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S’engager auprès des réfugiés : une expérience humaine et enrichissante

En septembre 2015, la France s’engage, conformément au plan de répartition des réfugiés de la Commission Européenne à accueillir 24 000 nouveaux réfugiés dans les années à venir. L’Etat a pour responsabilité d’organiser l’accueil et l’intégration de ces réfugiés. De son côté, le monde associatif continue de se mobiliser. De nombreuses personnes ont ressenti l’envie de s’investir en tant que bénévoles dans des associations d’aide aux réfugiés. Qu’en est-il à Sciences Po Lille ? Petit tour d’horizon des associations étudiantes qui viennent en aide aux réfugiés en compagnie de Amélie Gatoux (Cal’aide), Alice Lémont (Réfu’job), Laura Chouteau (InterAgir) et Méline Fulda (Réfu’job), 4 étudiantes dynamiques et pleines de projets.

Vous n’avez que l’embarras du choix

A celui qui voudra donner un peu de sa personne et de son temps pour venir en aide aux réfugiés, il n’aura que l’embarras du choix. Projet de l’association Enactus, Réfu’job propose aux étudiants d’accompagner une personne réfugiée dans ses démarches de recherche d’emploi au cours de rendez-vous personnalisés, nous expliquent Alice et Méline. Rattaché à Réfu’job, le projet Cal’aide permet à des étudiants d’aller à Calais à la rencontre des réfugiés qui habitent le camps et de leur distribuer des denrées alimentaires ou des vêtements. Ce projet est mené en collaboration avec L’Auberge des migrants, une association locale calaisienne, précise Amélie. Enfin, petite nouvelle à Sciences Po Lille cette année, l’association InterAgir dont fait partie Laura a pour objectif de relayer toute les initiatives associatives sociales et solidaires dans le Nord auprès des étudiants de l’IEP. C’est avec Interagir, par exemple, que le projet de rencontre hebdomadaire avec les jeunes du parc des Olieux à Lille s’est monté : tous les mercredis après-midi, les bénévoles vont à la rencontre des jeunes migrants pour partager des moments de détente et d’échange, au programme : jeux de sociétés, goûters…

interagir

 Donner une dimension concrète à des valeurs

« C’est l’occasion de découvrir sur le terrain ce que l’on étudie en cours » affirme Laura. Pour les 4 étudiantes, toutes animées par des idéaux de solidarité et d’entraide, l’engagement associatif leur a permis de donner une dimension concrète à ces valeurs. Méline explique à ce titre qu’elle s’est d’abord engagée au MUN pendant 3 ans. Déjà intéressée par la question des réfugiés, elle avait participé à un groupe de simulation UNRWA  (United Nations Relief and Works Agency for Palestine), un programme des Nations Unies qui vient en aide aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Jordanie. C’est l’envie de s’investir plus concrètement et plus directement pour la cause des réfugiés qui l’a poussée à codiriger le projet Réfu’job avec Alice cette année. Il lui semblait qu’elle verrait mieux l’avancée du projet et ses réalisations au jour le jour. Alice, avec qui Méline travaille, confirme : « En fait, j’ai eu l’impression que même une action ponctuelle peut avoir un réel impact ». Ce qui a séduit les 4 jeunes filles, c’est de pouvoir s’occuper à la fois de l’organisation des projets, de la définition de leurs objectifs mais aussi de leur réalisation concrète. Laura explique à ce titre avoir particulièrement apprécié cette double dimension de son engagement et de son travail. Avec les autres bénévoles il a d’abord fallu délimiter le projet, l’organiser de bout en bout puis elle l’a vu naître progressivement avec les premières réunions, le recrutement d’autres bénévoles, les premières rencontres avec les jeunes du parc… Cet engagement s’est traduit pour Laura par l’acquisition de véritables compétences en termes d’organisation mais aussi par des rencontres et des moments d’échange. « Le mercredi après-midi au parc c’était aussi des moments de détente pour souffler un peu » confie-t-elle. L’expérience se révèle enrichissante pour les quatre étudiantes qui affirment toutes avoir acquis des compétences en terme de management de projet mais aussi s’être enrichies d’un point de vue personnel.

de gauche à droite : Méline, une bénévole de Réfu'job et Alice à la conférence organisée sur la médiatisation de la crise des migrants
De gauche à droite : Méline, une bénévole de Réfu’job et Alice à la conférence organisée sur la médiatisation de la crise des migrants

 Des moments marquants

C’est que les filles ont chacune vécu des moments forts tout au long de leur engagement. Alice se souvient par exemple, avec le sourire aux lèvres, du moment où le premier réfugié qu’elle accompagnait lui a annoncé avec reconnaissance qu’il avait trouvé un emploi : « il nous a même ensuite conseillées à sa sœur pour l’accompagner dans sa recherche de travail ». Amélie, quant à elle, se souvient avec émotion d’une longue conversation qu’elle a eu avec un réfugié libyen qui lui racontait son périple pour venir jusqu’en France. « Le plus marquant ce sont les témoignages que font les réfugiés sur leurs parcours, cela m’a beaucoup fait relativiser sur mon quotidien à moi. » dit-elle. C’est un sentiment que l’on retrouve souvent chez les quatre étudiantes bénévoles. Aussi, Amélie et Alice confient que c’est parfois dur émotionnellement. Alice raconte avoir été choquée la première fois qu’elle est allée à Calais car c’est si près de chez nous, et pourtant il est facile de prétendre ignorer les conditions de vie de ces réfugiés. Il existe à 1h30 de route de chez nous « une situation critique », dénonce Alice. Amélie, quant à elle, se souvient avoir assisté à des scènes très dures d’affrontement entre des réfugiés qui voulaient monter dans des camions vers l’Angleterre et les forces de l’ordre. Ces moments durs sont autant de raisons de vouloir s’engager pour la cause des réfugiés afin de créer un contact humain et de belles rencontres entre les habitants locaux et les réfugiés. Il s’agit pour chacun d’en apprendre plus sur les autres. Amélie se sent aujourd’hui plus ouverte et plus curieuse de connaître les autres. Méline dit avoir beaucoup appris de l’hospitalité de certaines personnes à Calais qui, malgré la précarité de leurs abris, les invitaient spontanément à prendre le thé et à discuter.

Affiche pour la collecte organisée par Réfu'job et Cal'aide
Affiche pour la collecte organisée par Réfu’job et Cal’aide

Participer au dynamisme de l’école

Cet engagement a pour but de mobiliser des bénévoles pour mener des actions concrètes mais pas seulement. Au delà même des projets associatifs, les étudiants bénévoles ont à cœur de sensibiliser les autres étudiants à leur projet. Ces associations participent indéniablement au dynamisme de l’école. Les bénévoles du projet Cal’aide ont organisé une collecte de vêtements dans l’IEP cette année et, la semaine dernière, c’est grâce au travail des bénévoles de Réfu’job que la conférence sur la médiatisation de la crise des migrants a été organisée. Ce mouvement associatif est important pour l’école et permet à chaque étudiant qui le veut de s’investir dans une association qui porte des valeurs sociales et de solidarité. C’est d’ailleurs tout le projet d’InterAgir qui est de répertorier toutes les possibilités d’engagement pour les étudiants. C’est pourquoi l’année prochaine Réfu’job ne fera désormais plus partie de l’association Enactus et rejoindra InterAgir pour en former un projet à part entière, « un projet phare » nous dit Laura. Tout le monde était d’accord et trouvait cela plus cohérent car le projet Réfu’job avait du mal à répondre aux critères de définition de l’entreprenariat social et solidaire (un projet pérenne financièrement dont la logique permet de lever automatiquement les fonds suffisants pour perdurer sans faire de profit pour autant). Enfin, une question reste importante : comment financer ces projets ? La viabilité de ces projets repose évidemment sur les financements accordés par Sciences Po Lille mais aussi par les recettes que peuvent dégager les fameuses ventes de gâteaux que l’on voit souvent en cafet’. Et si vous vous demandez où est passé votre argent, sachez que les allers-retours en voiture des bénévoles de Cal’aide pour se rendre à Calais ont, par exemple, été financés par de telles ventes !

« Se sentir un peu plus lillois »

Etre bénévole, c’est finalement accepter de donner un peu de son temps et de recevoir beaucoup en retour. L’expérience est enrichissante tant à un niveau personnel que professionnel et permet à chacun de rencontrer des personnes différentes mais aussi de travailler d’une autre manière. C’est une façon de s’investir dans son environnement local, de « se sentir un peu plus lillois » remarque Laura. Même si l’engagement associatif ne permettra évidemment pas de changer radicalement les choses, il ressort de ces quatre rencontres une certaine admiration pour ces filles dynamiques et très investies dans leur projet et une envie de s’engager à son tour !

Clara Guérin

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