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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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« Chaque membre apporte sa pierre à l’édifice ». Interview CA #3 : liste Up!

Les élections pour le Conseil d’administration ont lieu cette semaine. À cette occasion, la Manufacture a interrogé les trois listes sur leur bilan, mais surtout sur leur nouveau programme. Dernière liste à répondre à nos question, Up! – Unis pour un projet.

Votre liste, c’est qui, c’est quoi ? Quelle est votre philosophie ?

Up ! – Unis pour un projet, c’est une liste qui veut permettre la continuité d’un projet réfléchi depuis longtemps par les deux listes qu’on a fusionné l’an dernier : Déclic et IEP, toutes deux déjà apartisanes.

Conscients des réalités institutionnelles, nous proposons un projet sur le temps long, jusqu’à la fin du mandat du directeur, mais aussi des propositions concrètes à développer sur une ou deux années. Notre philosophie, c’est donc des valeurs : justice sociale, interpromotion et engagement pour et par les étudiants !

On ne se limite pas à l’expérience des plus anciens. On est représentatif de toutes les promotions au sein des murs de Sciences Po Lille, et c’est pour cela qu’une de nos priorités a été d’accueillir de nouveaux membres, convaincus par le projet et proposant de nouvelles idées, afin de répondre toujours mieux aux attentes des étudiants. Ainsi, comme au cours de l’année passée, c’est une liste où non pas quelques élus travailleront seuls que nous présentons mais bien une liste où chaque membre apporte sa pierre à l’édifice et où expérience se mélange avec nouveauté des membres et des idées. Chacun est donc véritablement concerné par les projets que nous portons, par la méthode de travail que nous menons où dialogue et médiation nous permettent d’atteindre des résultats concrets.

Avant de parler des futures élections, parlez-nous de votre bilan

Notre bilan est la preuve que la confiance que les étudiants ont pu nous accorder l’an passé a pu porter ses fruits et fut bénéfique à l’ensemble des étudiants. C’est ce bilan qui nous amènent aujourd’hui à nous représenter devant les étudiants, à leur demander à nouveau leur confiance afin de pouvoir toujours plus appliquer notre projet.

En effet, nous avons su montrer que nous sommes force de propositions et que les projets que nous portons se concrétisent. On vous a déjà parlé longuement des tutorats étudiants, et c’est une avancée essentielle pour limiter le nombre de rattrapages et de redoublements qui freinent la progression des étudiants. Notre bilan, c’est aussi l’amélioration du statut de l’étudiant salarié : on a fait passer de 10 à 8  le nombre d’heures nécessaires pour prétendre à ce statut. C’est une avancée réelle pour favoriser l’accès à ce dispositif à un plus grand nombre ! Enfin, on a aussi poussé l’administration à rendre compte aux étudiants de la réforme du 1er cycle, effective dès la rentrée de septembre 2017. Notre grande consultation auprès des étudiants nous a permis d’exposer et convaincre la direction des études de la manière dont les conférences de méthodes doivent évoluer.

Mais notre bilan, c’est également d’avoir réussi à porter nos projets avec les autres listes. Le travail des élus est marqué par des réunions de travail régulières avec différents acteurs de l’administration et les autres élus étudiants. Par exemple, les autres élus nous ont soutenus pour voter la réforme de la Commission de Vie Associative, et ainsi améliorer la transparence de celle-ci auprès des étudiants et des professeurs.

Quelle est la priorité de votre liste pour le mandat à venir ? Si vous aviez deux idées ou propositions phares à propose, quelles seraient-elles ?

Notre projet, comme on le développe dans notre programme, c’est une cohérence entre différents axes : développer une identité propre pour Sciences Po Lille, améliorer les conditions de vie étudiante pour un IEP plus accessible et plus juste, et enfin accompagner au mieux les étudiants dans la réussite de leurs projets professionnels et associatifs.

Si on avait une priorité pour cette année, ce serait d’abord la réforme des cours en langue étrangère. La réforme du 1er cycle est en marche, donc c’est MAINTENANT qu’on peut agir sur ce problème ! Concrètement, notre idée serait la création d’un test de langue, par internet, avant la rentrée en 1A et en 4A pour faire des groupes de niveaux et donc créer des cours différenciés, vraiment adaptés aux besoins des élèves. Cela se fait déjà à Grenoble, pourquoi pas à Lille ?

Notre deuxième priorité, c’est celle de la création d’un Bachelor délivré en fin de 4A. Et cela, non pas pour créer un diplôme fictif, mais pour pallier à un problème réel auquel sont confrontés les étudiants. En effet un diplôme est parfois indispensable pour avoir accès à des stages à l’international ou pour pouvoir accéder à d’autres écoles ou université en 5A (pour les masters CFI et PPE notamment). Ne bloquons pas nos étudiants dans la réussite de leur projet à cause d’une faiblesse administrative !

 

Qu’est-ce qui distingue votre liste des autres ? Qu’est-ce qui fait la force de votre liste ?

La grande force de notre liste c’est d’avoir su convaincre, ensemble à 9, la direction et l’administration de nous soutenir dans nos projets. La route a été longue pour la mise en place du tutorat étudiant. On a d’abord rencontré des avis plus que sceptiques quant à sa nécessité pour pallier les échecs que bien des 1A rencontrent dans des cours tels le droit et l’économie. Pourtant à force de dialogue et de concertation, on a réussi à démontrer à la direction des études l’impact que celui-ci a sur la scolarité des 1A, et c’est une relation de réelle confiance qui est désormais instaurée entre nous, représentants étudiants de la liste Up, et la direction. Nous savons à présent que nos avis et propositions sont pris en considération, mais cette écoute s’est construite pas à pas en travaillant toute l’année, non en siégeant seulement une fois tous les deux mois en Conseil d’Administration.

Notre force, c’est également d’avoir pris à cœur la responsabilité qui nous incombe, celle de toujours rester accessible et à l’écoute des étudiants. Nous avons été sollicités toute l’année par des étudiantes et étudiants qui nous ont confié leurs difficultés et leurs problèmes, et c’est avec la médiation que nous les avons aidé un à un à se défendre auprès des interlocuteurs adéquats de l’administration.

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Afin de développer l’identité de Sciences Po Lille, vous proposez de valoriser la vie associative de l’école. Ça passe par quoi ?

Valoriser la vie associative, c’est quoi pour nous?  C’est estimer que la vie associative de Sciences Po Lille est riche et forte de projets et qu’elle est même extrêmement bénéfique en terme de compétences acquises à tout étudiant décidant de s’engager dans une association. Nous considérons que ces expériences sont de véritables compléments à la formation  académique que nous recevons à l’IEP. C’est pourquoi plutôt qu’opposer nos engagements associatifs et les enseignements qui nous sont dispensés, Sciences Po Lille devrait en faire ressortir leur complémentarité. L’institutionnalisation de la vie associative a donc toute son importance.

On soutient par exemple le renforcement du rôle du BDE, qui se doit de représenter l’ensemble des étudiants, toutes promotions confondues. Nous souhaitons qu’il soit pleinement engagé dans le dispositif des tutorats étudiants, en mettant directement en contact les tuteurs, les tutorés et les professeurs concernés. A notre sens, le BDE pourrait également être en lien constant avec l’Association des Diplômés et les Ambassadeurs de Majeures, pour l’organisation conjointe de rencontres entre diplômés et étudiants et la mise en place de parrainage étudiants/diplômés.

On soutient également la transformation du BDS en l’Association Sportive (AS) de l’IEP. Projet ambitieux et innovant, cette AS permettrait la participation des étudiants aux championnats universitaires tout en renforçant son autonomie financière grâce à l’obtention facilitée de sponsors.

Surtout, nous allons défendons la mise en place d’une complète banalisation du jeudi-après midi. Depuis deux ans, il existe un créneau associatif de 13h à 15h, mais nous estimons que ce n’est pas suffisant ! En effet, la banalisation complète permettrait à chaque étudiant de pratiquer un sport et de prendre part aux compétitions universitaires. Mais au-delà du sport, cela permettrait aussi aux étudiants de pouvoir avoir une réelle pratique artistique et culturelle. La  banalisation du jeudi après-midi, ce serait la preuve réelle de l’engagement de l’IEP en faveur d’une reconnaissance de la pratique associative, et de l’engagement associatif comme un vrai complément d’enseignement.

 

Une des idées principales de votre programme est celle de la professionnalisation. Sciences Po Lille œuvre déjà en ce sens. Comment renforcer encore la formation professionnalisante ?

Effectivement l’administration œuvre dans ce sens, avec l’embauche de professionnels, la mise en place des cours de Conférence Carrières et Métiers, ou l’alternance en MIC et en CFI. Mais cela ne va pas assez loin et c’est notre volonté de compléter cette dynamique pour que les étudiants d’aujourd’hui soient mieux préparés au monde professionnel de demain.

C’est pour cela que l’on exige la spécialisation des enseignements dès le 1er semestre de 4A, notamment par le regroupement par majeure dans les conférences de méthode. Se spécialiser c’est également pouvoir choisir ses cours « à la carte » pour mieux correspondre à son projet professionnel. Un étudiant en CPC souhaitant faire de la communication politique aurait par exemple tout intérêt à pouvoir bénéficier de cours des séminaires proposés aux MAP.

Ce problème en souligne un autre : celui du manque de cohérence entre les majeures d’un même master (entre MAP/MRPP et DS ou entre CFI et MIC). De plus, favoriser l’accès aux cours électifs d’une autre majeure permettrait d’éviter les doublons : des cours de droit pour préparer les concours en MAP et SIGR, des cours de droit européen communs en MAP et en AFE, etc.

Nous voulons  aussi mettre l’alternance en avant, notamment en MRPP. Les étudiants le demandent ! Mais nous souhaitons surtout que s’établissent une discussion, avec la création d’un groupe de réflexion, sur l’alternance en master. Pourquoi ne pas envisager une alternance en CPC ou encore en CED ?

La préparation au monde professionnel, ça passe aussi par la césure. Ce dispositif permet à l’étudiant d’avoir une année pour développer son expérience professionnelle ou pour réaliser un projet qui tient à cœur à l’étudiant. On propose déjà certains éléments techniques pour sa mise en place après des discussions qu’on a pu avoir avec l’administration à ce sujet : mise en place d’un quota de 25 étudiants par promotion au début, et accès au campus virtuel pour permettre aux étudiants qui la réalisent de conserver leur statut d’étudiant, et ainsi respecter le décret Fioraso.

  

Vous parlez également de justice sociale dans votre programme, signifiant qu’elle est trop peu présente au sein de l’IEP. Comment résoudre ce problème ?

Exiger un enseignement de qualité c’est bien, mais cela passe aussi par un IEP qui prenne en compte les difficultés financières que peuvent rencontrer ses étudiants. C’est dans ce cadre-là qu’on s’est battus pour l’amélioration du statut de l’étudiant salarié.

La justice sociale, elle est présente à Sciences Po Lille. Notamment grâce au programme PEI, environ 25% de nos étudiants sont boursiers. Nous travaillons également sans relâche pour que les enveloppes financières de la Commission d’Aides Sociales et de la Commission pour la Mobilité Internationale soient plus fournies, mais pour cela il faut que les frais modulés qui ont engendré des ressources financières plus importantes pour notre école soient utiles à l’ensemble des étudiants.

Un terrain sur lequel nous ne démordrons pas, et pour lequel nous avons déjà mené de nombreuses discussions avec la direction, c’est celui de la réforme des frais d’inscription !

En 2012, les étudiants de Sciences Po Lille ont vu leur frais d’inscription passer de 1100 euros pour tout le monde, hors boursiers, à un système de 8 tranches progressifs allant de la tranche boursier à la tranche maximale de 3200 euros.  Quel est le problème avec ce système?

Il est double et lié aux tranches: la mise en place de seulement 8 tranches crée des énormes effets de seuil. Cela veut dire que pour quelques dizaines d’euros de revenus en plus, les parents d’un étudiant, ou lui-même, peuvent se retrouver à payer en plus 400 euros de frais d’inscription ! Les effets de seuil s’observent aussi avec la concentration des étudiants dans certaines tranches. Par exemple la tranche à 3200 euros concentrent environ 27% des étudiants, alors que les écarts de revenus pour ceux qui paient cette tranche est énorme.
Notre solution, c’est celle de mettre en place un système “à la bordelaise”. Sciences Po Bordeaux a développé un système où chaque étudiant débourse des frais proportionnellement aux revenus de son foyer fiscal. Pour quelques dizaines d’euros en plus de revenus, les parents d’étudiants ne paieraient pas 400 euros en plus d’un coup, mais connaîtraient une hausse limitée et bien proportionnelle à leur hausse de revenus. On “linéariserait” donc les frais d’inscription afin d’éviter tout effet de seuil, et donc toute inégalité.

La fin des effets de seuil sur les frais d’inscription, c’est un vrai aspect de la mise en place d’une plus grande justice sociale dans une grande école publique comme Sciences Po Lille : permettre à chacun de pouvoir financièrement suivre la formation supérieure qu’il a choisi et pour laquelle il a passé un concours sans se ruiner financièrement.

 

Un dernier mot pour convaincre les étudiants de voter pour vous ?

Le 24 novembre, votez pour une liste qui a eu cette année un réel impact avec un bilan conséquent et qui a su démontrer sa capacité à concrétiser ses promesses,

Pour une liste qui veut développer un projet fédérant les revendications de chacun et chacune, et non pas seulement en répondant à des impératifs partisans ou idéologiques,

Pour une liste qui a su montrer qu’elle associait expérience avec renouveau des idées et des personnes,

Pour une liste qui veut un projet répondant aux attentes des étudiants aujourd’hui mais également quand ils seront diplômés et dans le monde professionnel,

Bref pour une liste avec un programme solide, complet, qui se donne une vision de l’IEP sur 1 an… mais aussi 2,3,4 ans. Un projet à court, moyen et long termes, réfléchi, adapté au mieux aux attentes de chacun !

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