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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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Jean-Baptiste Giuliana, un programme pour booster la vie associative

Les associations ont vite su qu’elles avaient un allié en B4.10. Arrivé à Sciences Po Lille en novembre, Jean-Baptiste Giuliana est le tout nouveau responsable de la vie étudiante et associative à l’IEP. Enthousiasmé par le dynamisme des associations, il a plein de projets pour développer les initiatives étudiantes. Pour en parler, la Manufacture l’a rencontré en marge des états généraux de la vie associative qui se sont tenus jeudi 28 janvier.   

Comment êtes-vous venu à Sciences Po, est-ce que vous pourriez nous parler de votre parcours ?

J’ai travaillé pendant quinze ans à la maison des associations de Tourcoing. J’ai commencé d’abord en tant que chargé de communication, webmaster et développeur web. Petit à petit, j’ai mis en place un programme de formation lié aux outils numériques, et là j’ai commencé en fin de compte à faire de l’animation. Ensuite, en continuant là dessus, j’ai pu développer des programmes de formation dans des quartiers de Tourcoing dits “prioritaires”: j’ai mis ça en place dans des centres sociaux, et j’ai donc commencé la coordination de projets.

C’est venu comme ça, je viens d’un diplôme très technique, et le fait de travailler dans une maison des associations m’a donné la possibilité de toucher à plein de choses et de rencontrer plein de gens avec des parcours très riches, des associations hyper différentes, ce qui m’a donné envie à moi aussi de m’investir. J’ai eu la chance de travailler dans un centre social où ils avaient besoin d’un coordinateur “jeunesse”. Ça m’a vraiment plu de pouvoir accompagner des projets de jeunes, en m’appuyant sur le projet.

Je considère la vie associative comme un outil, un outil qui permet surtout de mettre en place des projets et de promouvoir des initiatives en l’occurence des initiatives de jeunes. J’ai toujours appuyé le développement par le projet et par le concret. Ainsi, ce projet jeunesse qui a super bien marché m’a permis ensuite de devenir à la maison des associations coordinateur de projets jeunes 12-25. J’ai donc pu monter une Maison des associations jeunes à Tourcoing, un projet qui a été très remarqué au niveau de la fédération nationale des Maisons des associations, parce qu’en fait on essayait d’aborder la jeunesse autrement, sous cet angle de projet concret, qui venait des jeunes et pas d’en haut.

Au bout de quinze ans dans la même structure on commence à maîtriser un peu les choses, à connaître le public et j’ai eu envie de me mettre en danger, d’essayer autre chose. Je suis tombé sur l’annonce de Sciences Po, j’ai postulé et ça l’a fait. J’ai commencé en novembre, et là j’ai découvert autre chose…

Depuis novembre donc, quelles sont vos premières impressions de la vie associative à l’IEP ?

Alors j’ai comparé un peu avec ce que je faisais avant. Avant, j’avais des associations qu’il fallait pousser, qu’il fallait vraiment motiver constamment, il fallait tirer pour mener des projets. Et là, je suis arrivé à Sciences Po, j’ai découvert une vie associative hyper dynamique avec des étudiants qui ont dix idées à la seconde. Et j’ai trouvé ça hyper agréable.

Ce que je me suis dit, c’est qu’il fallait canaliser les choses, pour donner une cohérence globale à la vie associative de Sciences Po, qui n’était pour moi peut-être pas assez visible. Répertorier un peu tout ce qu’il se passe et le mettre en avant au niveau des professeurs, de l’administration, et aussi des associations elles-mêmes : j’ai eu l’impression que les associations ne se connaissaient pas forcément très bien non plus, qu’il n’y avait pas forcément des liens évidents entre chaque association. Cet après-midi par exemple (aux états généraux de la vie associative, NDLR), il y a ce lien associatif qui se crée, parce qu’il y a tous les présidents d’association à la même table, qui ne se côtoient pas forcément et qui vont peut-être trouver des points communs…

Ce que j’ai vraiment envie de faire c’est de mettre en place des projets inter-associatifs. Que la Moulinette par exemple devienne un projet plutôt Sciences Po associations, que pendant la semaine des Arts, on puisse faire intervenir des associations comme le Chant des machines, tout ce qui tourne autour de l’art et de la culture… Et aussi ouvrir à l’extérieur, des associations déjà existantes qui peuvent apporter un mode de fonctionnement, et pourquoi pas des ateliers…

Quels seraient donc les plus gros chantiers à court terme pour la vie associative ?

La première étape c’est la comm’. Clairement il faut que la vie associative soit vue, que l’ensemble des associations puissent être aussi visibles, que leurs projets soient visibles, qu’on ait une visibilité sur le site internet de Sciences Po, que sur les réseaux sociaux on ait quelque chose de global… J’ai commencé de mon côté à créer la page de la vie des associations, ensuite j’ai créé la semaine dernière une newsletter, j’ai testé des choses. J’ai vu que j’ai un super retour donc on va continuer pour promouvoir encore plus la vie associative et trouver aussi un système pour que je récupère les informations.

Aujourd’hui c’est bon, je pense qu’on sait que j’existe : on m’arrête plus facilement dans les couloirs, quand il y a un événement à promouvoir on me le dit, je reçois beaucoup de mails… Donc ça commence à fonctionner.

Il y a toujours cette marge de progression, on le voit bien : on organise le forum des associations pour les Journées Portes Ouvertes, il faudrait aussi que la communication des assos se professionnalise un peu, qu’on ait peut-être des kakémonos pour toutes les assos, une belle comm’ lorsqu’on installe un stand – à Sciences Po ou ailleurs. Il y a aussi les relations avec l’extérieur, avoir un lien avec la presse un peu plus souvent, pour avoir des articles dans les journaux qui feraient la promotion des associations de Sciences Po.

Aujourd’hui il y a cette CVA (Commission Vie Associative, qui attribue les subventions, NDLR) qui permet d’avoir un peu d’argent pour la vie associative, mais à côté de ce qu’on peut aller chercher à l’extérieur c’est rien. On pourrait aller chercher des subventions européennes, régionales, départementales ; il y a des associations qui peuvent complètement aller chercher ce genre de financements. Les fondations privées aussi recherchent des partenariats.

Donc en mettant en avant la vie associative, elle sera plus vue à l’extérieur, et au bout d’un moment ça permettra des partenariats.

Et à long terme, votre rêve pour les associations à Sciences Po…

Que tout le monde soit heureux (rires). Qu’on trouve un bon fonctionnement. Aujourd’hui on travaille sur du fonctionnement de la vie associative. Que tous les services soient connus, que toutes les questions, tous les petits soucis de chacun puissent être réglés et qu’on avance et qu’on crée. Qu’on soit plus sur de la création de projets que de la structuration et du fonctionnement.

Les associations étaient réunies, jeudi 28 janvier, pour les états généraux de la vie associative
Les associations étaient réunies, jeudi 28 janvier, pour les états généraux de la vie associative
Aujourd’hui [28 janvier], c’était les états généraux de la vie associative, quelque chose d’assez inédit. Est-ce que vous pourriez nous expliquer ce que c’est, comment l’idée est née ?

On a créé un groupe de travail “Vie étudiante et associative”, qui n’existait pas avant et dans lequel on a les élus étudiants, ou un de leurs représentants mandaté par un élu : quelque chose d’un peu plus souple. Une instance où il n’y ait pas de vote : l’idée c’est de faire en sorte qu’on travaille ensemble sur le projet de la vie associative.

La première étape, ce qui me paraît très important, c’est de ne pas créer le fonctionnement de la vie associative dans ce groupe : il ne faut pas imposer les choses, il faut toujours consulter les gens qui sont concernés directement. Tout le monde était d’accord, on s’est dit qu’il fallait vraiment consulter tous les présidents, tous les responsables associatifs de Sciences Po sur des questions que l’on a soulevées quand j’ai rencontré les associations individuellement en arrivant à l’IEP.

A partir de cela on a créé six dossiers : la visibilité et la formation des associations, le fonctionnement de la CVA, l’organisation de la vie associative, comment valoriser la vie associative en tant que véritable expérience professionnelle… Avec les derniers événements et la proposition de libérer deux panneaux pour les étudiants (“test” accepté par la direction : deux panneaux dans la cafétéria seraient gérés librement par les associations, pour une expérience de deux mois, NDLR), on a également créé un dossier pour l’affichage.

L’idée était d’interroger tout le monde, rassembler les idées de chacun et à partir de ça faire des propositions. Ce que j’ai remarqué, c’est que les associations avaient beaucoup besoin de parler et d’échanger. Pour moi ça a été vraiment frappant. Par rapport à certaines questions qui faisaient débat, on va se réunir encore une fois pendant deux-trois heures et on va parler que de ces questions précises pour trouver des solutions.

Donc vous êtes content de la manière dont les états généraux se sont déroulés ?

Oui, en plus il y avait du monde (31 associations présentes sur une quarantaine actives à l’IEP, NDLR).

Le but ce serait de mettre en place des solutions rapidement ?

Oui, faire une note de propositions pour améliorer la vie associative à Sciences Po. Même s’il faut dire qu’il y a des choses qui se passent bien : il y a des enveloppe pour la CVA, des prises en charge d’intervenants extérieurs quand il y a des conférences… Le budget annuel vie associative et vie étudiante, c’est à peu près 300 000 euros. La CVA c’est effectivement 46 900 euros, mais il y a tout ce qu’il y a à côté. 

Quand je dis « vie étudiante », je m’occupe de la commission d’aide sociale. Ça fait partie de mes missions : les étudiants qui sont en difficulté peuvent remplir un dossier et deux fois par an, une commission permet de les aider. C’est une partie de mon travail que j’aime bien aussi : de temps en temps des étudiants qui ont des difficultés viennent me voir et on cherche des solutions avec des assistantes sociales, des psychologues, il y a des enveloppes allouées aussi pour des aides alimentaires… Ça fait aussi partie de ma mission, ce n’est pas la même chose, ce sont parfois des situations très compliquées.

Pour conclure, comment voyez-vous votre place dans la vie de l’IEP ? Est-ce que vous avez conscience d’être assez populaire parmi les étudiants qui vous connaissent ? Comment vous voyez-vous dans les relations entre l’ »administration” et les étudiants ?

Je ne sais pas (rires). C’est vrai que j’ai de super contacts, ça se passe très bien, on est dans la discussion. Je ne dis pas oui à tout, il y a des moments où il y a des choses qu’on ne peut pas faire…

En fait, c’est vrai que ce mot “administration” fait vraiment anonyme en fin de compte. J’aimerais bien qu’on parle de Julie Tryoen à la comm’, d’Anne-Claire Beurthey au service Partenariats Institutionnels, à l’insertion pro qu’on dise Elsa Dievart… Donner un nom aux personnes qui s’occupent des choses, plutôt que deux blocs, la direction et l’administration.

Comment je vois mon rôle ? Un peu comme une sorte de passerelle entre les étudiants et la direction : pouvoir faire remonter des demandes. Parce que les étudiants qui viennent me voir me parlent avec leurs mots, sans stress, et du coup je peux les écouter et bien comprendre les difficultés et ensuite essayer de bouger un peu le curseur pour aider à ce que des initiatives se concrétisent. C’est vraiment ça qui est important.

Propos recueillis par Mahaut de Butler

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