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Journée internationale des droits de l’enfant

Il y a 29 ans, le 20 novembre 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Convention internationale des droits de l’enfant à New York. Jusqu’ici « objet de droit », l’enfant devenait alors « sujet de droit » ; on parlait désormais de son « intérêt supérieur » ; on proclamait son « droit à la survie et au développement » et son « droit à l’éducation ». Mais si ce 20 novembre 1989 vint parachever un long processus de reconnaissance de l’enfant, il n’empêcha pas la persistance de multiples situations d’extrême danger et de manque d’éducation des enfants à travers le monde. Ainsi,nous, antenne UNICEF à Sciences Po Lille, avons choisi en cette Journée internationale des droits de l’enfant d’attirer l’attention sur deux situations où les droits à la survie, au développement et à l’éducation des enfants sont particulièrement menacés : le Yémen et le Bangladesh. C’est ainsi le symbole que, 29 ans après la Convention de New York, l’enfance reste plus que jamais un enjeu hautement central de la lutte pour les droits et la survie des hommes et des femmes dans le monde.

Yémen : une immense hécatombe sous l’effet de la malnutrition

Au Yémen, le conflit qui s’intensifie entre le gouvernement yéménite et les rebelles houtistes est à l’origine d’une véritable catastrophe humanitaire où les enfants meurent en masse. La guerre a effectivement entraîné la crise économique, et à travers elle, l’envolée des prix à cause de laquelle il est de plus en plus difficile de se nourrir. Le bilan est très lourd puisque la moitié des enfants du Yémen souffre de malnutrition chronique. Dès leur naissance, les enfants ont un poids très faible et ils entrent de fait dans un cycle de malnutrition qui a un impact négatif sur le développement de leur cerveau. Privés des éléments nutritionnels nécessaires à leur croissance, ces enfants n’atteindront jamais leur plein potentiel. Et cela ne vaut, encore, que pour ceux qui survivent en effet, tous les jours, plus de 80 enfants perdent la vie faute de nourriture. D’autant plus que les enfants sont parfois tout près du combat : l’hôpital Al Thawra d’Hodeïda, qui tente de soigner les enfants atteints de malnutrition, se trouve à deux kilomètres tout au plus de la ligne de front. Depuis leur lit, les enfants qui y sont pris en charge peuvent entendre les bombardements et les tirs, jour et nuit.

Sur le terrain, l’UNICEF et différentes ONG fournissent des produits de première nécessité aux enfants et apportent de l’eau potable à plus de 5 millions de personnes. L’UNICEF a lancé un vaste programme permettant de vacciner et soigner près d’un million d’enfants notamment face aux risques de choléra. Mais dans un pays où la crise économique continue de produire tous ses effets, et où même l’eau est devenue trop chère, il serait irresponsable de penser que cette aide précieuse est suffisante. Les enfants du Yémen sont pris dans une immense catastrophe humanitaire qui les rend malade, annihile leur futur, et les tue.

Rohingyas : les conditions extrêmes des enfants dans les camps de réfugiés

L’été 2017 avait vu plus 600 000 Rohingyas, victimes de violences ethniques et de persécutions, quitter leurs habitations au Myanmar pour se réfugier au Bangladesh. On en compte aujourd’hui près d’un million sur le territoire bangladais. Dans ces migrations, beaucoup d’enfants ont dû marcher des kilomètres durant, sous-alimentés et exténués, au risque de leur vie pour finalement s’établir dans des camps.

La situation dans ces camps est particulièrement préoccupante. Entre les conditions d’hygiène et le manque de place, les enfants ne peuvent prétendre à un développement normal. « Ordures et excréments à même le sol, égouts à ciel ouvert, accès à l’éducation limité… Le quotidien des enfants dans les camps est épouvantable » peut-on lire dans les rapports fréquemment publiés par l’UNICEF. Ici aussi la malnutrition est un problème du quotidien. De plus, d’innombrables enfants ont déjà vécu des tragédies avant d’arriver jusqu’aux camps : viols, mariages précoces et assignation à domicile des jeunes filles, témoins du massacre de leur famille…

Prendre la mesure du défi

A la lumière du Yémen, du Bangladesh mais aussi des problèmes persistants de nutrition au Soudan du Sud, d’eau en RDC, des 2 millions d’enfants de moins de 15 ans qui vivent avec le VIH/Sida, des 63 millions d’enfants privés de collège ou encore des 150 millions de jeunes de 13 à 15 ans dont on estime que les agressions et le harcèlement perturbent l’éducation, cette Journée internationale des droits de l’enfant se doit donc d’ouvrir les yeux sur le sort des enfants à travers le monde.

Si les problèmes n’y sont pas les mêmes, la France n’est également pas épargnée. Ainsi les récentes consultations UNICEF réalisées directement auprès des enfants nous montrent des taux particulièrement élevés de moquerie, homophobie, harcèlement et cyber-harcèlement. Ce 20 novembre peut donc célébrer l’anniversaire du progrès réalisé avec la Convention de New York il y a 29 ans, mais il se veut surtout une invitation à prendre conscience de l’immense défi que représentent aujourd’hui et continueront de représenter demain les droits et les dangers pesant sur les enfants du monde.

L’antenne UNICEF à Sciences Po Lille suit deux objectifs : mener des actions scolaires et culturelles auprès des enfants de la Métropole lilloise d’une part et développer une action de plaidoyer et de sensibilisation à Sciences Po d’autre part.

Elle met en place à ce titre un groupe de bénévoles que chacun peut rejoindre. Retrouvez-nous aussi sur notre page Facebook .

L’équipe de l’UNICEF – Sciences Po Lille

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