Skip to content

Anne Tollinchi • 22 janvier 2018

Tribune d'étudiants • 15 janvier 2018

Alice Galopin • 11 janvier 2018

Arrow
Arrow
PlayPause
Slider

1953 – 2016, l’escalade des tensions entre les deux Corées

Depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, la frontière entre les deux Corées s’est établie autour du 38ème parallèle nord. Théâtre des affrontements de la Guerre Froide, la Corée est aujourd’hui marquée par une bipartition de plus en plus instable. Ces derniers mois, la Corée du Nord a multiplié les menaces envers ses voisins du Sud et leur allié de toujours, les Etats-Unis. Analysons alors, non sans humour afin de dédramatiser le tout, la situation actuelle de la péninsule coréenne et les éventuels scénarios, catastrophes ou pas, auxquels nous pourrions assister d’ici quelques années.

Corée du Sud, Corée du Nord, visions du monde radicalement opposées (et jolie frontière bien militarisée)

A Séoul, la tension est présente sans l’être vraiment, alors que la ville n’est située qu’à une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec sa sœur ennemie, et à 200 km de Pyongyang. De l’intérieur, pourtant, rien ne laisse deviner que la menace est imminente. En fait, les sud-coréens sont habitués. Comme dans tout conflit, les avis divergent. Certains prôneraient une réunification des deux Corées, ce qui semble plutôt mal parti, tandis que d’autres ne prennent pas vraiment au sérieux Kim Jong-Un, qui n’est pourtant pas le personnage le plus drôle que l’on connaisse, il faut le dire…

Les tensions durent depuis plus de soixante ans maintenant, et il semblerait que dans la vie de tous les jours, on parle peu de Pyongyang et de ses surprises nucléaires.

Membre du G20 et quinzième puissance économique mondiale, la Corée du Sud cherche toujours plus à s’affirmer comme un membre actif de la communauté internationale. Le pays du « matin frais » s’ouvre au monde, son développement est spectaculaire depuis les années 1970, les investissements en recherche et développement sont toujours plus importants : tout cela fait de lui un concurrent de taille sur le terrain économique. Cependant, son poids géopolitique reste mineur dans une région où agissent à la fois la Russie, les Etats-Unis, le Japon et la Chine.

La Corée du Nord, elle, a un rapport bien différent à la communauté internationale, et elle est unique sur bien des plans. Communiste, totalitaire et autarcique, elle a coupé les ponts avec toutes les instances économiques et diplomatiques internationales, en se concentrant sur sa dictature interne, et en quittant le traité de non prolifération nucléaire en 2003. Depuis cette date, Pyongyang fait sa petite cuisine.

Crédits : KCNA
Crédits : KCNA

La Corée du Nord est le pays le plus fermé au monde. Les visas de séjour sont quasiment impossibles à obtenir, les habitants sont enfermés, sans accès à internet ou au téléphone. La télévision nord-coréenne propose des chaînes de propagandes locales, ou des vieux films communistes de l’URSS de Staline. L’armée et le Parti des Travailleurs sont les piliers du régime, dans lequel un véritable culte de la personnalité est voué à la dynastie des Kim qui exerce son pouvoir depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale.

Entre les deux Corées, les modes de vie sont radicalement différents, tout les oppose, et ce Grand Vide est matérialisé par la frontière, la DMZ (zone démilitarisée) la plus grande au monde, et paradoxalement, la plus militarisée. Cette grande bande de quatre kilomètres de large qui coupe en deux la péninsule Coréenne est inspirée du mur de Berlin, même si à côté, ce dernier ressemblait à un mur de Lego… La Corée du Nord a creusé sous cette frontière plusieurs tunnels dans les années 90, par lesquels quelques chanceux parviennent à s’échapper. En vérité, ces tunnels sont une prévention en vue d’une éventuelle invasion du Sud.

Bon alors, guerre nucléaire imminente, oui ou non ?

Avec Pyongyang qui renouvelle régulièrement les menaces contre Séoul et les Etats-Unis, la situation s’envenime de plus en plus. Les échanges, militaires comme diplomatiques, qui ont eu lieu entre les deux Corées laissent plus penser à la répétition générale d’une guerre nucléaire qu’à un repenti bienveillant de part et d’autres du 38ème parallèle. En plus, les deux pays sont théoriquement toujours en guerre puisqu’aucun traité de paix n’a jamais été signé…

2006 marque le premier essai nucléaire souterrain de la Corée du Nord, suivi en 2009 par le test d’un missile de longue portée pouvant théoriquement atteindre le sol américain.

Plusieurs incidents sont survenus en 2010 dans les iles sud-coréennes situées dans les zones maritimes revendiquées par Pyongyang. On note la disparition d’une corvette sud-coréenne suite à un probable torpillage de ses voisins qui causa la mort de 46 personnes. Le bombardement d’une île sud-coréenne qui avait accueilli des exercices militaires avec les Etats-Unis survient la même année, et depuis l’arrivée de Kim Jong-Un au pouvoir, en 2012, Pyongyang ne décolère pas.

En l’espèce, Séoul est protégée par la puissance nucléaire que représente Washington, mais en 2015, la Corée du Nord a annoncé avoir réussi son premier essai de bombe nucléaire à hydrogène. Certains experts en doutent, mais le rapprochement des essais est inquiétant.

Le ton est monté en août dernier à la frontière, lorsque les deux pays ont échangé quelques tirs avant de se raviser.

Le 6 janvier, la Corée du Nord en était en à son quatrième essai nucléaire, suivi le 7 janvier par un tir de fusée considéré comme un essai de missile balistique déguisé, ce qui lui a valu des sanctions sévères de la part du Conseil de Sécurité de l’ONU décidées début mars, pour toujours plus l’isoler de la communauté internationale.

Crédits : Reuters / KCNA
Crédits : Reuters / KCNA

Plus récemment encore, le 4 avril, la Corée du Nord a explicitement menacé Washington d’une frappe nucléaire à tout moment, considérant qu’elle lui faisait subir un état de siège comparable à celui de Leningrad pendant la deuxième Guerre Mondiale. Décidément, quel engouement pour la Russie bolchévique…

L’alliée historique (et unique) de la Corée du Nord, la Chine, voit d’un mauvais œil la prolifération nucléaire dans une région où elle souhaite exercer son influence, d’autant plus qu’elle a récemment tenté plusieurs rapprochements économiques avec Séoul.

Face à cette escalade des tensions, la Corée du Nord est alors plus isolée, mais aussi plus puissante que jamais.

Quoi qu’on en dise, dans la situation instable dans laquelle la péninsule coréenne se trouve, les joujoux nucléaires de Kim Joug-Un pourraient bien provoquer au mieux une crise diplomatique majeure, et au pire… une épaisse fumée ?

Héloïse Mélan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *