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Elections régionales en Allemagne : « Un jour difficile pour la CDU » selon Merkel

Ce dimanche 13 mars, treize millions d’allemands étaient appelés aux urnes pour élire les parlements des Länder de Bade-Wurtemberg, de Saxe-Anhalt et de Rhénanie-Palatinat. Les scores enregistrés par le parti d’extrême-droite AfD remettent en question la politique d’Angela Merkel sur l’immigration et marquent une percée historique de l’extrême-droite.

Länder

Les médias allemands parlent déjà de choc, voire de tremblement de terre électoral. Ce dimanche, les électeurs de trois Länder se sont rendus dans les bureaux de vote pour élire le gouvernement de leur Land au suffrage universel direct à la proportionnelle. En effet, les gouvernements des Länder font partie intégrante du système fédéral et leur élection sont les plus importantes après les élections législatives au niveau national. Avec une participation totale de 70,4%, les Allemands se sont bien plus déplacés dans les bureaux de vote que lors du dernier scrutin, il y a cinq ans. Cependant, selon Le Monde, « les abstentionnistes d’hier sont les électeurs de l’AfD aujourd’hui ». En effet, au regard des scores atteints par le parti Alternative für Deutschland (AfD, « Alternative pour l’Allemagne »), c’est bien en faveur de l’extrême-droite que la participation a atteint un taux historique. Le parti eurosceptique et anti-immigration, créé en 2013, est arrivé en deuxième place en Saxe-Anhalt (24,3% des voix), juste derrière la CDU (Union Chrétienne-Démocrate, le parti d’Angela Merkel) qui n’atteint même pas les 30%. Dans le Bade-Wurtemberg, 15,1% des électeurs ont voté en faveur du parti populiste, et 12,6% en Rhénanie-Palatinat.  L’AfD sera désormais présente dans les parlements de huit des seize régions allemandes, cinq Länder ayant par le passé déjà franchi ce cap. L’Allemagne vient ainsi de rejoindre les rangs des pays européens confrontés à la montée de l’extrême-droite et de l’euroscepticisme.

La CDU et le SPD fragilisés

Ce versant vers l’extrême-droite fragilise Angela Merkel et ses alliés, cette dernière ayant avoué que dimanche dernier avait été un « un jour difficile pour la CDU ». Et pour cause, au-delà de la montée de l’extrême droite qui signifie clairement une opposition à la politique migratoire de la chancelière, la CDU enregistre un revers dans deux des trois régions soumises au vote. Si elle arrive en tête en Saxe-Anhalt, la CDU est battue dans son fief historique du Bade-Wurtemberg par les Verts (27 contre 30,3%) et en Rhénanie-Palatinat par les sociaux-démocrates du SPD (31,8 contre 36,2% ). Si le SPD peut se féliciter de cette victoire, il enregistre néanmoins une chute spectaculaire dans les deux autres Länder où elle est reléguée à la quatrième place avec 10,6% des suffrages en Saxe-Anhalt et 12,7% dans le Bade-Wurtemberg.

La nécessité de discuter avec l’AfD

Angela Merkel assume le revers subi par son parti et reconnait que le Ministre-président de la Saxe-Anhalt, Reiner Haseloff, aura à discuter avec l’AfD mais aussi à s’en démarquer, tout en proposant des solutions face à la crise des réfugiés. Les évènements de la nuit du réveillon à Cologne ont augmenté le sentiment d’insécurité des Allemands, orientant leurs voix vers le parti d’extrême-droite. Les coalitions seront difficiles à construire, aucun parti n’ayant obtenu la majorité absolue des voix, et l’AfD refusant toute coalition par rejet de la politique de Merkel. La politique d’Angela Merkel, bien que déjà contestée au sein de l’aile conservatrice de son propre parti, a donc été mise à rude épreuve par les urnes qui l’ont en partie désavouée.

Malgré tout,  « le gouvernement fédéral poursuit de toutes ses forces le cours de sa politique » 

Pour autant la chancelière ne compte pas changer de cap en matière de politique d’accueil des réfugiés.  Malgré les déclarations du patron de la CSU (aile bavaroise de la CDU) Horst Seehofer, selon lequel Merkel doit se résoudre à modifier sa politique, la chancelière veut garder la ligne directrice de sa politique comme l’a déclaré son porte-parole Steffen Seibert : «Le gouvernement fédéral poursuit de toutes ses forces le cours de sa politique concernant les réfugiés au niveau national et international». Pour la chancelière, cela passe par une solution européenne et donc par un accord avec la Turquie, qui sera l’enjeu du prochain sommet européen les 17 et 18 mars. Evoquant sa politique controversée, elle a rappelé dans une interview au Berliner Zeitung la crise de l’Euro, pendant laquelle la popularité de l’AfD avait baissé à partir du moment « où il apparaissait que l’Europe avait pris les bonnes mesures ».  Optimiste, donc, Angela Merkel poursuivra sa gestion de la crise des réfugiés comme avant… jusqu’aux élections du Bundestag dans dix-huit mois ?

Anna Lippert

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