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Revue de presse : pas de répit au Moyen-Orient

Un successeur désigné, une purge politique, un Premier ministre qui démissionne depuis un Etat qui n’est pas le sien… D’étranges manœuvres semblent à l’œuvre dans une région qui ressemble de plus en plus à un échiquier géant où s’opposent saoudiens et iraniens.  

Le rêve de Barack Obama de voir un partage du leadership et un équilibre des puissances s’installer au Moyen-Orient semble enterré. L’arrivée de Donald Trump au pouvoir a non seulement remis en cause l’accord sur le nucléaire qui devait lancer la région vers la voie de la stabilité, mais a également relancé la stratégie d’endiguement de l’Iran, saluée par Israël et l’Arabie saoudite.  

Dans un Moyen-Orient déjà déchiré par les guerres, les récentes manœuvres saoudiennes inquiètent.  En effet, l’Arabie saoudite et l’Iran se disputent le leadership régional sur différents fronts. En Irak, l’Iran soutien des milices chiites face à Daesh. Au Yémen, il s’agit des milices houthistes, contre lesquelles le roi Salman a pris la tête d’une coalition arabe. En Syrie, la solide alliance Russo-syrienne appuyée par l’Iran a permis à Bachar El-Assad de se maintenir au pouvoir face aux rebelles sunnites armés par l’Arabie saoudite. A ces différents fronts pourrait s’ajouter le Liban.  

Il y a une semaine, le prince héritier Mohammed Ben Salman (MBS), fils du roi Salman, a lancé une opération anticorruption visant d’importantes personnalités du Royaume. Dans le même temps, à la surprise générale, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a démissionné depuis Riyad (capitale saoudienne) alléguant une tentative d’assassinat de la part du Hezbollah, première force politique du Liban, qu’il accuse aussi de paralyser le pays et d’être à la solde de Téhéran.   

Tandis que le Liban exige le retour de son Premier ministre et accuse les saoudiens de le détenir contre son gré, le Royaume (ainsi que d’autres Etats du Golfe) a demandé à ses citoyens de quitter le pays. Le Hezbollah a, quant à lui, réagi en qualifiant ces manœuvres de déclaration de guerre de la part de Riyad et a mis en garde Israël contre toute tentative d’ingérence.

Cette même lecture de la situation avait été avancée par Daniel B. Shapiro, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, dans le quotidien israélien Haaretz, dans un article du 7 novembre dernier. Selon lui, le statu quo en Syrie pousserait les saoudiens à vouloir déplacer le terrain du conflit vers le Liban, afin d’y impliquer Israël.

Selon l’hypothèse avancée, le front Syrien étant perdu, il s’agrait désormais de contrer l’influence iranienne au Liban, en provoquant une énième guerre entre Israël et le Hezbollah. L’idée est que ce dernier serait blâmé pour la démission du Premier ministre et la mainmise de l’Iran sur le pays, c’est d’ailleurs le cas dans la déclaration de démission. Pour se relégitimer et consolider la nation derrière lui, le parti chiite chercherait alors à déclencher une confrontation avec l’ennemi Israélien. Une stratégie quelque peu périlleuse du prince héritier.  

Du reste, dans un article de Foreign Policy datant également du 7 novembre, Dov Zakheim s’interroge sur l’existence d’un plan concerté entre Jared Kushner (conseiller et beau-fils de Donald Trump), le prince héritier Mohammed bin Salman et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.   

Si le Président américain a quelque peu chamboulé ses relations avec ses alliés européens, ce n’est pas le cas au Moyen-Orient où il a consolidé ses alliances avec Israël et les Etats du Golfe en désignant l’Iran ennemi commun 

L’article rapporte que depuis que Donald Trump a accédé au pouvoir, Jared Kushner s’est déplacé pas moins de trois fois à Riyad pour rencontrer le prince MBS avec lequel il aurait noué des liens personnels. Ce qui pousse l’auteur à pareille interrogation est à la fois la proximité de Jared Kushner avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et la prétendue visite de MBS à Tel Aviv, siège du Ministère de la défense israélien.  

Le Président Macron a profité de son déplacement à Abu Dhabi pour faire une visite diplomatique furtive à Riyad en pleine nuit jeudi dernier. Se plaçant dans une position de médiation, il a rappelé l’importance du dialogue avec l’Iran, où il se rendra début 2018.

Image : Josiah Bartlet (incarné par Martin Sheen) dans The West Wing, saison 5, épisode 21 (Gaza), écrit par Peter Noah.

Amira Aidel

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