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« (He)Art is the solution »

Lundi 18 avril avait lieu l’inauguration de l’exposition photo de Reza Deghati dont nous vous parlions précédemment. De l’Irak à la Syrie, du Kurdistan à l’Afghanistan, l’artiste nous fait parcourir le monde et nous sensibilise à la situation des plus vulnérables en images.

« Je suis allé au Kurdistan, en Irak, en Syrie, à Sarajevo, à Kaboul ». Reza Deghati, photographe franco-iranien, donne immédiatement le ton. Cet architecte de formation, qui revendique le pouvoir des images comme facteur de changement social (« The power of images for social change »), s’est passionné pour la photo dès ses quatorze ans. Il se veut simple, à l’image de ses photos ; l’objectif est pour lui de « montrer la vie des gens dans les moments difficiles », d’aller directement à l’histoire.

photo_reza_refugee

Pour répandre le langage universel de l’image, Reza Deghati a travaillé pour de nombreux magazines dont National Geographic ou le Time, en réalisant des couvertures ou des livres d’images. C’est un photographe internationalement reconnu, qu’il qualifie la photographie d’un outil de résistance à notre époque (« New resistance era »). Il s’agit de montrer la réalité à travers son petit cadre, mais aussi de s’en servir comme message.

Reda nous conte ainsi un long moment un bout d’histoire de l’Afghanistan, dont sa première rencontre avec un réfugié, « patriarche d’une famille de 122 personnes ». Car la photographie, c’est aussi l’histoire et la politique, et notamment le rôle du commandant Massoud et de ses troupes dans la déroute de l’armée russe en 1989. Tantôt vantant (en exagérant ?) le rôle de l’Afghanistan dans la fin de la guerre froide, tantôt dénonçant la guerre menée par l’Occident, il résume l’originalité de son travail en une phrase : « Ne cours jamais là où tout le monde court ».

commandant_massoud

Cet artiste profondément pacifiste a l’envie de réfléchir à une paix universelle. Ses photos sont l’art de l’humain (« Photography for humanity »), mais aussi et peut-être surtout de la beauté de la nature et de la vie. Mais à peine évoque-t-il cette empathie pour l’humanité qu’il repart sur une critique de l’Occident et de son rôle dans les guerres de religion au Moyen-Orient. On le sent tiraillé entre son amour pour l’homme et sa détestation lorsqu’il fait la guerre.

Le travail de M. Deghati ne s’arrête pas là, puisqu’il promet aussi le citizen journalism, le journalisme de terrain par de simples citoyen-ne-s. Que ce soit pour rendre compte des événements de la place Tahrir lors des Printemps arabes, ou pour diffuser les portraits de 12 000 enfants perdu-e-s (dont 3500 retrouveront leurs parents grâce à cette action), il utilise la photo pour dénoncer, montrer, et agir.

photo_reza_rwanda

La photographie, c’est également l’éducation par l’image. Ce qu’il appelle l’« Informal visual education » élève la photo à un degré supérieur : Comment faire plus que de la photo ? Comment la transformer en instrument de message ? C’est ainsi qu’il est à l’origine de la création d’un centre de formation à Kaboul en 2001, où des hommes et des femmes afghan-e-s sont formé-e-s à l’art de la photographie et du cinéma. L’un de leur documentaire, filmé en seulement 9 mois de formation, a par ailleurs été nominé aux Emmy Awards.

Reza Deghati aborde le point final de sa présentation en évoquant Gandhi : « Tout ce que vous faites, chaque projet que vous entreprenez, rappelez-vous la personne la plus vulnérable que vous ayez rencontré-e et demandez-vous : est-ce que ce que je fais va aider cette personne ? » Pour l’artiste, il n’y a pas une seule personne vulnérable, mais une communauté : celle des réfugié-e-s.

photo_reza_famine

Son objectif est donc de donner une voix aux réfugié-e-s (« Exile voices »), en les formant à la photographie notamment. Il veut permettre aux réfugiés de dire ce qu’ils ont envie de dire, de montrer leur vie. Autant que la photo, c’est l’empathie que porte chacun-e des citoyen-ne-s en lui, en elle qui permettra le changement : « (He)art is the solution ».

L’exposition continue jusqu’au jeudi 21 avril dans le hall de l’IEP.

Nathan Crespy

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