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Confinement : des mesures efficaces contre les violences faites aux femmes ?

En cette période de pandémie, si tout le monde est focalisé sur le coronavirus, les violences faites aux femmes ne s’arrêtent pas pour autant. Elles sont même en forte augmentation depuis la mise en place du confinement : le gouvernement fait le constat d’une hausse de 30% des violences, et déjà 2 féminicides.

Ces violences sont une conséquences directe du confinement, comme nous l’explique Anne-Cécile Mailfert (présidente de la Fondation des Femmes) : “les femmes victimes de violences sont coincées toute la journée avec leur agresseur dans une période de stress et d’angoisse. Cela multiplie le risque de passage à l’acte”. Une situation alarmante, quand on sait que face à cette recrudescence des violences conjugales, le numéro d’urgence 39-19 mis en place depuis septembre dernier a réduit son fonctionnement, et est pratiquement injoignable. A l’heure où le message du gouvernement est de #restezchezvous, quelles possibilités ont les victimes de violences pour fuir un foyer dangereux ?

Des initiatives de numéros de secours

Le ministre de l’Intérieur a déclaré renforcer les interventions à l’aide la plateforme internet de signalement, avec « des gendarmes ou policiers qui répondent 24h sur 24h ». Le gouvernement appelle d’ailleurs à écrire au 114, numéro d’alerte par SMS, auparavant réservé aux personnes sourdes et malentendantes : lorsque l’on ne peut pas sortir de chez soi ni faire de bruit, ce numéro permet donc d’alerter police, gendarmerie, SAMU et pompiers par SMS.

La secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a également fait savoir qu’un numéro d’écoute pour les auteurs de violences est aussi mis en place.“Nous créons le 08.019.019.11, ligne ouverte du lundi au dimanche, de 9h à 19h. Le but est d’écouter les hommes qui se sentent au bord du passage à l’acte pour prévenir les violences, les éviter”.

Les pharmacies au secours des victimes

Dans une tribune signée lundi par 172 sénateurs et sénatrice, les parlementaires ont alerté le mois dernier sur “les risques auxquels sont exposés les femmes et les enfants dans les foyers violents” en temps de confinement. Le gouvernement a répondu à cet appel en rappelant que, bien que sortir était interdit, fuir était autorisé.

Christophe Castaner, a annoncé la mise en place d’un système d’alerte dans les pharmacies, avec le code « masque 19 » pouvant être utilisé par la victime si elle est accompagnée de son conjoint. Ce dispositif d’alerte en pharmacie a d’ailleurs été utilisé pour la première fois ce samedi 28 mars à Nancy. Une jeune femme a ainsi pu signaler les menaces de son compagnon, aussitôt interpellé à leur domicile, placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre chez eux et de la contacter.

Des associations au rendez-vous

De leur côté, les associations de protection des femmes se retrouvent elles aussi en première ligne du combat, et tentent de répondre aux demandes des victimes, malgré la situation du confinement qui ralentit leurs actions. « Pour faire face à l’accroissement des appels au secours pendant le confinement », explique Anne-Cécile Mailfert pour France 3, « les associations doivent avoir plus de moyens financiers, plus d’outils numériques pour le télétravail, comme des ordinateurs, des téléphones portable. Il leur faut également des places d’hébergement d’urgence. Nous avons recensé leurs besoins, trouver des partenariats et des fonds, puis nous redistribuons aux associations en fonctions de leurs besoin ». L’association de la Fondation des Femmes a donc lancé le dispositif “Toutes solidaires”.

Plus de 30 000 personnes avaient manifesté en novembre 2018 à Paris contre les violences sexistes et sexuelles, sous l’initiative de l’association Nous Toutes.

Des particuliers, des entreprises privées ou publiques soutiennent cette initiative. Le groupe d’assurances mutualistes, Covéa a apporté une aide financière de 500.000 euros, la société d’investissement en immobilier, Gecina a mis à disposition des logements au sein de résidences en Île-de-France, Accor s’est proposée de mettre à disposition des chambres d’hôtels sur tout le territoire. “Des dons de particuliers ont permis également de collecter près de 90 000 euros”, poursuit Anne-Cécile Mailfert. Grâce à cette opération, la Fondation des Femmes a ouvert près 70 places d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences dans une résidence en Île-de-France. Des chambres mises à disposition par un bailleur social solidaire. Au total en France, ce sont près de 320 places d’hébergement d’urgence qui ouvriront jusqu’au 31 juillet.

 

Malgré la mise en place de ces différents dispositifs pour lutter contre les violences faites aux femmes durant le confinement, l’association Nous Toutes en appellent aux proches et au voisinage en rappelant que chacun peut agir à son niveau : “Mieux vaut avoir un doute et contacter la police, par téléphone ou via le chat dédié, que de mettre en danger la vie d’une femme ou d’une famille”.

Au moindre doute, contactez les bonnes personnes :

3919 : numéro d’écoute et d’accompagnement. En période de confinement, il est ouvert du lundi au samedi, de 9h à 19h.
114 : numéro d’urgence pour les personnes sourdes ou malentendantes ouvert à toutes pendant le confinement.
119 : SOS enfants en danger.
17 ou 112 : police secours.
arrêtonslesviolences.gouv.fr : plateforme d’échange avec des policiers et des gendarmes disponibles 24h/24.

Enora Paniez

 

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