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Simon Helberg (The Big Bang Theory) à Séries Mania : “J’ai menti pour obtenir un rôle dans un film français”

Le 21 mars, la salle du Nouveau Siècle a eu la chance d’accueillir au coeur de ses spots violets Simon Helberg, acteur américain notamment connu pour son rôle de Howard Wolowitz dans The Big Bang Theory (2007-2019). L’acteur revient sur les douze ans de The Big Bang Theory, la présentation de la série The Audacity qui fait son grand début à Séries Mania, et comment il a menti pour obtenir un rôle dans le film français Annette.

Entretien traduit de l’Anglais.

 

SIMON HELBERG : J’ai été musicien pendant longtemps. J’ai grandi à Los Angeles, j’ai joué du piano, ainsi que du jazz, pour ne pas me vanter. J’ai toujours été la personne la plus drôle dans le groupe de jazz. Ensuite, j’ai étudié à NYU.

PRÉSENTATRICE : Comment ta carrière d’acteur a-t-elle commencé ? Parce qu’on t’a vu dans beaucoup de séries !

SIMON HELBERG : J’ai eu des expériences très différentes. Ça a parfois été difficile mais il faut dire que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai passé un super moment à NYU, j’ai obtenu des auditions, alors j’ai arrêté les études, et je me sens toujours coupable vis-à-vis de ça. En fait, ça été douloureux pendant quelques années, parce que je tournais des pilotes que personne ne venait voir, et tourner ces pilotes me permettait en même temps de payer mon assurance santé. Oui oui, on doit payer notre assurance santé (rires), c’est quelque chose que vous devriez essayer !

PRÉSENTATRICE : On t’a vu dans la série Derek and Simon, aussi.

SIMON HELBERG : Oui, c’était une série produite par nous-mêmes, disponible sur Internet.

PRÉSENTATRICE : Vous faisiez partie d’une nouvelle génération de comédiens humoristes, comment vous sentiez-vous à propos de ça ?

SIMON HELBERG : Je dirais que nous n’étions pas trop imbus de nous-mêmes. C’était l’époque où le Saturday Night Live avait besoin de 80 % de nouvelles personnes. On avait tous la vingtaine et on pensait qu’on allait changer le visage de la comédie, ou quelque chose comme ça. Peu après on m’a proposé de tester pour le pilote de The Big Bang Theory, et j’ai dit “non merci, je n’ai pas besoin de tourner un autre pilote !”, ça montre les erreurs qu’on peut faire.

PRÉSENTATRICE : Vous avez presque failli ne pas aller à l’audition ?

SIMON HELBERG : Je ne voulais pas y aller. J’ai finalement accepté au final, mais c’était comme si je m’en fichais. Et c’est un bon conseil dans la vie, que d’entreprendre des choses s’en vraiment s’en soucier. J’avais beaucoup travaillé sur les pages de dialogues qui étaient nombreuses, mais je me disais “je vais juste m’amuser, c’est sans enjeux”.

PRÉSENTATRICE : C’est clair que ça s’est très bien passé ! Comment vous êtes-vous imprégné de l’essence de Howard Wolowitz ?

SIMON HELBERG : L’écriture présentait très clairement son personnage, dès le début. J’y ai vraiment adhéré. Howard se pense au centre de l’attention, le leader du groupe, le rigolo. C’était un personnage drôle à jouer, il est très confiant et performatif à la fois. Seulement, ses cheveux et ses vêtements le retiennent un peu.

PRÉSENTATRICE : Aviez-vous la place pour l’improvisation quand vous tourniez les épisodes ?

SIMON HELBERG : Non ! Et je ne peux pas plus insister que ça. Chaque mot que j’ai dit, et ça vaut pour tous les autres acteurs, était dans le script. Nous devions tourner un épisode par semaine. Ce sont les scénaristes qui connaissaient le mieux les personnages.

PRÉSENTATRICE : C’est intense, un épisode par semaine.

SIMON HELBERG : C’était un peu comme une année scolaire, et c’était le meilleur planning du monde. On a fait vingt-quatre épisodes par an pendant douze ans.

PRÉSENTATRICE : Est-ce que jouer dans The Big Bang Theory était un peu comme du théâtre ?

SIMON HELBERG : C’était exactement comme du théâtre. Je n’ai jamais vraiment réfléchi aux caméras. C’était une forme hybride entre le théâtre et le film, ce qui était super.

PRÉSENTATRICE : Il me semble que vous êtes un très bon imitateur. Quand avez-vous su que vous pouviez faire ça ?

SIMON HELBERG : Je pense que ça a commencé au lycée, quand j’imitais mes professeurs, ce qui les faisait rire. C’est là que je me suis dit “tiens, je peux faire ça”. Je pense que tout ça vient de l’amour que je porte aux autres, au fond.

PRÉSENTATRICE : On voit une alchimie géniale dans The Big Bang Theory. C’était évident dès le début ?

SIMON HELBERG : C’était en partie beaucoup de chance en termes d’alchimie. Je crois que les bons acteurs s’écoutent. Nous sommes devenus très proches.

PRÉSENTATRICE : Comment médites-tu sur “l’arc” d’Howard ? On découvre un nerd au début de la série, et à la fin c’est un père aimant, avec des enfants.

SIMON HELBERG : En fait, c’est tellement rare d’avoir douze ans pour raconter une histoire ! Au début c’est un “sleazy guy”, mais à mesure que de nouveaux scénaristes sont arrivés, ils ont voulu amener plus de profondeur au personnage, ainsi que d’autres femmes dans la série. C’est vraiment un luxe d’avoir eu environ 300 épisodes.

PRÉSENTATRICE : Douze ans, c’est long. Comment avez-vous dit au revoir à Howard ?

SIMON HELBERG : C’est un peu comme quand vous êtes diplômés à la fin du lycée, c’est très doux-amer. Je sentais que le moment était venu de lui dire au revoir, et je voulais obtenir d’autres rôles à la télévision, aussi.

PRÉSENTATRICE : Vous avez joué dans un film français, Annette (2021).

SIMON HELBERG : Oui, et j’ai menti pour obtenir ce rôle ! Mais qui n’est pas dans le processus de devenir un peu plus français (rires) ? Je suis arrivé au consulat avec un monologue tout prêt en français. Avant de mettre le tampon, ils ont voulu discuter avec moi en français, informellement. C’était terrible.”

PRÉSENTATRICE : Présentez-nous la nouvelle série dans laquelle vous jouez, The Audacity.

SIMON HELBERG : Ça se centre autour de personnes influentes, qui ont en quelque sorte la capacité de décider du sort de l’humanité. Pour moi, les gens à la Silicon Valley recherchent essentiellement l’efficacité. Je ne veux pas en dire trop non plus, pour ceux qui vont découvrir la série ce soir.

The Audacity sera projetée le lundi 23 et le mercredi 25 mars à l’UGC et au théâtre du Nord.


Kim Le Roy

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