue, mais on est fières d’être arrivées au bout.

Clémentine Bouvet, vice-présidente de Stop&Go, dresse un premier bilan : « L’expédition est réussie, tout le monde est arrivé à Amsterdam vivant. On a adoré suivre en direct les aventures de chacun, prendre des nouvelles pour être sûres de ne laisser personne dans la galère, finalement la voiture-balai n’a pas été utilisée, c’était surtout un soutien psychologique ! »

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
C’est pas parce qu’on est venues en stop qu’on n’a pas le droit de faire les touristes de base en prenant en photo les canaux…

 

Pour le dernier jour du weekend, c’est moins le rush. Maintenant qu’on est là, on en profite pour découvrir Amsterdam. On décide de faire une visite guidée de la ville, orientée street-art, coffee shops et red-lights districts. Le guide est dingue, il nous apprend plein de choses sur la vie underground d’Amsterdam, la législation en matière de squats, de drogue (saviez vous que la drogue est totalement illégale au Pays-Bas ? et oui…), et de prostitution… Finalement, c’est parfait pour terminer ces trois jours de découverte. Cette première expérience du stop aura été mémorable, on a des souvenirs pleins la tête et une seule envie : recommencer pour partir toujours plus loin. A Clémentine et Constance, les organisatrices et conductrices de la voiture-balai de conclure : « on a adoré notre weekend, adoré faire découvrir le stop et on est impatientes de mettre en place un nouveau projet qui on l’espère suscitera autant d’enthousiasme. »

Rendez-vous au printemps pour la suite des aventures de Stop&Go !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *