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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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L’interview déjantée des Oreilles de l’IEP

Vous avez sûrement déjà entendu parler d’eux. Ils vivent dans l’ombre, cachés dans le local du BDA, mais sont au courant de tout. Ce sont, bien entendu, les Oreilles de l’IEP. Julien Devisme a lancé la radio à l’automne 2015 en compagnie de sa fidèle acolyte, Manon Sabre. Six mois plus tard, leur humour décapant les a rendus incontournables. La Manufacture les a rencontrés, l’occasion d’une interview totalement déjantée où ils nous font partager leur histoire, leurs doutes, leurs projets, et leur histoire d’amour.

Isabelle et Franck, Valérie et Olivier, Christiane et Eric, vous ne portez jamais les mêmes noms dans vos vidéos. Qui êtes-vous vraiment ?

Julien Devisme – (rires) C’est une blague que l’on voulait faire au début. On s’était dit qu’on était des gens cachés dans l’IEP, comme personne ne nous connaissait.

Manon Sabre – Personne ne savait vraiment qui on était, comme la radio c’était un truc nouveau. On avait fait genre qu’on était des gens cachés dans l’IEP qui avaient été enfermés dans le local du BDA et qui entendaient tout, d’où Les Oreilles de l’IEP. Maintenant, on est dans tous les murs, on sait tout ce qu’il se passe et on va tout vous dire. C’était rigolo de prendre des noms un peu nuls. En fait, on est deux pov’taches de deuxième année.

JD – Après on a arrêté, parce qu’on a oublié. Sinon, moi, c’est Julien Devisme, je suis en deuxième année. Je suis aussi trésorier du BDA et vice-président des Neveux de Thalie, ce qui ne veut rien dire. Je mets en scène des pièces, et on joue dans des pièces avec Manon.

MS – On est inséparables ! (rires) Moi, je m’appelle Manon. Je suis en deuxième année. Je suis picarde, je viens de Picardie.

JD – Moi, je suis d’ici.

MS – Je suis aussi au BDA, je suis la secrétaire générale et au pôle jeux. Secrétaire générale, ça fait un peu Parti socialiste. Manon Sabre et Jean-Christophe Cambadélis, c’est un peu le même topo au niveau du rôle. Je suis au pôle jeux avec Maxime Barros, et je joue aussi avec les Neveux de Thalie, parce que je suis Julien partout. C’est un peu mon modèle.

JD – On fait beaucoup de choses ensemble, on a même mangé des pâtes ensemble, hier midi.

MS – Ça, c’est privé, Julien.

Pourquoi avoir voulu créer une radio ?

MS – À la base, c’était une idée de Julien.

JD – J’ai un pote à moi qui bosse dans une radio locale, Métropolis. Une fois, on est allé dans sa radio, et j’ai trouvé ça trop drôle. Je me suis dit que ce serait trop drôle d’avoir une radio à Sciences Po. Comme il y avait la liste BDA qui se montait, j’ai voulu monter la radio tout seul. J’ai même fait une vidéo de campagne pour expliquer qu’il y aurait une radio l’année prochaine. En début d’année, j’étais tout seul dans mon truc. Je pensais motiver des gens, mais j’étais tout seul, et tout seul, je n’avais pas la motivation.

MS – L’année dernière, il avait lancé l’idée. Tout le monde trouvait ça trop cool, et au début de l’année, il n’y a rien qui s’est fait. On n’a pas eu le temps de s’organiser. Il était dépité, et j’ai dit « samedi, on y va ! »

JD – Je m’étais dit que c’était mort, que je ne le ferais pas. Manon a voulu le faire. Je me suis dit qu’elle avait envie de faire ça, de s’éclater, de faire des conneries, donc j’allais le faire avec elle. En fait, on a lancé le truc comme ça.

Vous parlez souvent de Jean-Jacques Bourdin, vous avez l’ambition de le dépasser ?

JD – (rires) On devrait faire des trucs sérieux, quand même !

MS – En fait, au début de l’année, on faisait des trucs sérieux. Puis, au fil de l’année, on préparait de moins en moins, donc on arrivait en mode « bon ba on peut parler de ça ».

JD – Avant, on écrivait toutes nos chroniques, mais maintenant j’ai arrêté. Parfois, on va s’enregistrer et on ne sait même pas de quoi on va parler. La dernière émission, on a complètement improvisé. Ça va être rigolo.

MS – On parle du CRIT, alors qu’on n’y était pas (rires). Je ne sais plus quelle était ta question.

Savoir si vous aviez l’ambition de dépasser Jean-Jacques Bourdin.

JD – Non, même pas. Moi, ça me tente bien de faire du journalisme depuis que je fais de la radio. Comme je suis branché cinéma, que j’aime bien faire de petits films, je me dis que faire des reportages, ça peut être sympa.

MS – Le côté radio, ça change de tout ce que l’on voit en ce moment, comme les gens sur Youtube. On a que ça, de l’image, de l’image. Il faut que ça soit beau. Là, le côté son, les émissions, on les met et on fait plein d’autres choses. En même temps, tu la mets, parce qu’il y a de la musique, plein de trucs rigolos. Tu l’écoutes quand tu prends le métro. Ça change de tout ce que l’on voit, et justement je trouvais que c’était une bonne idée, une bonne alternative à SciencesPo Lille TV.

JD – On est contents que ça plaise aux gens. À chaque fois, on dit qu’on va faire des trucs sérieux, mais on ne le fait jamais. Ah si, j’ai fait une radio libre au moment de la première manif’ contre la loi travail, mais qui n’était pas dans le cadre des Oreilles de l’IEP. Pour la dernière émission, on va faire un truc très long et ça serait bien qu’on invite des profs, des gens comme ça.

En écoutant l’émission sur On n’est pas couché, je me suis demandé d’où te venaient tes talents d’imitateur, Julien ?

MS – (rires) Et t’as pas entendu la dernière émission où il imitait des profs.

À un moment, tu imites Léa Salamé et Yann Moix, c’est extraordinaire !

JD – Je ne sais pas, ça me fait rire. D’habitude, j’ose pas faire mes imitations, mais là je me suis dit qu’à la radio j’allais faire des imitations de profs.

MS – C’est trop dur, quand tu es de l’autre côté du micro, de te retenir de rire quand tu entends ça.

J’allais vous demander comment vous trouvez vos idées, mais vous les trouvez en live, donc ma question tombe à l’eau.

MS – Au début, c’était préparé. On avait peut-être plus de temps, on avait moins de travail et il se passait plein de trucs au niveau de l’actu, et pas des trucs trop moroses. On pourrait très bien parler de la crise des migrants, mais on entend déjà parler de ça partout et on n’a pas forcément besoin de rabâcher les mêmes trucs. Surtout qu’on voit pas trop comment faire un truc plus original sur ces thèmes-là. (À Julien) La loi El-Khomri, tu en avais parlé. Tu avais fait un questionnaire dessus. La veille, il m’avait dit : « J’ai fait un questionnaire, sur la loi, sur le travail ». Je me suis dit que j’allais avoir l’air ridicule comme la ministre. Du coup, j’avais lu plein de trucs la veille, et je l’avais bien n**** (rires).

JD – Ah ouais ? J’étais même pas au courant. Je m’étais dit qu’elle était super forte !

MS – Maintenant, c’est un peu plus en live, parce qu’on a moins de temps. On voit que ça marche, du coup, on se casse moins le cul.

C’est la célébrité qui vous monte à la tête !

MS – Ouais, complètement. On est imbus de nous-mêmes !

Vous avez des projets ?

MS – Plus les émissions passaient, plus on les a ouvertes à tout le monde. On a fait des appels sur Facebook. Les gens ont pas mal envoyé de messages. Quand on a fait des émissions spéciales pour les 3A, on a eu plein de messages. On en a fait que deux, malheureusement. C’est quelque chose à garder, surtout que c’est la Manufacture qui nous avait contacté pour un partenariat (Page Facebook – Carnets de 3A). C’est une super idée et il faut vraiment que l’année prochaine ce soit repris. Discuter avec eux, c’était vraiment trop cool. Le mec était aux Etats-Unis, il avait sûrement l’impression d’être une star (rires). C’était vraiment sympa. Donc on a de plus en plus ouvert l’émission à tout le monde. Dans l’avant-dernière émission, il y a des associations.

JD – Il y a beaucoup de gens qui nous disent qu’ils sont chauds. Ils nous disent qu’ils sont motivés, mais ils ne viennent pas après. Ils nous donnent des idées, mais ils voudraient qu’on le fasse à leur place, sauf qu’on ne peut pas.

Il n’y a que moi qui viens, en fait.

MS – Ouais, t’es la deuxième personne qui vient (rires). C’était aussi ça le projet, que ce ne soit pas que nous, sinon ça risquait d’être chiant et redondant. Je suis contente que les gens aient autant aimé et voulu participer. Après, la radio, ça fait un peu peur. On parle ensemble, on oublie qu’il y a le micro et on déconne. Sinon, des projets ? Une grosse dernière émission pour la fin, qui sera après les vacances.

Vous serez présents à la Moulinette ?

MS – On va interviewer des gens. La radio sera en mode itinérante. On peut toujours ramener le micro, ça sera sympa. Ça ne durera pas tout le truc, mais on sera là.

J’ai une question sur votre interview de Blandine Byache. Comment s’est organisée la rencontre, et est-ce que vous n’auriez pas un petit scoop hors-antenne ?

JD – On lui a envoyée un message, et elle nous a dit qu’elle était partante. On est allés la voir et elle était un peu gênée.

MS – Ouais, c’était rigolo. Elle était un peu timide, comme si c’était super important. Alors que nous, toutes les émissions, c’est la déconne. Elle a été super gentille. C’est une femme géniale. Moi, je l’adore !

JD – En plus, elle nous aime bien, je crois.

MS – On dirait qu’elle aime son boulot. On arrive en deuxième année, on découvre Blandine Byache, et on se dit : « cette femme est géniale ! »

JD – Elle en a pas reparlé de cette émission. On ne sait même pas ce qu’elle en a pensé.

JD – Et sinon, comment ça se passe le montage ? Eh ba le montage, c’est moi qui gère le montage. Tu ne veux pas poser une question sur le montage ?

C’était prévu.

MS – Mais arrête !

JD – Pardon.

Donc, Julien, comment se passe le montage ?

JD – On enregistre tout. Parfois chacun de notre côté.

MS – Parfois, on commence ensemble, et après on rajoute les gens. L’émission avec Barthélémy (de Canson), elle s’est fait à différents moments de la semaine, et Julien a tout remixé. Parfois, on a de gros décalages.

Est-ce que vous pensez que la radio vous survivra ? 

MS – Carrément, parce que que ce soient des première année, dans la liste BDA, ou des 3A qui étaient au BDA l’année dernière, ils la reprendront. Ils ont adoré le concept. Même si c’est mis de côté par la future liste BDA, ce sera repris par des gens qui vont revenir en quatrième année (Les Oreilles de l’IEP seront finalement reprises par le nouveau BDA, ndlr). Nous, on la reprendra quand on reviendra.

Ça ne vous dit pas d’exporter les Oreilles de l’IEP à l’étranger ?

JD – Elle sera au Chili, moi en Allemagne, donc ce sera compliqué. Je pense que s’ils font une émission spéciale 3A, on demandera à être interviewés. On fera genre de se rencontrer par Skype. On est très contents de ce qu’on a fait. Je serai déçu qu’ils fassent un truc moins bien.

MS – (rires) Ça, c’est trop prétentieux !

Un dernier mot ?

JD – Je suis très content d’avoir été interviewé, parce qu’on passe notre temps à faire les interviews et on est jamais interviewés. Ça me fait vraiment plaisir. Je vais livrer une parcelle de mon identité, c’est que le fait d’être un peu « popu », ça fait plaisir à l’égo, et c’est toujours ça de pris !

MS – Ah nan, mais le mec ! Ne mets pas ça dans l’interview hein.

JD – Non, mais je suis vraiment content que les gens aiment bien. Je suis content d’être interviewé, parce que j’ai l’impression d’être une star.

MS – Moi, je suis aussi contente du succès qu’on a eu et je remercie tout le monde ! C’est vraiment super agréable et les commentaires, ça fait toujours vraiment plaisir. Ça nous donne trop envie de continuer.

JD – Et surtout, il faut le dire, ça n’aurait jamais été possible sans Manon.

MS – Et sans Julien.

JD – À deux, on est très complémentaires. Manon, si elle n’avait pas voulu faire la radio, j’aurais abandonné.

MS – Donc c’est totalement grâce à moi.

JD – Voilà, Manon a sauvé le projet.

Propos recueillis par Damien Cottin

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