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Rencontre avec Lou Henry, diplômée du master MIC à Sciences Po Lille

Lou Henry est une ancienne de Sciences Po Lille, diplômée du Master « Management des Institutions Culturelles » (MIC) en 2011. Ancienne parmi tant d’autres, son parcours professionnel et universitaire est une des multiples trajectoires empruntées après un passage dans l’établissement de la rue de Trévise. Nous l’avons rencontrée. 

Elle n’est pas politicienne, ni journaliste ou diplomate, comme pourraient le laisser penser les clichés liés à Sciences Po. Non, Lou Henry, que j’ai rencontrée en janvier dernier au théâtre du Grand Bleu à Lille, est chargée des relations avec le public et du développement de projets dans ce même théâtre.

En 2006, avant de passer son bac ES, Lou savait déjà qu’elle voulait travailler dans le domaine de la culture. En première année, elle découvre des cours qu’elle adore et qui l’intéressent mais explique avoir mis du temps, tout au long de son cursus à Sciences Po, à comprendre à quoi allaient lui servir les connaissances emmagasinées pendant ces cinq ans dans le domaine professionnel. En troisième année, elle part pour l’université d’Uppsala, en Suède, où elle apprend le suédois et peaufine son anglais, ce qui lui sert aujourd’hui dans sa profession. Elle apprend aussi à appréhender la culture des autres, à la comprendre et comment s’adresser aux autres selon leur culture, une qualité primordiale dans son métier.

Le choix du master MIC en 5e année était pour elle une évidence : quand je lui demande ce qui l’a poussée à travailler dans ce domaine, elle me répond « j’ai vu un spectacle incroyable. Ça s’appelait « Forêts » de Wajdi Mouawad. C’était un mélange de danse et de théâtre … », et Lou d’expliquer les effets de son, de lumières et la mise en scène dont elle semble se souvenir comme si c’était hier. « C’est à ce moment-là que j’ai su que je voulais travailler avec des artistes ». Le Master MIC, enseigné sur 6 mois seulement à cette époque, a été « frustrant » du fait justement qu’il n’a duré que 6 mois et qu’elle s’attendait à des enseignements plus « touffus ». On y enseigne des matières théoriques, comme le marketing culturel ou le droit de la propriété intellectuelle par exemple. On y rencontre également des professionnels dont le métier est en rapport avec le Master.

Crédit photo : théâtre Le Grand Bleu (legrandbleu.com)
Crédit photo : théâtre Le Grand Bleu 

Après le diplôme, un CDI rapidement signé au théâtre du Grand Bleu 

Après la clôture de son Master, l’ancienne palienne a eu la chance de décrocher un stage puis un CDD au théâtre du Grand Bleu, qu’elle enchaîne sur un CDI au poste qu’elle occupe actuellement. « J’ai eu de la chance », ajoute t-elle, car tous les étudiants du Master MIC n’ont pas trouvé un travail si vite : « Certains ont dû refaire des stages et d’autres se sont réinscris à la fac »

Aujourd’hui, elle est « chargée des relations avec le public et du développement de projets dans ce même théâtre ». L’intitulé exact du poste sonne très informel et flou à mon oreille… Alors, ça consiste en quoi exactement ? « À faire se rencontrer des artistes et des gens ! Le but étant qu’ils trouvent le bon endroit pour se rencontrer. ». Se rencontrer, oui, mais pourquoi ? En fait, ses tâches sont très variées, mais je lui demande quelques exemples pour m’éclairer un peu. Tout d’abord, il peut s’agir de s’occuper de sélectionner les candidats pour un projet européen de formation d’ateliers théâtre. Ainsi, Lou s’occupe d’organiser des structures culturelles pour la jeunesse et de monter des projets. Mais son rôle consiste aussi à rédiger des dossiers pédagogiques à propos d’un spectacle pour les enseignants qui assistent à une représentation avec leurs élèves, et d’en parler avec ces mêmes élèves après le spectacle. « On dit souvent que le défaut de Sciences Po est de ne pas assez professionnaliser ses étudiants. Ca ne t’a pas posé problème pour ton métier ? Quelles qualités as-tu acquises à l’école pour exercer ton métier ? », ce à quoi Lou me répond que certes, elle a eu moins de cas pratiques à traiter en master, mais que Sciences Po lui a donné une certaine lisibilité des situations, une méthodologie et une rigueur importante pour son métier. Le manque de professionnalisation ne fut pas si grave dans la mesure où elle a été formée « sur le tas ». Les qualités à avoir pour exercer son métier sont nombreuses : une bonne ouverture d’esprit, de la finesse dans les relations et une bonne compréhension et adaptation aux différentes cultures que l’on côtoie. Bien sûr, la question de la langue reste primordiale dans la mesure où elle travaille à l’échelle européenne et est amenée à voyager une à deux fois par an dans le cadre de ces projets.

Nous arrivons à la fin de notre entretien, et en tant que palienne en première année, je brûle d’envie de savoir à quoi lui a vraiment servi Sciences Po, et quelle est la valeur ajoutée de l’école. Elle me répond franchement, en évoquant un certain « enfumage de mouches » présent dans les cours, mais termine sur une note positive en soulignant les connaissances, l’ouverture d’esprit et la découverte du monde que lui a permis Sciences Po, une école où l’on trouve « beaucoup d’intelligence et de questions de débat ».

Anna Lippert

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