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Tournoi des VI Nations – Massacre à la française

Le rugby français victorieux existe toujours, mais pas chez l’équipe la plus suivie par les médias et le public français. En effet, ce weekend ce n’est pas le célèbre XV de France masculin qui a redoré l’image du rugby français, battu à domicile (19 – 24) par le Pays de Galles, mais nos Bleues et les U20, qui font une entrée plus que remarquable dans le Tournoi des VI Nations.

Le XV de France masculin, toujours en échec ?

Les Bleus nous ont offert un match tout en contraste. Alors que la première mi-temps offrait enfin l’espoir d’une belle victoire, maitrisée, la deuxième partie de match est devenu un calvaire pour le public et les joueurs français.

Quarante minutes auront suffi pour montrer ce dont nos célèbres Bleus étaient capables. 16 – 0, cela faisait longtemps que cette équipe n’avait pas aussi bien maitrisé son jeu et son adversaire. Jacques Brunel, le sélectionneur, avait fait le choix d’une équipe renouvelée, avec notamment le retour de Morgan Para, après quatre ans d’absence en Tournoi, mais aussi le grand début de Romain Ntamack, fils du célèbre ouvreur Emile Ntamack. Il avait également fait le choix de proposer une mêlée avec une moyenne de 120kg par joueur, la plus élevée du tournoi.

Cette première mi-temps a montré que nos Bleus étaient capables de prendre des risques, tout en ayant un jeu fluide, construit et rapide, et cela malgré des conditions météorologiques compliquées. Pendant les quinze premières minutes, les gallois ne réussissent pas à passer la ligne des 22 français, alors qu’il n’aura suffi que sept minutes à Picamoles pour aller inscrire le premier essai du match. Il est à noter la puissance de la défense française, qui permet le refus de l’essai gallois à la 17ème, encore une fois grâce à Louis Picamoles, qui revient rapidement et plaque son adversaire lui faisant lâcher le ballon dans l’en-but.

Finalement, cette première mi-temps n’a rien d’étonnant, seulement un jeu maitrisé sans erreur de débutants. Contrairement au mois de novembre, les touches sont parfaites. Les passes sont rapides, et bien exécutées, ce qui rend le jeu plus fluide, à l’image de l’essai de Yoann Huget à la 23ème minute (un rapide jeu de passes, suite à une avancée de Damien Penaud, qui permet à l’ailier du Stade Toulousain de prendre le petit côté pour aller aplatir le ballon). Il est rare de voir les Français aussi communicatifs entre eux, a l’instar des Gallois qui voient leur jeu d’équipe complètement bloqué par la défense des Bleus. Le seul point faible des quarante premières minutes repose sur Morgan Para en tant que butteur qui n’a aucune réussite. Cependant, en laissant sa place à Camille Lopez, ce dernier va clore la première mi-temps sur un superbe drop, qui permet aux Français de mener 16-0.

La deuxième mi-temps n’a rien à voir, ce n’est plus la même équipe. Le premier essai gallois d’Adams est en quelque sorte le début de la fin. Un essai qui arrive bien pour le Pays de Galles, qui n’avait jusqu’alors aucune possibilité en attaque. Mais la blessure d’Atonio, permet une belle percée du joueur gallois. Et c’est une erreur d’Huget qui entraine le second essai gallois (il laisse filer le ballon juste avant l’en-but). Les quinze premières minutes de la seconde mi-temps redonne un ascendant psychologique pour les Gallois. Le jeu des Français se transforme en un immense amas d’erreurs, des passes brouillons, un jeu très peu rapide, facile à anticiper (à l’image de l’essai à la 72ème, une récupération sur une passe haute d’Ntamack). Certes les Français n’ont rien lâché, mais le Pays de Galles reste la 6ème nation du rugby international, même si sur ce match ils n’ont pas vraiment de mérite, profitant des faiblesses françaises.

Mention spéciale

Romain Ntamack, jeune ouvreur français, il a, malgré quelques erreurs de jeu, apporté rapidité et nouveauté dans le jeu français.

 

Le XV de France féminin au sommet : où sont-elles dans les médias ?

Déjà gagnantes du Tournoi des VI nations 2018, les Bleues ont fait une entrée digne des plus grands. Les Galloises n’ont pas eu de répit, l’attaque très forte, a été poussée par un esprit collectif très fort, du début à la fin. Il n’aura fallu attendre que quatre minutes pour que le premier essai des Bleues soit inscrit grâce à un premier effort collectif. Les Françaises de Gaëlle Hermet sont plus rapides que leur ombre, quelques secondes de deuxième mi-temps pour entamer une percée vers l’en-but gallois.

Au final, il y a trop d’essais français pour pouvoir tous les analyser (neuf en tout), mais ce qu’il faut retenir, c’est que nos Françaises sont au rugby français ce que la Nouvelle-Zélande est au rugby international. Ce sont des joueuses qui se font confiance, qui n’ont pas peur de jouer, tout en défendant à merveille. Hargneuses, elles entament un début de Tournoi plus que prometteur, en dépassant les cinquante points contre le Pays de Galles (il ne leur aura suffi qu’une seule heure de jeu pour dépasser la barre des quarante points).

Mais saviez-vous qu’elles étaient appelées les « affamées » ? Hormis le résultat qui a fait quelque peu parler les journalistes français, avez-vous vu le match ? Nos Françaises n’ont effectivement pas la place qu’elles méritent dans les médias. Il suffit de lire les plus grands journaux sportifs, vous ne trouverez que des articles sur les Français et leur échec avec des titres accrocheurs tels que « Les Bleus ont-ils besoin d’un psy ? ». Le stade Montpelliérain était finalement loin d’être plein, et le match diffusé sur une chaîne bien moins importante que France 2.

Si l’on continue de parler de l’échec du rugby français, on oublie trop souvent que nos Bleues sont au sommet du rugby européen, et redore complètement ce sport. Le monde des hommes reste à la une, alors même que ce sont nos femmes qui rapportent les victoires et continuent de nous faire vibrer.

Mention spéciale

Caroline Thomas, pilier et talonneuse de l’ASM, elle inscrit un magnifique triplé.

 

Les affamées nous laissent prévoir un magnifique match contre l’Angleterre dimanche 10 février, alors faites plaisir à La Manufacture et soutenez nos Bleues !

 

Coline Fournier

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