Skip to content
Slider

La Junior Entreprise, une « aventure professionnalisante »

Tu en as quelques fois entendu parler depuis le début de l’année, le nom t’évoque quelque chose et tu as sans doute déjà été convié à un afterwork sur Facebook, mais tu ne sais finalement pas tant de choses que ça sur cette fameuse Junior Entreprise. Pour t’aider à y voir plus clair, La Manufacture a rencontré la présidente Marie Trédaniel ainsi que le trésorier Pierre Laloux, qui ont répondu présent pour répondre à toutes les questions que tu as bien pu te poser sur leurs activités jusqu’ici.

Qu’on se le dise une bonne fois pour toute : la Junior Entreprise (JE) de Sciences Po Lille est une association que tous les étudiants peuvent intégrer. Non, la JE n’est pas seulement destinée aux grands 4A et non, la JE n’est pas une entreprise capitaliste qui roule sur l’or mais bien une association à but non lucratif.

Mais alors, de quoi s’occupe réellement la Junior Entreprise ?

La Junior Entreprise de Sciences Po Lille a vu le jour en 2008 et fait partie d’un mouvement national qui compte plus de 170 JE à travers la France, réparties entre différentes écoles d’ingénieurs, de commerce ou autres.

Crédits : JE Sciences Po Lille
Crédits : JE Sciences Po Lille

A l’IEP, l’équipe composée d’une vingtaine de personnes est dirigée par Marie, étudiante de 21 ans de la filière franco-britannique, à présent en 4A en Master Commerce et Finance Internationale. Six étudiants bénévoles composent le bureau principal tandis qu’onze autres sont responsables des quatre pôles de compétences : le marketing, le développement durable, la communication et enfin les affaires publiques. A tous ces jeunes qui forment la JE et qui sont bénévoles ou très peu payés en ce qui concerne les responsables de pôles, s’ajoutent les étudiants chargés de mission, qui sont eux toujours rémunérés.

Lorsqu’on lui demande d’expliquer simplement ce qu’est la fonction principale de la JE, Marie répond qu’il s’agit d’une sorte de cabinet de conseil, chargé de mettre en relation les entreprises avec les étudiants afin de leur confier par la suite des missions à caractère pédagogique.

En quoi consistent ces missions ? Là encore, la réponse est nette et précise : il s’agit de « réaliser ce qu’on a dit au client, c’est-à-dire à l’entreprise, ce que l’on ferait pour lui ». Les missions sont variables en fonction du domaine de compétence choisi. Marie cite l’exemple d’une enquête de notoriété menée par deux étudiantes, qui avaient elles-mêmes rédigé leur enquête avant de contacter des personnes et de récolter les résultats, mais également une mission dans le domaine du développement durable pour un grand groupe industriel, où l’étudiant était allé interroger les employés dans les différents services de l’entreprise afin de rapporter des informations en terme de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de développement soutenable.

Ces missions sont donc extrêmement larges et diverses. Marie met également un point d’honneur à souligner que la JE de Sciences Po Lille est la seule JE du Nord à proposer des missions abordant le thème du développement durable, puisqu’un master sur ce sujet a la chance d’être proposé aux élèves de l’IEP.

Il y a toutefois des normes déontologiques à respecter. « Une boîte ne peut pas demander à nos étudiants de distribuer des tracts dans la rue, par exemple », précise Marie. En fait, lors de sa mission, l’étudiant doit être capable d’appliquer ce qu’il apprend à Sciences Po en passant de la théorie à la pratique, c’est pourquoi il devra toujours rendre un rapport pédagogique à la fin de sa mission, afin de lui permettre d’analyser son travail.

Pour les étudiants, être chargé de mission, c’est alors la promesse de gagner en expérience, de découvrir le monde professionnel de plus près, d’acquérir des multiples connaissances, mais également d’être rémunéré de manière conséquente.

Le trésorier de l’équipe, Pierre, étudiant en 2A qui s’envolera pour Prague dès l’automne prochain pour son année de mobilité, nous apprend que la marge que se font les étudiants chargés de mission est toujours comprise entre 50 et 70% de la somme que l’entreprise reverse à la JE, afin de rendre les missions plus attractives à leurs yeux. Plus la mission est importante, plus la somme remise à l’étudiant sera donc de taille. Généralement, « les étudiants sont tous rémunérés entre 300 et 500 euros par mission », assure-t-il. Pour les missions les plus considérables, la rémunération peut même aller jusqu’à « plus de mille euros » !

La cotisation de cinq euros demandée afin de rentrer dans la JE semble dès lors bien dérisoire en comparaison de la rémunération proposée aux étudiants chargés de mission.

Une « aventure professionalisante »

Lorsqu’on leur demande ce qu’être membre de la JE leur apporte au quotidien, Marie et Pierre sont sans appel et mentionnent immédiatement l’acquis de compétences, le travail d’équipe, ainsi que l’expérimentation et la découverte de certains domaines professionnels.

Pour Marie, être membre de la Junior Entreprise permet de prendre part à une « aventure professionnalisante »  ainsi que de découvrir un  côté relationnel qui n’est pas à mettre de côté, comme notamment lorsque l’on rencontre des étudiants lors des Congrès régionaux ou nationaux qui regroupe d’autres JE. « Le côté associatif n’est pas à oublier, même si l’on insiste toujours sur le côté professionnalisant en premier », rajoute Pierre.

Marie, la présidente de la Junior Entreprise, à travers ses nombreuses missions de management comme celles de définir les objectifs et stratégies de l’année, de gérer le travail d’équipe, ou encore de s’assurer du bon fonctionnement des activités de la trésorerie, a pour objectif clé cette année « d’optimiser la JE ». Ayant déjà été Présidente de la Société Féministe lors de son séjour dans le Kent, elle y a trouvé la motivation afin de reprendre la présidence de la Junior Entreprise à son retour en France. Elle déplore cependant n’y être entrée qu’en 4A, puisqu’elle considère que « le mieux, c’est de rentrer lorsqu’on est encore en 1A », afin d’avoir le temps d’être formé correctement et d’assurer la maintenance du bon fonctionnement de l’association au fil des ans.

Car c’est là un but primordial que Marie compte bien réussir à réaliser cette année : afin d’obtenir une association pérenne, il s’agit de perfectionner la formation des nouveaux membres et d’améliorer le système de passation entre les membres de la JE d’une année sur l’autre. « Le format des études de Sciences Po n’est pas forcément propice à cela, il est très rare de passer deux années de suite en mandat, à moins de rentrer dans la JE dès la 1A ! », continue Pierre, qui déclare lui s’être intéressé à la JE dès sa première année, et plus précisément au poste de trésorerie car il estimait que c’était un domaine valorisant professionnellement et qui pourrait lui servir plus tard.

Puisque c’est la réussite de la transition entre les mandats qui détermine la continuité de l’association d’année en année, la JE vise le long terme à travers la formation de ses nouveaux arrivants.

Parmi les autres objectifs que vise Marie, se placent le travail relationnel avec le personnel de l’IEP afin d’améliorer la qualité de leurs rapports avec l’administration, mais également la visibilité de l’association auprès des étudiants, en mettant à profit pour se faire « les compétences de notre très bon pôle com’ », comme le précise la présidente.

L’aspect comptabilité et finances

En tant qu’association, la JE est soumise à un régime fiscal particulier et doit donc en conséquence remplir des déclaratifs fiscaux pour l’Etat, mais aussi fournir des justificatifs lors des audits annuels, quand des auditeurs d’autres établissements contrôlent ses actions afin de vérifier qu’elle mérite bien le label de « Junior Entreprise ». La trésorerie et la comptabilité sont alors deux points clés qui permettent le bon fonctionnement interne de cette association.

Crédits : JE Sciences Po Lille
Crédits : JE Sciences Po Lille

Pierre, qui l’a intégrée durant sa première année à Sciences Po en tant qu’apprenti trésorier, est rentré pleinement dans ses fonctions cette année et travaille en binôme avec Maarick Dalour. Il explique que le but principal de son travail consiste à « être capable d’élaborer un budget, de gérer les comptes et les dépenses, mais aussi de savoir piloter sur l’année pour assurer la continuité de l’association ».

Concrètement, le trésorier doit être capable de justifier légalement toutes les activités de la JE, de rémunérer les étudiants et des les rembourser s’ils effectuent des dépenses dans le cadre de leurs missions, et enfin de payer les factures. C’est donc un poste qui peut s’avérer délicat et qui fluctue en fonction de l’activité de la JE et du nombre de missions, puisque le travail est hebdomadaire : « Il faut être à jour régulièrement », déclare-t-il.

Quant aux revenus dont profite l’association, il est important de savoir que bien qu’elle ait des partenaires comme différents cabinets de conseil ou encore la banque BNP Paribas, elle ne bénéficie d’aucune aide de sponsors quelconques. Bien que ses partenaires lui apportent de l’expertise et des formations de la part de cabinets de conseils tel le groupe Alten, aucun financement ne lui est procuré.

La plupart des sources de revenus dont dispose la JE provient en partie de subventions de la part de l’IEP, des missions que l’association effectue et enfin dans une moindre mesure, des cotisations d’étudiants.

Son chiffre d’affaire varie donc chaque année en fonction de la densité de ses activités. Le chiffre de l’année dernière, qui était de 17 000 euros, représente leur objectif minimum pour la fin du calendrier scolaire 2016. Cette somme leur est toutefois impérativement nécessaire afin de rentrer dans leur frais. « Ce n’est pas toujours suffisant, car nous avons beaucoup de charges, notre marge est très faible » souligne le trésorier. En effet, il leur est obligatoire de rémunérer l’expert comptable engagé pour les suivre, de régler des frais bancaires, ou encore de payer des logiciels informatiques. Il est donc temps de mettre à bas le cliché qui véhicule une JE qui roulerait sur l’or.

Une association au service des étudiants

« Notre but est de faire comprendre aux étudiants que nous sommes là pour eux », affirme la présidente. La JE de Sciences Po Lille reste une des seules de son genre à rémunérer les étudiants chargés de mission jusqu’à 70% de la somme payée initialement par le client, et ce, dans un but de faire comprendre aux personnes intéressées qu’elles ne sont pas exploitées mais, bien au contraire, font partie d’une association unique à Sciences Po, qui les plonge directement dans l’environnement professionnel des entreprises.

Les différents rôles de Marie et Pierre au sein de l’association témoignent des multiples aspects que peut prendre le travail à la Junior Entreprise, et démontrent bien qu’elle est ouverte à tous les types de profils, aussi variés soient-ils.

Après avoir recueilli toutes ces informations, la Manufacture est sûre d’une chose : la JE n’a rien du club sectaire, mais est bien une association au service de tous les étudiants qui le souhaitent, qui s’engage à défendre des valeurs telles que le dynamisme, l’innovation ou encore le professionnalisme.

Armelle Masson

Crédits : JE Sciences Po Lille
Crédits : JE Sciences Po Lille

 

Bonus : où retrouver la Junior Entreprise de Sciences Po Lille ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *