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L’Atelier, la radicalité en question

Ecrire un roman policier. Tel est le défi qui s’offre à sept jeunes inscrits en Mission Locale dans la ville de La Ciotat (Bouches-du-Rhône). Défi aussi pour la romancière, Olivia, chargée d’encadrer le processus de création. La confrontation des propositions de scénario et les premières ébauches révèlent au fur et à mesure du film la personnalité d’Antoine, dont la radicalité intrigue Olivia.

Copyright Jérôme Prébois
Copyright Jérôme Prébois

Poussés par Marina Foïs interprétant le rôle de la romancière, les jeunes se lancent peu à peu et proposent des idées. Une seule contrainte : ancrer le roman dans l’histoire de La Ciotat. S’impose alors très vite l’idée des chantiers navals comme décor pour la scène de crime. Fermés dans les années 1980, ces derniers avaient permis l’essor industriel de la ville en employant nombre d’ouvriers, comme le grand-père de Malika venu d’Algérie. Au fur et à mesure des discussions, des personnalités émergent et notamment celle d’Antoine. Celui-ci exprime souvent son scepticisme face aux propositions de ses camarades. Les idées qu’il partage se font de plus en plus violentes, dures.

Copyright Jérôme Prébois
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Inspiré d’une réelle expérience avec un écrivain anglo-saxon, le nouveau film de Laurent Cantet, qui avait réalisé Entre les murs, offre un questionnement original sur le thème de la radicalité. Pour la plupart issus de milieux sociaux plutôt défavorisés, les jeunes opposent leur histoire familiale, leur couleur de peau au cours de longues scènes de débat. Le spectateur se rend alors compte que si radicalité il y a, elle est plutôt propre à la jeunesse qu’à une appartenance religieuse donnée. Le film tord ainsi le cou à l’idée souvent véhiculée dans l’espace public selon laquelle la radicalité serait consubstantielle à la religion musulmane.

C’est bien Antoine, un blanc non musulman, qui regarde des vidéos de propagande sur Internet. C’est également lui qui s’amuse avec des amis à tirer sur des canettes ou à viser des Roms sans toutefois appuyer sur la détente. Le spectateur est le seul témoin de ces scènes de vie, le seul aussi à comprendre qu’il ne faudrait pas beaucoup pour qu’Antoine passe à l’acte. Olivia, elle, ne perçoit cela qu’à travers les propos et les attitudes du jeune homme lors des séances avec le groupe.

Copyright Jérôme Prébois
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L’intensité qui se dégage de Marina Foïs, sincère et convaincante dans le rôle d’Olivia, ainsi que de Mathieu Lucci, incarnant Antoine, sublime la tension qui s’installe entre les deux personnages. Tous deux venant de mondes différents, ils se jaugent, s’intriguent mutuellement. Les manifestations de cette curiosité partagée interrogent en creux la capacité de notre société à réconcilier ces deux mondes.

Julia Camus

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