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RAP – Népal, aussi talentueux que mystérieux

Le rappeur parisien Népal est décédé le 9 novembre dernier à l’âge de 25 ans.  La Manufacture revient sur le parcours musical de ce proche du célèbre Nekfeu. Népal, le nom méconnu d’un personnage discret qui a beaucoup compté dans l’évolution du rap français ces dix dernières années. 

Clément Di Fiore alias Népal, né le 18 novembre 1994 et mort le 9 novembre 2019 était un rappeur et beatmaker parisien. Connu pour appartenir au collectif de la 75ème session qu’il a co-fondé et qui a participé à l’émergence de rappeurs tel que Lomepal ou Georgio. Rappeur trop méconnu et discret par son style et son absence de communication, il formait avec le rappeur Doums, membre connu du groupe l’Entourage, un duo appelé 2Fingz qui a produit notamment une session de 65 morceaux.

Népal était une exception dans la multitude des rappeurs français, comme écrit précédemment il faisait valoir son anonymat comme un rempart face à la célébrité. Toujours masqué, encapuchonné ou maquillé dans ses clips et concerts, Népal renforçait sans le vouloir son aura au sein du rap français.

Ayant commencé le rap en 2011 à l’âge de 17 ans, on constate alors jusqu’à sa mort en 2019 une succession de mixtapes réalisées en collaboration en premier temps avec Doums puis en 2014 seul avec un premier projet intitulé 16par16.

Toutefois ses projets phares sortent dès 2016 avec le double EP « 444 Nuits » et le titre « Rien d’spécial » qui le propulsent dans la jeune génération de rappeurs émergents. Dans ce projet on peut voir le talent de l’artiste qui joue de la synesthésie musicale permettant d’associer la vue à l’ouïe au sein des deux visions Rouge et Bleue de cet EP. À découvrir ici 

En 2016 également, Népal collabore avec Nekfeu sur son album Cyborg dans la chanson « Esquimaux » où la plume du rappeur joue à jeu égal avec celle de Nekfeu et où les paroles pleines de références s’enchaînent les unes aux autres de façon fluide. Ce n’est pas sa seule collaboration avec cet artiste extrêmement célèbre puisqu’il compose également pour lui le titre « Humanoïde » toujours dans le même album et enfin « Oui et non » dans son dernier album «  Les Etoiles Vagabondes ».

En 2018 Népal sort l’EP « KKSHISENSE8 » prouvant sa maîtrise des codes de la culture japonaise commune avec d’autres rappeurs tel que Nekfeu, et enfin son projet 2016-2018 comportant quatorze morceaux est le plus récent puisque sorti en 2019.

Son décès survenu le 9 novembre et rendu public le 20 novembre dernier est des plus tragique car le rappeur s’apprêtait à dévoiler son premier album solo le 10 janvier 2020 intitulé « Adios Bahamas » ainsi que de nouveaux clips musicaux. Népal était un rappeur mystérieux, humble et secret mais semblait également faire preuve d’un profond mal-être comme cette phrase le prouve « La vie c’est une brasse : Tu peux sonder les abysses ou nager en surface »  dans le son « Rien d’spécial » ou encore « J’repousse l’heure de dormir, mes rêves pourraient régler mes problèmes trop vite » dans la chanson « Niveau 1 ».  Les circonstances de sa mort restent actuellement floues on ne connaît pas exactement les vraies raisons de son décès mais d’après des sources fiables, l’artiste serait mort défenestré.

Avec sa mort, le rap français perd un élément clé et polyvalent tant par sa capacité à composer ou produire différents sons mais également par l’unicité de ses paroles alternant un grand nombre de références plus ou moins compréhensibles par le plus grand nombre comme dans la chanson Règlement Space #3 où Népal proclame « TBT La Folie des Glandeurs, deux fois à Londres et j’ai jamais vu Camden » en référence au throwback Thursday qui est une tendance Internet populaire ainsi qu’à la Folie des Grandeurs qui est une mixtape du groupe 2Fingz.

Zoé Faucher

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