Skip to content

Carnet de FIFB - Un semestre au Kent

Aurore Courtes · 14 décembre 2018

Espagne: 40 ans après, l’heure n’est plus au dialogue

César Casino-Capian · 13 décembre 2018

Marion Crépin y Léa Martinet Jannin ·
11 décembre 2018

Arrow
Arrow
PlayPause
Slider

Kevin Mayer entre dans l’histoire du décathlon.

Dimanche 16 septembre 2018, aux alentours de 19 heures, au Stade de Thouars à Talence, un événement majeur de l’histoire du sport a eu lieu. Un homme a marqué de son empreinte une discipline particulièrement exigeante et difficile.

Son nom : Kevin Mayer. Sa discipline : le décathlon.

Le décathlon, qu’est-ce que c’est ?

Le principe est simple, mais encore faut-il avoir le mental pour y arriver. Pendant deux jours, les athlètes enchaînent dix épreuves, toutes plus différentes les unes que les autres (100 m, 400 m, 110 m haies, 1 500 m, longueur, hauteur, perche, poids, disque et javelot). Le mélange hétéroclite entre précision, rapidité, technique et vitesse de ces épreuves rend ce sport tout aussi unique que cruel.

Retour sur un parcours exemplaire.

Âgée de 26 ans, Kevin Mayer pratique l’athlétisme depuis l’âge de 13 ans et se fait rapidement un nom dans la discipline. En effet, dès 2009 l’athlète fait son entrée dans la cour des grands en devenant champion du monde cadet puis champion du monde junior en 2010. Depuis, Kevin Mayer n’a cessé de s’entraîner pour devenir un athlète incontournable lors des grandes rencontres.

Sa première compétition d’envergure mondiale parmi les seniors s’effectue en 2012 lors des Jeux Olympiques de Londres, où il se classe 15ème. Puis, en 2013 et 2014, il devient vice-champion d’Europe et vice-champion olympique en 2016. Or, l’argent ne lui suffit guère, et tel un guerrier, le décathlonien entame une véritable ruée vers l’or en devenant en 2017 champion d’Europe, mais aussi champion du monde.

Kevin Mayer, c’est aussi un symbole. Il nous prouve que l’échec n’est pas définitif, mais une formidable opportunité pour apprendre. En effet, quelques semaines avant le Décastar, aux championnats d’Europe d’athlétisme de Berlin, le décathlonien français décide d’abandonner la compétition suite à un triple échec au saut en longueur.

Pourtant favori, Mayer préfère arrêter que de subir un échec cuisant. Puis l’athlète finit par affirmer : « je sais que je vais me relever ». Et en effet, après cette erreur de parcours, le compétiteur revoit son programme d’entrainement et entame une préparation physique encore plus exigeante que la précédente. Cinq semaines plus tard, le décathlonien fait alors un retour triomphal sur les pistes d’athlétisme en arrachant à la fois l’or mais aussi le record du monde de la discipline avec 9 126 points (initialement à 9 045 points et détenu par l’américain Ashton Eaton).

Kevin Mayer remporte le saint-Graal pour un sportif de haut niveau et se hisse parmi les légendes de son sport.

Cet homme de talent ne peut que se féliciter. Au-delà des apparences, la préparation d’un athlète est rude. Entre sacrifices, entraînements acharnés et compétitions, le décathlonien a su faire preuve de sang-froid et de courage face à des adversaires plus redoutables les uns que les autres.

Et le Décastar ? Petit point culture

Le Décastar est une compétition internationale d’épreuves combinées datant de 1976, à laquelle Kevin Mayer n’avait pas participé depuis 2012. Le meeting accueille chaque année les meilleurs athlètes mondiaux de la discipline et constitue la dernière étape de l’IAAF (International Association of Athletics Federation) qui récompense les 8 meilleurs décathloniens et heptathloniennes de la saison. C’est pourquoi la compétition est devenu un rendez-vous immanquable pour les athlètes et un moment particulier pour prendre sa revanche vis-à-vis des autres championnats. Cette revanche, Kevin Mayer l’a prise ce dimanche 16 septembre.

Ce rendez-vous permet aussi de mettre en avant le décathlon masculin et l’heptathlon féminin, des disciplines encore peu mises en valeur en France. C’est en ce sens que le nouveau recordman entend œuvré. En devenant le meilleur athlète du monde, Mayer fait aussi la promotion de son sport qui l’a « construit et formé ».

Retour sur 2 jours forts en émotion :

Le meeting débute par l’incontournable épreuve du 100 mètres. Belle entrée en matière pour notre athlète qui bat son record personnel ( 10,55 secondes ) et lui donne une certaine confiance pour la suite. C’est sur l’épreuve du saut en longueur que la pression est palpable. En effet, après l’échec à Berlin, Kevin Mayer veut renouer avec le saut tant redouté et il ne manque pas de le montrer en battant de nouveau son record personnel (7m 80). Puis, le décathlonien poursuit la compétition avec une bonne performance au lancer de poids (16m) et au 400 mètre ( 48,42 secondes ).

À la fin de la première journée, l’avenir de Kevin Mayer commence à se dessiner. Les pronostics vont bon train et certains parlent déjà de record du monde.

C’est lors du saut en hauteur que l’athlète commence à l’effleurer. Malgré des difficultés pour passer les 2 mètres 05, le sportif cartonne et passe devant la référence mondiale avant de reprendre du retard avec l’épreuve du 110 mètres haies.

Mental d’acier et compétiteur hors-pair, le décathlonien continue sur sa lancée et passe devant le record d’Ashton Eaton après le lancer de disque,  pour ensuite creuser l’écart avec le saut à la perche (+ 80 points). Porté par une force et une énergie olympiennes, Kevin Mayer semble désormais inarrêtable. Le lancer de javelot et enfin le 1500 mètres lui permettent de concrétiser ce rêve un peu fou et de signer une performance made in Mayer.

En résumé, le décathlonien a réalisé deux jours de compétition exemplaire et un sans-faute spectaculaire. En devenant recordman, Kevin Mayer entre dans l’histoire du sport français mais aussi international.

Ce record est la preuve que le dépassement de soi et les sacrifices paient toujours. De plus, cette prouesse est le symbole de l’exigence sportive que s’impose les athlètes de haut niveau: ils ne sont jamais totalement satisfaits de ce qu’ils ont accompli ou de ce qu’ils possèdent déjà. Après un titre de champion du monde, Kevin Mayer aurait pu ralentir, baisser le rythme. Or, il a continué à s’entraîner, gardant toujours en tête un seul objectif : la performance. Alors aujourd’hui, on pourrait croire que l’athlète va s’accorder une pause. Mais qu’en est-il de ce titre olympique qui lui échappe encore ? Le rendez-vous est pris en 2020 à Tokyo.

« Je sens que je peux encore largement progresser. Je prends en maturité à chaque décathlon. Pour vous, ça dure deux jours. Mais pour moi, ça dure toute une vie » – Kevin Mayer

Rachel Desmis

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *