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Côté ciné #10 : Moulin Rouge

Avec Moulin Rouge, Baz Luhrmann signe un long-métrage à la théâtralité débordante aux décors grandioses et aux costumes flamboyants, accompagné par une bande-son inédite, qui mêle chansons populaires, rock anglais et airs d’opéra, pour dépoussiérer le genre musical. 20 ans après sa sortie, Moulin Rouge fait toujours partie des films légendaires de l’histoire des comédies musicales américaines.

Côté réalisateur

Baz Luhrmann, de son vrai nom Mark Anthony Luhrmann, est un réalisateur, scénariste et producteur australien, né en 1962. Il se fait connaître dès son deuxième film, une adaptation contemporaine de la tragédie de William Shakespeare, Roméo et Juliette, qu’il transpose dans le quartier de Verona Beach, à Los Angeles. Sorti en 1996, Roméo+Juliette, porté par un couple de jeunes stars montantes du cinéma américain, Claire Danes et Leonardo DiCaprio, connaît un gros succès critique et commercial. Fort de cette nouvelle notoriété, Luhrmann termine la réalisation de ce qu’il appelle La trilogie du rideau rouge, qui regroupe ses trois premiers films, Ballroom Dancing, en 1992, Roméo+Juliette, en 1996, et donc, Moulin Rouge en 2001. Ce dernier long-métrage est un succès critique et commercial, remportant six nominations aux Oscars.

Ses films suivants divisent davantage la critique, mais remportent encore les box-office restent excellents, en témoigne Gatsby le Magnifique, sorti en 2013, adaptation du roman de Francis Scott Fitzgerald, avec Leonardo DiCaprio et Carey Mulligan, ou sa série Netflix sur la naissance du hip-hop, The Get Down, diffusée entre 2016 et 2017. Luhrmann travaille aujourd’hui sur un biopic consacré à Elvis Presley, prévu pour 2022.

Le réalisateur est connu pour ses mises en scène esthétiques et grandioses, souvent musicales, parfois trop colorées et surtout très kitch. Baz Luhrmann a d’abord travaillé à l’opéra, ce qui se retrouve dans son travail, marqué par une certaine théâtralité. Il est aussi connu pour ses relectures très rock d’œuvres classiques, comme Roméo et Juliette, La Dame aux camélias ou Gatsby, avec des mises en scène très exubérantes, témoignant d’une certaine décadence. On aime ou on déteste, mais on ne peut rester indifférent au style survitaminé de Luhrmann.

Côté scénar’

Moulin Rouge est visiblement inspiré de La Dame aux camélias, le célèbre roman de Dumas, et de La Traviata, l’opéra de Verdi, bien que Luhrmann n’ait jamais revendiqué cette adaptation. Le film raconte l’histoire de l’amour impossible entre Christian, un jeune écrivain anglais installé à Paris, et Satine, courtisane et actrice principale du cabaret du Moulin Rouge. Le décor est planté à la fin du XIXème siècle dans le Paris de la Belle-Epoque, dans le quartier bohème et artistique de Montmartre. Christian, le héros, rêve d’écrire une pièce de théâtre, soutenu par son ami, Henri de Toulouse-Lautrec, qui veut monter un spectacle grandiose pour le cabaret. Mais Christian va vite se rebeller contre cet univers prodigieux mais décadent, où se mêle sexe, drogue et french cancan. S’enchaînent quiproquos sur quiproquos, suivi de retournements de situations improbables, sur fond de répétitions théâtrales et de scènes de chant et de danse endiablées, alors que Christian tente tant bien que mal de monter sa pièce, qui raconte l’histoire d’une courtisane indienne courtisée par un puissant maharadjah, alors qu’elle aime en secret un pauvre joueur de sitar, et qui se trouve être en réalité une véritable métaphore de sa relation amoureuse avec Satine.

Côté casting

Le film est porté par Ewan McGregor et Nicole Kidman, qui forment le couple iconique du film. Leurs performances, que ce soit du côté de l’interprétation, du chant ou même de la danse, furent saluées par la critique : Nicole Kidman sera même nominée à l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de Satine. Le reste de la distribution est complétée par John Leguizamo, qui interprète un Toulouse-Lautrec extravagant, et par Jim Broadbent, qui incarne Harold Zidler, véritable fondateur du Moulin Rouge. Enfin, l’acteur australien Richard Roxburgh, le duc de Monroth, investisseur du cabaret et alter ego maléfique du méchant maharadjah de la pièce.

Côté réalisation

C’est avec ce film que Luhrmann affirme son style si particulier. Ralentis, effets de lumières, surabondance de couleurs, tout y est pour rendre compte du faste de la vie nocturne et parisienne au cabaret du Moulin rouge. La mise en scène spectaculaire de Luhrmann présente un Paris bohème, extravagant et décadent, avec un décor artificiel très théâtral et des costumes très glamour et très graphiques, où les couleurs jouent un rôle important. Outre cette mise en scène théâtrale et impressionnante, ce sont surtout les chansons qui font la force du film. En effet, Moulin Rouge renouvelle le genre de la comédie musicale, en recyclant un large éventail de chansons et de morceaux déjà existants, des années 1940 aux années 2000, interprétées et réorchestrées. Ainsi, le film cultive un décalage total, en brassant diverses inspirations de différentes époques, de différents styles et rythmes musicaux, pour produire finalement une bande-son exubérante, de Madonna à la très classe Marilyn Monroe, en passant par Queen et son fameux The Show Must Go On ou encore par les iconiques Elton John, Beatles et David Bowie. Par ces procédés de mise en scène exubérants, Luhrmann rend avant tout hommage au monde du spectacle et du divertissement.

Côté recommandation

La filmographie de Baz Luhrmann ne plaît pas à tout le monde, c’est certain, mais elle ne rend pas indifférent.e. Si Moulin Rouge peut parfois sembler trop exubérant, trop coloré, trop théâtral, bref trop tout, force est de constater que ce film dépoussière le genre musical par sa bande-son iconique, son inventivité visuelle et l’énergie de ses interprètes. Ce film prend le parti pris de la grandiloquence et du tape-à-l’oeil, soit, mais c’est assumé jusqu’au bout. Enfin, ce film est surtout un petit bijou de mise en en scène, avec un sérieux travail sur les couleurs, sur la photo, sur les décors et les costumes, pour un rendu des plus spectaculaires.

Julie Schoose

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