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La tempête Trump va-t-elle tout emporter?

Les américains sont familiers des tempêtes. Il y en a des milliers par an. Mais cette tempête du 9 novembre 2016 est la plus violente de toutes. Sera-t-elle assez forte pour emporter les fondations du monde que nous connaissons ? Nul ne le sait.

En vérité, personne ne s’y attendait. Surtout ceux qui ne voulaient pas y croire. On est toujours sur le cul. Sauf ceux qui s’en réjouissent. Les sondages ? Ils n’ont rien vu. Les journalistes ? Ils n’ont rien compris. Les experts ? Leurs expertises se sont avérées fausses. Obama ? Dépassé, comme souvent. Les ténors républicains ? Trump s’est passé d’eux pour gagner. Et Clinton ? Ecrasée. Quand aux médias, Ils ont été déplorables, à tous les points de vue. Ils disaient: Trump est raciste. Trump est machiste. Trump est xénophobe. Trump est con. Trump est outrancier. Trump n’a aucune chance de devenir Président des Etats-Unis. Trump ne sera jamais président. Trump sera pourtant officiellement en janvier le 45ème président des Etats-Unis, le dernier maillon d’une chaine commencée le 30 avril 1789 avec l’élection de George Washington, Père Fondateur des Etats-Unis d’Amérique. Au point ou on est, Kanye West a toutes les chances de devenir le 46ème président.

On a pris Trump pour un bouffon, un clown, un idiot, un beauf, un red neck. Sérieusement, qui aurait pu croire, il y a 18 mois, que l’excentrique Donald Trump deviendrait président des Etats Unis ? Visiblement pas les rédacteurs du New York Times. Comment un homme qui n’a aucune expérience politique pouvait-il gagner ? Mais Donald Trump est loin d’être un idiot. L’homme d’affaires est une bête politique. Le boss, c’est lui. Un par un, il a successivement éliminé seize candidats, détrôné deux dynasties politiques (Bush, Clinton), et au passage redéfini les codes de la politique. Il aura réussi à faire de l’arène politique son émission de télé-réalité. Il n’a fait qu’entériner la tendance de la politique à devenir un bien de consommation comme un autre. Il s’est mis en scène comme un acteur de série, et après chaque épisode, les Américains en demandaient plus. Toujours plus.  Le poids de la dette ? C’est quoi la dette ? L’équilibre géopolitique au Moyen-Orient ? C’est où le Moyen-Orient ! Des formules chocs, des frasques, de la polémique. Du show quoi. C’est ça qu’on veut ! Et le reste, rien à foutre ! A croire qu’on élisait le président du BDE d’une vulgaire école de commerce, et non de la première puissance mondiale.  C’est Donald Trump qui a fait la campagne. Qui l’a mené. C’est lui qui a mobilisé un nombre record d’Américains derrière les postes de télévision. Comme Obama, il a réussi a rameuté et attisé les foules d’une Amérique qui s’ennuie. Ces meetings, sa personne, ont su susciter l’intérêt. Il a fait le bonheur des médias en manque de titres, lui permettant une publicité gratuite et des coûts de campagne dix fois moins chers que sa rivale. L’homme est bon en affaires, il n’y a rien à redire.  Les médias, après nous avoir expliqué pourquoi Trump allait perdre, nous explique maintenant pourquoi il a gagné. En prenant parti contre lui tout en lui assurant une couverture médiatique exceptionnelle, les médias ont légitimités son discours anti-establishment, et l’ont massivement diffusé. « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons » disait Lénine. Les médias ont vendu à Trump le fouet pour mieux qu’il les fouette. Trump a réussi à faire de la scène politico-médiatique son plateau de télé-réalité. En jouant sur ce registre, il a compensé la faiblesse de son inexpérience et surpris ses opposants. Il s’est imposé comme le présentateur de sa propre émission. Il a fait des autres candidats ses candidats. Ted Cruz ?  «You are fired! » Marco Rubio ? «You are fired! » Hillary Clinton ? « You are fired!».

Pas mal le Donald ! A l’heure où l’on est, on ne serrait même plus surpris si Cyril Hanouna gagnait la présidentielle en éliminant Juppé, Hollande, Le Pen et Sarkozy… Mais nous, les Français, on est pas comme ces cons d’Américains, hein ? Les Français n’iraient pas élire un clown à la présidentielle, hein ? Il était à combien Coluche en 1981 déjà ?

Crédits - AP Photo/Carlos Osorio
Crédits – AP Photo/Carlos Osorio

Restons sérieux. Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombait. La chute du mur signait l’ère de la mondialisation, la chute des murs et l’ouverture des frontières. Le 9 novembre 2016, 27 ans plus tard, les murs célèbrent leurs retours, et l’on redécouvre les bienfaits des frontières. En promettant de construire un mur à la frontière mexicaine, de surtaxer les produits chinois et de renforcer les contrôles aux frontières envers les ressortissants de pays touchés par le terrorisme, Trump a suscité la risée des élites mondialisées, qui l’ont accusées de populisme. Ces élites qui voient les murs comme ringards et ne jurent que par l’espace mondialisé au détriment de l’espace national.  New York, Seattle, Los Angeles, Miami, voici notre pays. Pourquoi continuer de vivre avec ces ploucs du Middle West ? Ces gens déplorables, irrécupérables, qui « ne sont pas l’Amérique » comme l’a avoué Clinton dans un discours. Dans toutes ces métropoles, les classes populaires ont été progressivement évincées par la gentrification. Le mur de l’argent a simplement remplacé le mur de la citoyenneté. Après le Brexit, des Londoniens proposèrent l’indépendance de la capitale. Certains californiens demandent maintenant le « Calxit », l’indépendance de la Californie. Oubliant ce qu’il advient la dernière fois que des Etats américains demandèrent leur indépendance, ils proclament : « nous ne sommes pas un Etat, mais une nation ». Mais leur seule nation est le monde. Leur citoyenneté est celle du monde. Comme disait Jean Jaurès : « La patrie est le dernier bien de ceux qui n’ont rien ». Etre citoyen du monde est un privilège qui appartient qu’a ceux qui ont tout. On avait presque oublié que protection et filiation rime avec nation, et non mondialisation.

Les frontières se sont redessinées entre un espace acteur et un espace victime de la mondialisation.  La mondialisation n’a pas fait disparaitre toutes les frontières. Elle les a multipliées. La disparition spirituelle des frontières coïncidait à leur renforcement matériel. L’Amérique est un pays toujours plus fractionné, toujours plus divisé. Le mur qui sépare le Mexique et les Etats Unis est un mur bien facilement franchissable en comparaison des murs qui divisent l’Amérique en son sein. Entre riches et pauvres, blancs et noirs, les côtes ouvertes au monde et la campagne repliée sur elle-même, entre le Nord et le Sud, entre l’establishment et les classes moyennes, jamais les frontières n’ont été si marquées aux Etats Unis, jamais les murs n’ont été si élevés. Une classe moyenne et une bourgeoisie noire ont réussi à émerger durant les trente dernières années. Mais en majorité, la ségrégation reste une réalité. Les blancs vivent avec les blancs, et les noirs avec les noirs, les pauvres avec les pauvres, les riches avec les riches. L’écart entre des élites condescendantes et une Amérique qui peine à joindre les deux bouts est abyssale. L’establishment politique et médiatique n’a pas voulu voir l’immigration massive de travailleurs exploités menaçait les emplois américains. Une partie des latinos ne sont pas défavorables au prolongement du mur. Beaucoup sont des citoyens intégrés et se considèrent comme américains avant d’être d’une quelconque origine ethnique. La solidarité inter-ethnique au sein des minorités est souvent chimérique. Il n’y a pas de solidarité sociale dans les pays d’Amérique latine, et il en est de même aux Etats-Unis. De nombreux latinos ont été choqués, à juste titre, par les propos de Trump. Mais ils craignent également ce lumpenprolétariat latino qui remet en cause leurs positions sociales, et ils cherchent à s’en détacher. Le dernier arrivant ferme la porte !

Le vote latino avait permis la victoire d’Obama, et il a couté la victoire à Clinton en Floride. En misant uniquement sur le vote des minorités dans les swings states, elle a oublié qu’en démocratie, ce n’est pas la voix des minorités qu’il importer de gagner, mais bien celle de la majorité. L’Amérique blanche a pris sa revanche sur l’Amérique cosmopolite. Elle a été séduite par le discours protectionniste de Trump, qui a promis le retour des frontières. Elle a souffert des délocalisations et de la concurrence déloyale produite par la Chine. En promettant de rendre à cette Amérique sa grandeur passée, Trump se place dans la succession de Ronald Reagan. Lui aussi avait soixante-dix ans, lui aussi n’était pas un politique, comme Trump, mais un acteur, sachant parfaitement utiliser les médias. Trump, tout comme Reagan, veut s’incarner comme ce vieux shérif aux épaules larges venu remettre de l’ordre dans le ranch Amérique. Tout comme lui, il dit : « America is back ». Mais la comparaison s’arrête là. Reagan était un libéral, un vrai : déréglementation financière et monétaire, baisse des taxes douanières, augmentation du commerce avec la Chine. Avec Thatcher, Reagan posait les bases de la mondialisation. Trump pourrait la remettre en cause : « America is back! » et surtout, « Frontier is back! ».

Le mythe de la frontière est au cœur de l’identité américaine. Toute l’histoire américaine se construit sur l’idée de repousser la frontière. La conquête de l’Ouest a alimenté le rêve américain. L’existence d’un territoire vierge aux ressources immenses était la promesse pour des millions de migrants d’une vie meilleure. Mais le territoire n’est pas indéfini, et la conquête de l’Ouest est achevée. Les américains sont maintenant 320 millions. La « nouvelle frontière », vantée par Kennedy, n’a fait que prolonger un peu le suspens. L’élection d’Obama a achevé une des dernières frontières, celle qui avait séparé pendant des siècles des blancs dominants et des noirs dominés. Aujourd’hui, il y a l’impression que toutes les frontières ont été dépassées. Le dépassement a conduit à leur disparition. La fin de la frontière a entrainé la fin du mythe de la frontière, et de ses composantes : la foi dans le progrès, l’esprit pionnier et l’idée qu’aucune frontière ne résiste à l’ambition. Le nombre de film produit portant sur la conquête de l’Ouest et le monde des cowboys est à la hauteur de la nostalgie que suscite aux Etats-Unis l’utopie d’un monde disparu, un monde sauvage où tout était possible. Le désenchantement de l’Amérique coïncide avec le dépassement, voir plus, avec la disparition des frontières. Il y a le sentiment d’un vide infini, comme un monde désertique et sans bordures. Quelle frontière se dresse-t-il à l’horizon et qu’il nous faut dépasser ? Faudra-t-il marcher encore longtemps ? Ne devrions-nous pas revenir en arrière, à l’abri derrière des frontières que nous connaissons déjà ? Tel est le dilemme de l’Amérique. Trump a totalement renversé le mythe de la frontière. Selon, lui, c’est leur retour qui permettront le ré-enchantement du rêve américain, non leur dépassement. L’Amérique ne pourra retrouver sa grandeur qu’à condition de savoir provisoirement retrouver des frontières extérieures et d’abaisser ses frontières intérieures. L’Amérique doit réapprendre à dépasser les frontières sans les faire disparaitre.

Trump a prononcé un nombre abyssal de sottises, mais les médias auraient dû décrypter ces discours au lieu de se focaliser sur ces excès langagiers et ces provocations, nombreux, c’est vrai…                                                                                                                                                Lorsque Trump a déclaré: « le rêve américain est mort », il avait malheureusement raison. Ou presque. Le rêve américain, ce n’était pas l’idée que tout le monde peut devenir riche, rien n’est plus faux. Non, il s’agissait de l’idée que n’importe qui peut aspirer à un certain niveau de revenu pourvu qu’il s’en donne les moyens. Une maison achetée à crédit dans un quartier tranquille, avec piscine si possible, une ou deux voitures, du pétrole pas cher, une bonne école pour ces enfants, un petit patrimoine à transmettre à sa progéniture. La réalité du rêve américain s’incarne ou s’incarnait plus dans Ma sorcière bien aimée ou Desperate Housewives que dans la vie de Trump. Une petite vie bien rangée de petit bourgeois américain, un enrichissement modéré, une position sociale stable. Le rêve américain fonctionnait parce que la majorité des classes moyennes y ont crues. Elles y ont cru parce que malgré des crises conjecturales, les mécanismes structurels de l’économie fonctionnelle ont continué à fonctionner malgré tout : un tissu industriel, une croissance forte, un chômage faible, la possibilité d’emprunter facilement. Elles y ont cru parce que les inégalités sociales étaient encore supportables et que l’ascenseur social fonctionnait.  Clinton a perdu car elle n’a pas su gagner dans la Rust Belt, la « ceinture de la rouille ». La désindustrialisation et les délocalisations ont ruinées la Rust Belt, poumon industriel de l’Amérique. C’est la Rust Belt qui a permis la victoire du Nord sur les Etats confédérés du Sud. C’est la Rust Belt qui a soutenu l’effort de guerre américain durant la Seconde Guerre mondiale et l’a fait sortir de la grande dépression. C’est la Rust Belt qui a été le moteur de la société de consommation de l’après-guerre, qui a fourni au monde des produits made in America. La mondialisation a renversé les cartes : les Américains achètent made in China or made in Germany. L’affaiblissement de la Rust Belt signait l’affaiblissement de l’économie américaine. Le passage d’une économie industrielle de « col bleu » à une économie tertiaire de services et de produits à forte valeur ajoutée a aggravé la paupérisation de la middle class rurale et traditionnelle. Cela a accru le déséquilibre entre les grandes aires urbaines situées de l’Est et de l’Ouest des Etats-Unis (Los Angeles, New York, Seattle), où la population et les richesses se concentrent, et les anciennes aires industrielles déshéritées, là où vit cette White America, cette Amérique blanche, que nous dépeint Eminem, minée par l’alcoolisme, le chômage, la pauvreté, la crise de la famille, rongée par la crainte de voir l’Amérique blanche et protestante devenir une minorité dans un pays dont ils se considèrent comme le détenteur légitime. Cette Amérique dominante a peur de devenir dominée. Cette Amérique voit en Trump son sauveur, le seul capable de restaurer l’autorité des blancs, autorité qu’il considère comme bafouer par Obama.

L’élection de Trump, c’est aussi une « jacquerie contemporaine ». La crise de 2008 est le produit d’une économie qui a basé sa croissance et sa production de richesse sur l’emprunt et la consommation, et non pas sur la production de biens industriels. Elle a frappé durement des classes moyennes déjà fragilisées et remise en cause la croyance du rêve américain. L’Américain moyen pensait qu’il pourrait indéfiniment vivre au-dessus de ces moyens. Il s’est retrouvé sur la paille. Beaucoup de ces Américains ont retrouvé leur niveau de vie, mais ils ont perdu leurs certitudes. Barack Obama a permis à l’Amérique de retrouver le chemin de la croissance, mais non pas celui de la croyance. Contrairement à Clinton, il avait su parler à cette Amérique périphérique de ceinture de rouille, et elle lui avait donné la maison blanche. La défaite de Clinton s’est jouée dans les Swings States de la Rust Belt, traditionnellement démocrates : l’Iowa, le Wisconsin, le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie. Le discours d’Obama les avait séduits, mais celui-ci n’a pas pu effacer le traumatisme de 2001 et les stigmates de la crise de 2008. La foi et la ferveur incroyable qui anime le peuple américain s’est tarie. Donald Trump a su jouer de l’impression persistance du déclin de l’Amérique, de l’inquiétude sécuritaire et de la peur du déclassement sociale. Il a compris les raisons et ramassé les raisins de la colère.

Certes, n’oublions pas, l’Amérique dispose encore de beaucoup d’atouts pour affronter les défis du XIXème siècle : un pays riche, une population dynamique, une avance technologique et industrielle. Comme un boxeur, elle encaisse, elle vacille, mais sait toujours se relever. Donald Trump n’a pas totalement raison : le rêve américain n’est pas mort. Il est simplement au point mort.

« J’ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c’est donc bien forcé qu’ils gagnent » disait le grand auteur Louis Ferdinand Céline. Les journalistes n’en pensaient pas moins. L’élite n’en pensait pas moins. Clinton et Cameron approuvent secrètement. Mais les cons, ce sont aussi eux. La défaite de la pensée n’est pas manifeste uniquement chez les partisans de Trump, elle l’est aussi dans une part importante de l’intelligentsia bien-pensante. Elle s’est considérée comme supérieure à un peuple infoutu de voir ce qui était bon lui. À défaut d’avoir su lui expliquer ce qu’était le bien, elle s’en est détourné. Elle a pris le peuple pour des imbéciles. Quels imbéciles, ces peuples qui disent « non » à la constitution européenne en 2005 ! Ils n’ont rien compris aux bienfaits de l’Union Européenne (qu’on apprécie tous les jours). Et quels crétins ces Anglais, d’avoir voté pour le Brexit ! Les sept plaies d’Egypte leurs étaient promises. Les bourses ont simplement dévissé pendant trois jours. La troisième guerre mondiale était promise au peuple américain si Trump était élu. Le peuple a dit : « cause toujours ! », le peuple a dit : « on verra ! ». Les déplorables ont pris leurs revanches. Ces élites, qui hier étaient à l’avant-garde de la lutte pour le suffrage universel, doivent trouver maintenant au suffrage censitaire bien des qualités. Il est bien vrai que la démocratie, c’est souvent un grand concours de gueuleries arbitré par des foules excitées. Ou alors c’est l’abstention, qui est le grand gagnant de cette élection (47%).

Mais la victoire de Trump n’est pas uniquement celle d’une Amérique sur une autre, d’une Amérique blanche contre une Amérique cosmopolite, d’une Amérique ouverte et généreuse contre une Amérique repliée et conservatrice, souvent raciste. Cette victoire se place dans le sillage du Brexit comme une possible révolution mondiale. L’élection de Trump pourrait être à 1789 ce qui fût 1776. L’élection de Trump, c’est la remise en cause du cosmopolitisme, du politiquement correct, du progressisme de la mondialisation ultra-libérale. C’est le retour des frontières, de la préférence nationale, du conservatisme. Trump donne un nouvel ancrage aux mouvements populistes et réactionnaires du monde entiers. Chaque idéologie a besoin d’un territoire de référence. Les communistes avaient l’URSS. Les islamistes ont le territoire du « califat ». Ou l’Arabie Saoudite. Ou l’Iran. Les ultras libéraux enviaient l’Angleterre thatchérienne, que plus personne n’envie, à part Fillon peut être. L’extrême droite a maintenant l’Amérique. Ni plus ni moins. Et l’Union Européenne dans tout ça ? A part se réformer, que fait-elle ? Elle est totalement isolée, désunie et démunie… Faut-il vraiment encore critiquer l’Union Européenne ? On ne tire pas sur l’ambulance, c’est ce qu’on dit ! Mais la situation de l’Europe est trop préoccupante pour l’omettre.  L’Union Européenne est isolée parce qu’à l’Est, la Russie et la Turquie remettent en cause ses valeurs et se font le chantre de régimes conservateurs et autoritaires, et qu’à l’Ouest, Américains et Anglais non seulement se replient sur leurs îles, mais font souffler un vent nouveau qui pousse les voiles des mouvements « populistes » européens. Ce même vent qui avait jadis fait souffler les frontières annonce leur retour. L’Europe est également désunie. Personne ne s’accorde sur les sanctions russes. L’Allemagne a été désavouée par une crise migratoire qui a jeté de l’huile sur le feu du populisme.  Après la Hongrie de Orban, voici demain l’Autriche de Norbert Hofer. La France, elle, est encore écoutée, mais c’est surtout parce qu’elle a une armée. Mieux ne vaut ne pas commenter les propos de Stéphane Le Foll qui appelait ce jeudi 10 novembre à « renforcer L’Europe de la défense ». Mais l’Europe de la défense, c’est des Luxembourgeois avec des fusils tchèques qui doivent appeler à Bruxelles pour obtenir le droit de tirer! Soyons sérieux.

Enfin, l’Europe est démunie car elle n’a pas de politique commune, pas de vision et pas de stratégie. La France et l’Allemagne tiennent encore les rangs, mais pour combien de temps ? Car dans ces deux pays les élections approchent, et inutile de dire qu’elles s’annoncent à haut risque. Oui, à très haut risque. Surtout en France. On compare déjà Donald Trump à Marine Le Pen. Et pourtant il y a bien un homme qui lui ressemble. C’est un homme lui aussi issu des milieux d’affaires. Il se veut indépendant et en dehors de tout parti. Il n’a pas de programme et base pour l’instant sa compagne sur la communication. Vous devinez? Emmanuel Macron. Non? La comparaison est excessive vous trouvez? Dans ce cas, mieux vaut s’arrêter là.

Jean de La Taille

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