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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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Ma 3A en Turquie – Une année entre Europe et Asie

Depuis maintenant quelques mois la Turquie fait régulièrement la une de l’actualité. Entre attentats, coup d’Etat et purges, le pays d’Atatürk ne fait plus rêver. C’est pourtant là-bas que j’ai décidé de m’expatrier pour un an… Et je ne regrette pas mon choix !

Je l’admets, lorsque j’ai posé pour la première fois le pied sur le sol stambouliote, je n’étais pas très rassurée. Tandis que mon taxi me conduisait de l’aéroport jusque dans le centre d’Istanbul, j’oubliai rapidement le contexte particulier dans lequel je débarquais. D’abord, car mon chauffeur ne semblait pas connaître le code de la route, avait une clope dans une main et le téléphone dans l’autre. Ensuite, car je fus immédiatement émerveillée par la beauté des lieux, par les monuments mythiques qui m’entouraient et par le détroit du Bosphore, là où se rejoignent l’Europe et l’Asie.

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Istanbul n’est pas une ville comme les autres. Celle qui fut anciennement nommée Byzance puis Constantinople possède une position géographique unique qui fait d’elle un savoureux mélange d’orient et d’occident. Istanbul a de multiples visages et chaque quartier possède sa propre identité. Si vous aimez le traditionnel et l’authentique, vous trouverez votre bonheur dans les quartiers conservateurs : vous n’y boirez pas d’alcool mais pourrez y dénicher de splendides mosquées. Si vous préférez les quartiers branchés et animés, vous pourrez faire les boutiques ou faire la fête dans les quartiers ultra-modernes de la ville. Il y en a pour tous les goûts et il est impossible de s’ennuyer !

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La Turquie, c’est aussi un art de vivre. Les turcs sont bien plus détendus que les français, notamment à l’université. Ici, on prend le temps de vivre. Les petits déjeuners peuvent durer des heures. On peut passer tout un après-midi à boire le thé en contemplant depuis les toits de la ville le Bosphore et les minarets qui s’étendent à perte de vue. Prendre le ferry aussi facilement que l’on prend le métro, et entendre cinq fois par jour le doux chant de l’appel à la prière restent des plaisirs du quotidien dont je ne me lasse pas.

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Mais il est bien sûr difficile de parler de la Turquie sans évoquer les problèmes que traverse le pays… Les conséquences du coup d’Etat de juillet ne se ressentent pas au quotidien. Istanbul reste avant tout une ville occidentalisée avec un mode de vie à l’européenne : les derniers évènements n’ont pas changé cela. Tout comme la France, la Turquie est en état d’urgence. Les mesures de sécurité sont par conséquent renforcées. Aussi, il faut s’attendre à subir de temps en temps des ralentissements d’internet ou des coupures d’accès aux réseaux sociaux. Des violences peuvent parfois éclater dans certains quartiers ou lors de manifestations. Il suffit juste de s’en tenir éloigné. Les purges sont bien entendu inquiétantes mais aucune n’a pour l’instant affecté l’Université Galatasaray où j’étudie. La Turquie est très probablement à un tournant majeur de son histoire et il est d’autant plus intéressant de s’y trouver dans ce contexte. Inutile cependant de dramatiser : on se sent en sécurité à Istanbul et la vie quotidienne n’est pas affectée par tout cela !

Istanbul reste à mes yeux une destination idéale pour ceux qui ont soif de dépaysement, ou qui s’intéressent au Moyen-Orient et au monde musulman. Le faible coût de la vie permet de nombreux voyages en Turquie, mais aussi dans les Balkans, dans le Caucase, et bien sûr au Moyen-Orient.

Les partenariats avec l’IEP ne manquent pas. J’ai personnellement choisi l’Université Galatasaray. Tous les turcs connaissent cette université, et pas seulement pour ses liens lointains avec la célèbre équipe de foot. C’est l’une des universités les plus prestigieuses du pays. Elle dispose aussi d’un indiscutable atout : son campus est magnifique et situé juste au bord du Bosphore. Depuis la cafétéria de la fac, vous pouvez profiter d’une vue imprenable sur la ville et sur la mer de Marmara. Attention cependant à ne pas vous faire voler votre déjeuner par un chat (il y en a des dizaines sur le campus) ou par une mouette (histoire véridique) !

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Galatasaray est une petite université à laquelle on s’attache très vite. L’ambiance est familiale et détendue et il est facile d’y faire des rencontres. Même si l’établissement n’a pas été touché par les purges, on peut y voir les conséquences des évènements de juillet : le nombre d’Erasmus est ainsi passé de 250 en 2015 à… 75 aujourd’hui. Si bien que certains professeurs n’ont pas hésité à nous féliciter d’avoir eu le « courage » de venir en Turquie. Nous ne sommes pourtant pas à plaindre ! Mon université a beau bénéficier d’une excellente réputation, mon Erasmus ressemble davantage à des vacances.

Rebecca Thevenon

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