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10 femmes qui ont changé le monde

Abraham Lincoln, Nelson Mandela, Leonard de Vinci, Gandhi, Martin Luther King,   Benjamin Franklin, Victor Hugo … le culte des héros sur lequel s’appuient nos sociétés ne date pas d’hier. Nous nous appuyons sur des figures consensuelles qui forgent l’admiration de tous pour construire et pérenniser une identité commune. Ces « héros de la morale » , pour citer Bergson, sont représentés comme des personnalités fortes, ayant enduré les grands drames de leur époque et s’étant engagées pour construire un monde meilleur.

Loin de remettre en cause le bien-Image associéefondé de ce culte – à tort ou à raison -, les nouvelles générations demandent une féminisation de la liste suprême. L’entrée de Simone Veil au Panthéon a ouvert la boite de Pandore : l’heure est à la reconnaissance de ces femmes longtemps oubliées des mémoires collectives.

10 FEMMES QUI ONT CHANGÉ LE MONDE :

1. GERMAINE TILLION

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Née en 1907, elle étudie l’ethnologie aux côtés de Marcel Mauss et de Louis Massignon. Rapidement, elle part sur le terrain observer les Chaouis dans les Aurès. La seconde guerre mondiale la rattrape dans son élan et la pousse à lutter contre le régime de Vichy dans la clandestinité. Résistante, elle est déportée  au camp de Ravensbrück au nord de Berlin en 1943 avec sa mère qu’elle perdra en 1945. Elle perd la majeure partie de sa thèse en déportation.

« Deux Africains sont assis au bord du Niger. Ils n’osent pas traverser à cause des crocodiles. L’un dit : « Ne t’en fais pas. Dieu est bon. » Et à l’autre de répondre : « Et si Dieu est bon … pour le crocodile ? ” J’ai pensé : Aujourd’hui Dieu a été bon avec le crocodile.  » (Tillion, en sortant des camps).

Dans Les monstres sont des hommes, elle rappelle que l’inhumanité n’a pas de nationalité : «  Lorsque les allemands parlaient des françaises de la résistance ils utilisaient les mêmes injures que j’ai retrouvées et reconnues avec tant de honte dans la bouche des partisans français lors de la guerre d Algérie […] la preuve qu’aucun peuple n’est à l’abri d’une inflexion par ce mal absolu ».

Portée par son désir de tolérance et de paix, Germaine Tillion s’engage en Algérie et milite contre l’utilisation de la torture comme arme de guerre. En 1999, elle reçoit la Grand-Croix de la légion d’honneur et décide de reprendre sa thèse Il était une fois l’ethnographie qu’elle publiera en 2005. Elle meurt en 2008 et entre au Panthéon le 27 mai 2015.

2. VALENTINA TERECHKOVA

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Valentina Vladimirovna Terechkova naît en Russie en 1937. Elle quitte l’école à 16 ans pour travailler dans une industrie textile mais continue ses études par correspondance. En 1961, elle est choisie par Sergueï Korolev, responsable du programme spatial soviétique, pour être cosmonaute. A 26 ans, Tereshkova devient la première femme à aller dans l’espace et en revient avec des notes précieuses pour identifier les couches d’aérosols dans l’atmosphère.

Femme politique, elle intègre en 1971 le comité central du Parti communiste de l’URSS et obtient son diplôme d’ingénierie en 1977. À ce jour, elle reste la plus jeune femme à avoir volé dans l’espace en solitaire.

3. BILLIE JEAN KING

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Billie Jean King avant d’affronter Bobby Riggs, en 1973

Ancienne numéro 1 mondial, championne de tennis à la tete de 39 titres de grand Chelem, Billie Jean King s’engage pour l’égalité des sexes. Refusant d’être payée moins que les hommes par la fédération de tennis, elle décide d’organiser son propre tournoi et entraîne dans son combat plusieurs des meilleures tenniswomen de son temps. La fédération menace de les licencier mais les joueuses lui tiennent tête.

Engagée pour l’égalité des chances et des salaires entre les hommes et les femmes, Billie Jean King fonde the Women’s Tennis Association qui encourage les sportives et organise des compétitions professionnelles féminines. En 1973, elle dispute le match le plus politique de sa vie : « la bataille des sexes » contre Bobby Riggs, qui se plaît par opportunisme à incarner le patriarcat et le sexisme, notamment en clamant que la place des femmes est en cuisine. BJ King le remet à sa place en trois sets gagnants.

Mariée à l’avocat Larry King, Billie Jean King tombe amoureuse de Marilyn Barnett en tournée. En 1981, elle devient la première sportive à révéler son homosexualité et utilise sa notoriété pour défendre les droits de la communauté LGBT. En 2009, Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la liberté pour son combat en faveur des femmes et des homosexuels.

4. BENAZIR BHUTTO

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Née au Pakistan en 1953, Mohtarma Benazir Bhutto est la première femme à avoir été à la tête d’un Etat musulman. Diplomée de Harvard et d’Oxford, elle rentre dans son pays pour commencer une carrière diplomatique sur les traces de son père, Premier Ministre du Pakistan. Le coup d’état de Muhammad Zia-ul-Haq en 1977 les sépare : lui est condamné à mort et elle s’exile au Royaume Uni.

Depuis l’Angleterre, elle préside le Parti du peuple pakistanais fondé par son père et se réclame du socialisme islamique. En 1986, en pleine dictature, Benazir retourne au Pakistan en héroïne. Deux ans plus tard, après la mort de Zia ul-Haq qui provoque la fin de la dictature, son parti remporte les législatives et obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Elle est nommée Première Ministre à 35 ans, devenant ainsi la plus jeune femme élue démocratiquement à la tête d’un pays musulman.

Elle est nommée pour un deuxième mandat en 1993 mais démise trois ans plus tard par le président pakistanais Farooq Leghari. Accusée de corruption, elle fuit le Pakistan pour échapper à la justice et n’y retourne que huit ans plus tard, soutenue par de nombreux militants. En 2008, deux jours après avoir annoncé sa candidature aux élections législatives, elle est assassinée dans sa voiture alors qu’elle salue la foule par le toit ouvrant. Elle reçoit le prix des droits de l’Homme des Nations Unies à titre posthume.

5. BERTHA VON SUTTNER

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Née en 1843, la barone Von Suttner est une écrivaine autrichienne et militante pour la paix. Après la guerre russo-turque, elle cesse de se cacher derrière un pseudonyme masculin et publie des essais et des romans pacifistes dont Die Waffen nieder ! (Bas les armes!), traduit en 12 langues et adapté au cinéma.

En 1890, Von Suttner crée la Société de la paix de Venise et une société pacifiste autrichienne qu’elle présidera jusqu’à sa mort. Un an plus tard, elle devient vice présidente du Bureau international de la paix et fonde la Société allemande de la paix. Réclamant la création d’un tribunal d’arbitrage international, elle participe à la première conférence de la Haye en 1899.

En 1905, elle reçoit le prix Nobel de la Paix, quatre ans après sa création. Première femme lauréate du prix, elle continue de militer pour la paix et cherche à apaiser les tensions en Europe car elle craint le déclenchement d’une guerre continentale. Elle meurt en juin 1914, quelques semaines avant son déclenchement.

6. WANGARI MAATHAI

Image associéeNée au Kenya en 1940, Maathai obtient à 24 ans sa licence de biologie au Mount Saint Scholastica College dans le Kansas. Elle obtient sa thèse en 1971 et enseigne l’anatomie vétérinaire dans plusieurs universités occidentales. En 1977, elle fonde the Green Belt Movement (Mouvement de la ceinture verte), une association environnementaliste qui milite contre la déforestation et l’érosion du sol. Plus de trente millions d’arbres seront plantés en 16 ans par les femmes de la fondation.

La « femme des arbres » est une militante engagée : après s’être présentée aux élections présidentielles du pays et avoir demandé des élections multipartites et la fin de la corruption au Kenya, elle est emprisonnée et violemment attaquée par le gouvernement. Lancée en politique, elle est élue au parlement en décembre 2002 et fonde le Mazingira (Parti Vert) un an plus tard. Elle devient alors ministre-adjoint à l’environnement, aux ressources naturelles et à la faune sauvage.

En octobre 2004, elle devient la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix pour « sa contribution en faveur du Développement Durable, de la démocratie et de la paix« .

7. SUSAN B. ANTHONY

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Née en 1820 aux Etats Unis, Susan B. Anthony est une élève remarquable marginalisée par ses professeurs qui refusent d’apprendre les mathématiques à une fille. Prise sous l’aile de Mary Perkins, qui lui assure que les femmes peuvent prétendre aux professions intellectuelles, Anthony s’éloigne progressivement de la religion qui lui interdit de travailler et commence son combat pour l’égalité salariale entre les hommes et les femmes.

Dès 1850, elle s’engage dans la lutte pour le respect des droits des femmes et réclame le droit de vote au gouvernement. Après avoir publié une pétition contre l’esclavage en 1836, elle tente d’unifier, vingt ans plus tard, les mouvements de défense afro‑américain et féministes. Elle devient membre de l’American anti-slavery society (Société américaine contre l’esclavage) de New York.

Après avoir fondé l’hebdomadaire The Revolution en 1868, elle fonde the National Woman Suffrage Association (L’association nationale pour le droit de vote des femmes) avec Elisabeth Cady Stanton en 1869. Lors des élections présidentielles de 1872, elle est arrêtée et condamnée pour avoir tenté de voter. Elle meurt en mars 1906, quatorze ans avant la ratification du 19e amendement qui accorde le droit de vote aux femmes américaines.

8. SOFImage associéeIA IONESCU

Née en 1920 en Roumanie, Sofia Ionescu s’intéresse rapidement à la médecine et s’inscrit à l’université de Bucarest. Lorsqu’elle n’étudie pas, elle se porte volontaire pour s’occuper des prisonniers soviets à l’hôpital de Stamate. Elle entre ainsi dans le service chirurgical et pratique ses premières opérations. Alors que les femmes commencent à peine à travailler et occupent des fonctions à faible responsabilité, elle obtient son diplôme de chirurgie et devient la première femme neurochirurgienne du monde.

9. RIGOBERTA MENCHÙ TUM

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Née au  Guatemala en 1959, elle appartient à la communauté des Quiché, l’une des plus importantes de la culture Maya. Marquée par le destin tragique que connaît sa famille – ses parents activistes sont tués par les forces de l’ordre – elle décide de s’engager pour la défense des droits et des valeurs des peuples indigènes et des victimes de la répression du gouvernement.

Son implication dans le film documentaire « Quand les montagnes tremblent » de Pamela Yates et sa biographie “Moi Rigoberta Menchu”, rédigée par Elizabeth Burgos, révèlent au monde la situation des indiens mayas du Guatemala depuis la colonisation du continent. Porte parole de sa communauté, elle participe en 1991 à la préparation par les Nations unies d’une déclaration des droits des peuples autochtones.

Un an plus tard, à 33 ans, elle reçoit le Prix Nobel de la paix « en reconnaissance de son travail pour la justice sociale et la réconciliation ethno-culturelle basées sur le respect pour les droits des peuples autochtones ». Son prix lui permet de créer la fondation Rigoberta Menchu Tum qui contribue à la défense des droits de l’homme et des droits des peuples indigènes. Elle devient ambassadrice des Accords de Paix de l’ONU en 1993 et occupe le poste jusqu’en 2007.

10. HUDA SHAARAWI

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Issue d’une famille égyptienne de haut rang, Huda Shaarawi se voit interdite d’apprendre certaines disciplines comme la grammaire arabe. À 13 ans, on la marie de force à son cousin dont elle divorce rapidement. L’épousant à nouveau sept ans plus tard, elle se laisse entraîner dans son combat contre le protectorat britannique en Égypte.

En 1908, elle fonde un dispensaire et une école pour enseigner la puériculture (soin des enfants en bas âge) et l’hygiène domestique. En 1919, elle participe à la création de la « Société de la femme nouvelle » qui a pour objectif d’alphabétiser les jeunes filles pauvres et de leur enseigner l’hygiène. Quatre ans plus tard, elle fonde l’Union féministe égyptienne pour défendre le droit des femmes et pour permettre aux jeunes filles d’accéder plus facilement à l’Université et à la fonction publique.

À la fin de la première guerre mondiale, elle s’engage dans le combat nationaliste aux côtés de son mari et fonde le Comité central du Wafd (parti politique), dont elle est élue présidente. Féministe engagée, elle décide de ne pas remettre son voile et de poursuivre sa lutte politique le visage découvert. Elle obtient du roi Fouad Ier que l’âge minimum légal du mariage des filles soit fixé à 16 ans et qu’elles aient accès à l’éducation.

Après la révolte arabe en Palestine de 1936, elle tente d’obtenir une condamnation internationale de la déclaration Balfour (dans laquelle le Royaume Uni est favorable à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine) et l’appui du Premier ministre égyptien à la cause palestinienne. En 1938, elle préside la Conférence des femmes d’Orient et se place dans une perspective d’unité du monde arabe. Elle milite pour une plus grande représentation des femmes dans la ligue arabe et dans la sphère politique. Symbole de la lutte pour l’autonomie et la liberté des femmes en Égypte, elle meurt en 1947, cinq ans avant la révolution qui ouvrira à Nasser les portes du pouvoir.

Parce qu’une meilleure représentation des femmes dans la société est une des clés de l’égalité entre les genres, l’heure est à la réhabilitation de celles qui ont tant donné pour l’Histoire qui les a oubliées.

Anne-Lyvia Tollinchi

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