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EnacTogo : dernière ligne droite avant la concrétisation du projet!

Enactus est à l’honneur cette semaine à Sciences Po ! L’occasion de nous intéresser de plus près à l’un de ses projets phares, EnacTogo. Depuis sa création il y a deux ans et demi, l’association a fait du chemin et est sur le point de démarrer le chantier tant préparé.

Nous sommes au Togo, à dix kilomètres de la frontière avec le Ghana. Là, niché dans la région des Hauts Plateaux, se cache le petit village d’Amoussoukopé. Ne cherchez pas sur Google Maps, vous ne trouverez pas ! C’est dans ce village que, dans quelques mois, aura lieu la concrétisation tant attendue du projet de l’association Enactus.

Il s’agit pour elle de construire un centre socio-culturel qui donnera accès à la culture aux enfants de l’orphelinat du village, privés d’une transmission culturelle locale majoritairement orale, qui a lieu normalement au sein de la famille. Le centre accueillera aussi des enfants des villages alentours pour leur faire bénéficier d’une culture complémentaire en remplacement de l’école. Le projet concerne pas moins de 2000 enfants.

Les plans sont terminés, place à la réalisation ! Le centre comprendra deux salles : une bibliothèque pour permettre aux enfants de lire et d’étudier, et ainsi lutter contre l’analphabétisme qui s’élève à 88% dans la région ; et une pièce destinée à la mise en place d’ateliers culturels, créatifs et sportifs, comme la danse et la musique, pour transmettre la culture togolaise.

Les devis ont déjà été obtenus, le chantier devrait débuter fin mars. Et l’association pense aussi à la suite. Même si pour l’instant, l’objectif premier est la construction du centre culturel, elle prévoit la plantation de maïs, d’igname (un tubercule s’apparentant à la patate douce) et d’ananas pour permettre au centre d’être à terme autosuffisant. Le but est donc d’impliquer les populations locales pour qu’elles s’approprient le centre et continuent de le faire vivre lorsque l’équipe se retirera.

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Déjà deux ans et demi que les premières pierres du projet ont été posées. Crédit photo: Willy Robert

Une équipe motivée et enthousiaste

Difficile d’imaginer précisément la charge de travail derrière un projet de cette envergure. La construction prochaine du centre viendra concrétiser près de deux ans et demi de travail acharné. Le projet prend en effet une place prépondérante dans la vie des membres l’équipe : « c’est notre bébé », avoue Raphaële, co-chef du projet ; « notre vie tourne un peu autour du projet, on a l’impression de faire un double master Sciences Po-EnacTogo », ajoute Clémence, en charge de l’organisation des événements de l’association.

L’équipe, jusque là entièrement composée d’étudiantes en quatrième année (Raphaële, Marie, Lucie, Clémence, Auriane et Sokhna), s’est récemment agrandie face à l’ampleur du projet. Trois nouvelles recrues débordantes de motivation font désormais partie du projet : deux de quatrième année, Marie et Léa, et une de première année, Lucie, qui permettra de faire la liaison avec les générations suivantes d’EnacTogo. L’équipe a aussi pu s’appuyer sur ses partenariats avec trois associations locales, VISA, SOS Familles et surtout Projets Humanitaires Togo. C’est notamment grâce aux qualités de négociations de cette dernière que l’équipe a reçu des devis intéressants pour la construction du centre.

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Et les membres n’hésitent pas à donner eux aussi de leur personne pour mener à bien le projet. Le maître-mot de l’équipe est la polyvalence. Marie, co-chef du projet mais aussi en charge de la communication avec les partenaires locaux, a déjà reçu le devis d’un maçon réputé dans la région. Raphaële, en charge des subventions, a appris, grâce à l’association, à construire un budget. Des compétences complémentaires aux cours suivis à Sciences Po qui représentent une réelle opportunité d’apprendre en agissant. L’équipe est même devenue experte en plantation d’ananas, une plante soigneusement choisie pour sa rapidité de pousse!

Plusieurs membres se rendront aussi sur le chantier, au Togo, fin août, pendant trois semaines, pour faire un point sur l’avancement des travaux et éventuellement remédier aux potentiels problèmes. Mais pas seulement : « On aidera aussi à la construction, explique Raphaële, on va manier des truelles et du ciment ! ». Le voyage leur permettra aussi de rencontrer les populations et notamment les enfants, pour réadapter si nécessaire le projet et répondre au mieux à leurs besoins et attentes. L’équipe en profitera aussi pour faire de la publicité pour le nouveau centre dans les villages environnants, notamment grâce, elle l’espère, à une bibliothèque itinérante qu’elles transporteraient à vélo de village en village. Un point essentiel pour que le centre culturel marche puisque les populations ne sont pas habituées à ce genre de structure, et ne voient pas forcément l’intérêt de se déplacer pour y accéder. Pour y remédier, rien de tel que d’organiser des séances de lecture à haute voix dans les villages. La population locale sera aussi mise à contribution, et l’équipe se transformera à l’occasion de son voyage en dénicheuse de talents, talents qui pourraient par la suite en faire profiter les enfants à travers les ateliers du centre.

Une cagnotte en ligne pour financer le projet

Une cagnotte en ligne a été créée il y a environ un mois pour permettre de lever des fonds pour la construction du centre et l’achat de fournitures. Plus de 2300 euros ont d’ores et déjà été récoltés. Et ce n’est pas fini, puisqu’il reste encore une vingtaine de jours pour effectuer des dons. « L’objectif initial était 2000 euros. Maintenant, on a bon espoir que ça monte encore, et pourquoi pas atteindre les 3000 euros », explique Raphaële. Ces dons serviront, l’association le précise, non pas à payer les billets d’avion des bénévoles, mais à financer la construction et acheter le nécessaire pour le centre culturel. Et notamment des livres bilingues, en français et en ewe (la langue parlée dans ces villages). « On privilégie la qualité des albums et des livres plutôt que la quantité. Un seul très bon livre permet d’organiser plein d’ateliers autour, comme du théâtre ou des mimes », précise Clémence. Des ateliers qui pourront voir le jour dès la fin de la construction du centre tant attendu, dans quelques mois.

Maëlys Septembre

Et si vous voulez vous aussi vous initier à la culture togolaise, EnacTogo organise ce vendredi 5 février, dans le cadre de la semaine Enactus, une initiation à la danse africaine assurée par l’association Poka Pooka. De 11h30 à 13h dans le hall de l’IEP.

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