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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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Hong Kong : entre la Chine et le monde, les plages et les gratte-ciels, pourquoi tu dois partir en Asie

Passer sa 3A à plus de neuf mille kilomètres de Lille n’effraie a priori (presque) personne ; mais aller regarder du côté de l’Asie, en revanche, semble moins commun. Bon, je dois avouer que le choix n’était pas évident ; comme beaucoup, j’ai longtemps hésité entre l’Amérique du Nord et la Scandinavie, en boudant sans raison les universités asiatiques. Et puis j’ai finalement complètement retourné ma veste, alors même que je ne parle pas un mot de Chinois. Alors, la 3A en Asie, pourquoi pas ?

« Donc tu as décidé de partir en Chine sur un coup de tête ? »

Pour commencer, Hong Kong, ce n’est clairement pas la Chine, voire ce n’est clairement pas l’Asie. Pour être précis, c’est une RAS (région administrative spéciale de la République populaire de Chine), qui, comme Macao, jouit depuis sa rétrocession au régime de Pékin en 1997 d’une assez large autonomie économique, politique et judiciaire. Du coup, Hong Kong possède ses propres institutions politiques plus ou moins démocratiques – tout un débat depuis les manifestations pro-démocratie de 2014 (Umbrella Movement), et la pression grandissante de Pékin notamment lors des dernières élections législatives d’octobre. L’économie hongkongaise est capitaliste (et c’est peu dire), la ville possède deux langues officielles que sont le Cantonnais et l’Anglais (ersatz de la période coloniale), et certains quartiers sont extrêmement occidentalisés.

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Je ne suis donc pas vraiment en Chine, et ça se sent quand on parle aux Hongkongais-e-s : pour la plupart incroyablement accueillant-e-s, et ravi-e-s de faire découvrir leur ville dont ils et elles ne sont pas peu fier-e-s, ils et elles se raidissent en revanche beaucoup plus si tu essaies de parler Mandarin (la langue officielle de Pékin), oui si tu leur dis qu’ils/elles sont Chinois-e-s…

Et c’est justement ce qui fait – entre autres – tout le charme de la ville, car dire que Hong Kong est une ville cosmopolite et ouverte sur le monde, c’est peu dire : d’un quartier à l’autre, voire d’une station de métro à la suivante, ce qui tu vis est radicalement différent : on passe d’un quartier populaire chinois où personne ne parle Anglais aux quartiers d’affaires, gratte-ciels, boutiques de luxes pour expats et touristes, sans oublier le quartier des bars et des boites bourré d’étudiant-e-s internationaux-ales des différentes universités, ni les nombreux espaces verts et toutes les îles qui font partie de Hong Kong, et leur lot de petits villages de pêcheurs-ses. Et pourtant, où que l’on soit, on se sent étrangement assez vite à l’aise à Hong Kong.14724118_1205179309544267_637710193_o

Pour te perdre, tu as donc le choix entre les tours des banques, leurs rooftops et leurs cocktails à 25 €, les quartiers chinois et leur street food si tu te sens d’humeur aventureuse, les quartiers plus européanisés, la forêt tropicale et ses plages… Et ce n’est que le début.

Au carrefour de l’Asie et du monde

Hong Kong, ce n’est donc pas vraiment la Chine, et ce n’est pas non plus vraiment l’Asie, ou alors sa partie la plus occidentalisée et la plus mondialisée. Ça peut avoir de bons côtés – on trouve du fromage français – comme de moins bons côtés – crois moi, vu le prix de la vie, tu n’as pas besoin de mettre 12 euros dans un bout de camembert.

Et pourtant, c’est une première porte d’entrée sans égal sur l’Asie. Car on ne se retrouve jamais sans savoir quoi faire entre la découverte de la ville et de sa culture, le tourisme, les randonnés, le shopping, les plages, les musées, les festivals, les bars quand il te reste de l’argent, les bières dans Soho le cas échéant, etc., Hong Kong est un formidable point de chute pour découvrir le reste de l’Asie : toute la Chine s’offre à toi au Nord – même si un visa est nécessaire pour s’y rendre depuis Hong Kong –, Hanoï est à deux heures d’avion, Bangkok à 3 heures, Tokyo et Séoul à 4 heures…

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Autre point positif : la Hong Kong Baptist University accueille beaucoup d’étudiant-e-s internationaux-ales – environ 300 –, et les student ambassadors qui s’occupent de notre intégration, sorte de BDI local, sont juste géniaux-ales ! Sans compter qu’entre les dormitories et les cours dans lesquels on est mélangé-e-s aux locaux-ales, il est assez facile de sympathiser avec des Hongkongais-e-s comme avec les autres internationaux-ales.

Et en plus, la fac est pas mal (si, ça compte, je te promets).

Le partenariat de Sciences Po Lille est avec la Hong Kong Baptist University. Clairement, HKBU ne signifie pas « Hong Kong Best University » contrairement à ce qu’ils et elles essaieront de te faire croire. Et même si le campus est un peu moche, ça ne l’empêche pas de figurer en bonne place dans les classements internationaux (Times, QS). Si l’université est surtout réputée pour les départements de journalisme et de business studies, le partenariat avec Sciences Po Lille nous permet de choisir des cours dans tous les départements : en plus de ton cours d’éco ou de science po qui t’assurent une quantité de travail très raisonnable, tu peux par conséquent naviguer entre un cours de photo, un de gender studies, un cours d’histoire de la Chine, un autre de géographie urbaine… Il y a un choix de cours assez important pour les internationaux-ales, et dans l’ensemble ils sont intéressants. Et leur BU n’a rien à envier à François Goguel, vraiment. Et le sport center rien à envier à la salle Debeyre. Je m’arrête là, tu as compris l’idée.

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Alors je sais que l’Asie est plutôt délaissée dans les vœux de 3A en ce moment, mais penche-y toi davantage parce qu’on a vraiment des partenariats cools, et HK, c’est de la bombe bébé : tu es au milieu de l’Asie mais tu peux quand même aller dans une librairie ou un restaurant français quand tu as un petit coup de blues, ce qui ne t’empêche pas de partir à Bangkok le lendemain pour pas (trop) cher, ni d’avoir suivi un cours de cinéma hongkongais ou d’économie d’Asie de l’Est la veille. Le summum ? Pas besoin de parler Chinois, le TOEFL suffit ! Et si tu n’es toujours pas convaincu-e, il y a en plus du Disneyland un parc d’attraction dans lequel il y a des pandas, et ça, ça vaut bien de faire le déplacement. Donc sans se mentir, niveau dépaysement, entre Hong Kong et Louvain-la-Neuve, il n’y a pas à hésiter bien longtemps ; niveau bière en revanche, la Belgique conserve l’avantage, et de loin.

Erwan Jambet

Vous pouvez retrouver le quotidien d’Erwan sur son blog : ici.

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