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Carnet de 3A à Séoul (Corée du Sud) – Périple au Pays du Matin calme

Le murmure de la ville, l’odeur après la pluie, la lumière si particulière du soleil tombant sur le fleuve Han, le froid mordant des jours d’hiver. Mes sens étaient constamment en éveil à Séoul, c’est ce qui explique sûrement la prégnance de mes souvenirs. Il est des expériences qui nous marquent et nous changent. Celle-ci en est de loin le meilleur exemple. Périple de 3A par Théophile Drieux au pays du Matin Calme.

Le soleil se lève lentement sur Yongsan-gu, en cette fin de mois d’août. Les gratte-ciels situés de l’autre côté du fleuve Han (le Hangang) se reflètent dans l’eau. Le ciel est clair, la lumière dorée. L’immense ville semble encore calme à cette heure. Mais elle ne dort jamais, comme en témoignent les innombrables restaurants, bars et supérettes qui ne ferment jamais boutique. Bientôt les métros se rempliront et les avenues à 8 voies seront bouchonnées. Gangnam accueillera ses centaines de milliers d’employés habituels, tandis qu’autant d’étudiants se presseront sur les campus des innombrables universités de la ville. Certains seront d’ailleurs restés toute la nuit à la bibliothèque. Bien sûr, des centaines de personnes rentrent au même moment de soirée, qu’elles aient passé la nuit à Hongdae, Itaewon ou Gangnam, à manger, boire et danser pour tenter de relâcher la pression. Sur leur chemin, elles auront peut-être croisé les éboueurs qui tournent toute la nuit pour s’assurer que la ville reste d’une propreté irréprochable, même dans les places les plus animées. Chacun aura pu se rendre au convenience store du coin, pour se procurer nourriture, tabac ou alcool à bas prix et à toute heure. Il n’est que 6h du matin, mais Seoul semble vivre à chaque instant.

Vue panoramique sur Yongsan-gu, Seoul.

L’arrivée à Séoul

J’ai débarqué à l’aéroport d’Incheon, le plus grand de Corée du Sud, le 16 août 2019 après 15 heures de voyage et une escale à Istanbul. Malgré la fatigue, je garde un excellent souvenir de mon arrivée, en grande partie grâce à la facilité de récupérer des informations et se repérer dans cet aéroport ultra-moderne et lumineux. Le premier souvenir marquant de mon premier jour en Corée reste cependant mon premier trajet en AREX (Airport Railroad), le « métro » aéroport qui relie Incheon International à Seoul. Ce train, annoncé par un jingle qui reste en mémoire à quiconque l’entend, est le plus propre et spacieux qu’il m’ait été donné de voir. J’ai aussi été marqué par le silence qu’il y régnait, et plus globalement par la tranquillité du voyage. En grande partie en extérieur, le trajet Incheon-Seoul dure une heure environ, en fonction de la destination. Cette durée, qui peut paraître relativement longue, est finalement représentative des transports séouliens dans leur ensemble.

Se déplacer dans la ville

La ville est grande comme 6 fois Paris et l’aire urbaine de Seoul (Seoul Metropolitan Area) accueille 25 millions d’habitants, soit la moitié de la population sud-coréenne. La densité de population de la ville explique donc l’ampleur du réseau métropolitain. Le métro de Seoul est d’une propreté impeccable et est très sûr, comme la ville en général. Pour l’aspect plus pratique, j’ai quelques conseils et astuces à te donner si tu choisis la Corée pour ta 3ème année : utilise l’application Kakaomap pour tous tes déplacements (avec ou sans transports), elle est très précise et bien faite (mais il faut maîtriser l’alphabet coréen pour profiter de toutes ses fonctionnalités). Pour prendre les transports, il te faut une carte T-Money que tu devras recharger avec des wons coréens et qui te permet de prendre le bus, le métro et même de payer dans les convenience stores (supérettes souvent ouvertes 24/7). Lors de ma 3A, le coût d’un aller de métro était de 1250won (1€ environ en 2019), prix pouvant augmenter selon la distance parcourue (un peu comme Paris et ses zones). Pour conclure cette partie transports, tu peux aussi choisir de prendre des taxis, en particulier pour rentrer de soirée (le métro s’arrêtant un peu après minuit). Plutôt abordables (si on compare les prix à ceux pratiqués en France), ils sont la meilleure option pour rentrer de soirée, en particulier si tu te trouves à l’autre bout de la ville.

Aux alentours de Jamsil, Seoul.

J’ai eu deux logements durant mon séjour à Seoul. À mon arrivée, j’ai emménagé dans un appartement situé à Itaewon (Yongsan-gu), quartier situé non loin du Hangang (fleuve Han), sur sa rive Nord. Mon appartement se trouvait dans un immeuble à 2 étages dont le style rappelait celui des constructions des années 1970. Il était situé sur Usadan-ro, une rue assez peu connue mais très variée dans ses commerces : galeries d’art, friperies, restaurants, bars, coiffeurs… Au tout début de la rue se situe la grande mosquée de Seoul, c’est pourquoi Usadan-ro et toutes les rues proches de la mosquée concentrent une bonne partie des restaurants halal de la ville. J’ai ensuite déménagé dans maison où je vivais en colocation avec 5 autres personnes. Située à la station Hannam, elle se trouvait à quelques minutes de mon ancien logement et était encore plus proche du fleuve, que je voyais depuis la maison. Les environs de la maison étaient également plus calmes. J’étais légèrement plus éloigné du centre d’Itaewon mais je pouvais m’y rendre en 15 minutes à pied, ce qui est très peu à l’échelle de Seoul.

Quartier d’Itaewon

Itaewon est connu pour être le quartier « international » de la ville, c’est pourquoi on y trouve énormément de restaurants servant des plats du monde entier. Itaewon est aussi (et surtout) l’un des quartiers les plus festifs de Seoul. La vie nocturne y est très riche, on trouve de nombreux bars et clubs autour de la station. J’ai passé la plupart de mes soirées à Itaewon par facilité, vivant dans le quartier. Cependant, faire la fête à Seoul ne se limite pas à cet endroit, bien au contraire. Les quartiers de Hongdae, de Kongdae ou encore de Gangnam sont aussi de très gros spots pour sortir. Cette ville ne dort jamais et tu trouveras toujours quelque chose à faire à Seoul, ce qui en fait une excellente destination pour ta 3ème année.

J’ai décidé d’arriver en Corée 2 semaines avant le début des cours afin de me familiariser avec la ville et d’avoir le temps de la visiter un petit peu avant la reprise. Seoul est une ville incroyable de par sa richesse culturelle. Chaque quartier possède ses spécificités, ses particularités qui le différencie de tous les autres, c’est pourquoi je n’ai jamais ressenti la moindre lassitude durant mon séjour dans cette ville. Seoul est une ville ambivalente où se mêlent quartiers traditionnels, lieux historiques et gratte-ciels ultramodernes et ultra connectés. Aux visites des 5 palais royaux ou de Bukchon Hanok Maeul (« village » traditionnel) se succèdent de longs après-midi dans les rues commerçantes pleines de néons de Myeongdong ou Jongak. Entre les deux se trouve Cheonggyecheon, une rivière artificielle de 6km le long dans laquelle les Coréen.ne.s aiment se poser pendant les beaux jours. Enfin, comment ne pas évoquer les différentes randonnées possibles dans les grands parcs de la ville, sur les monts comme Namsan et Ansan, ou encore à Bukhansan, parc national situé au nord de la ville très sympa à explorer.

Palais royal Gyeongbokgung, Seoul
Jardin du Matin Calme, district de Gapyeong, Corée du Sud

Voyager

Il est très simple de voyager en Corée et depuis la Corée. Cela fait du bien de partir un peu de Seoul et de changer d’air. À moins de 40km de la capitale coréenne se trouve le Jardin du Matin calme, un parc arboré et fleuri particulièrement joli en automne, lorsque les feuilles rougissent. J’ai adoré cet endroit même s’il n’est pas simple d’accès (plusieurs moyens de transport sont nécessaires, mais cela vaut vraiment le coup). Pour des week-ends hors de Seoul, Busan et Gyeongju sont de très bonnes options. Busan est une ville côtière du sud de la péninsule. Grand port bénéficiant d’un emplacement stratégique entre Japon et Chine, Busan est souvent privilégiée pour son climat plus doux et les nombreuses activités que l’on peut y trouver.

Busan, district de Yeongnam, Corée du Sud

Quant à Gyeongju, elle est la ville historique par excellence en Corée. On y trouve encore de nombreux hanok (maisons traditionnelles) et l’ambiance y est authentique. Enfin, l’île de Jeu semble être un incontournable même si je n’ai malheureusement pas eu l’occasion d’y aller (merci Corona). Accessible en avion depuis Seoul, cette île volcanique remplie de parcs naturels est un endroit parfait pour de longs weekends. Il y a donc énormément de choses à faire et à voir en Corée, si Seoul commence à te fatiguer.

Parlons maintenant des voyages en-dehors du territoire coréen. Je n’ai pas pu sortir de la péninsule avant mi-novembre, en raison du délai d’obtention de ma carte de séjour (indispensable pour pouvoir sortir et rentrer en Corée).

Osaka, Japon

Mon premier voyage a été Osaka, le trajet ne durant pas plus d’une heure et demie et restant très accessible. Osaka étant une ville très chère, c’est par ce voyage que j’ai véritablement compris que le coût de la vie à Seoul est peu élevé en comparaison, d’où le niveau de vie vraiment confortable que j’avais en y vivant.

Baie d’Halong, Vietnam

Plus tard, et pendant mon winter break de 2 mois et demi, je suis parti avec ma coloc en roadtrip en Asie du Sud-Est. La longue durée de nos vacances nous a permis de visiter 4 pays en y restant une à deux semaines chacun. Voyager depuis l’aéroport d’Incheon est vraiment simple, ce dernier étant un hub majeur en Asie.

Manger à Séoul

Parlons nourriture. J’ai personnellement adoré la nourriture coréenne mais il m’a fallu un temps d’adaptation pour ce qui est des épices. Les plats piquent. Beaucoup. J’en ai payé les frais en m’essayant au Tteokbokki (gâteaux de riz avec du poisson et une sauce bien piquante) lors de mon 4ème jour dans le pays. Mais j’ai fini par m’y habituer, et encore aujourd’hui je continue de manger plus épicé que je n’en avais l’habitude avant mon séjour à Seoul. Point négatif : le végétarisme n’est pas mis en avant en Corée du Sud. Il est compliqué de manger végétarien lorsque l’on mange à l’extérieur, tant la viande est omniprésente dans la nourriture. Pas en grande quantité mais présente quand même. Quant au véganisme, c’est encore pire. À moins de manger quasi exclusivement chez soi, il est très complexe de suivre ce régime alimentaire en Corée, même dans la ville capitale. Et cela reviendra toujours plus cher, ne serait-ce que parce que manger dehors revient parfois moins cher que cuisiner chez soi.

Bibimbap savouré dans le quartier de Bogwandong, Seoul

C’est assez incroyable et j’ai du encore mal à l’expliquer, mais faire ses courses coûte parfois très cher, surtout pour acheter des fruits (malheur) et certains légumes. À l’inverse, on peut tout à fait manger en extérieur pour 3-4€ son plat, d’où l’apparition d’une certaine flemme de cuisiner qui persiste encore 6 mois après mon retour. Quant aux boissons, il y a des coffeeshops un peu partout en Corée, beaucoup étant des chaînes (Starbucks, Ediya, Bluepot…). Le prix reste très correct mais écologiquement parlant leur bilan reste très mitigé : le tout plastique est souvent la règle, et paradoxalement ce sont les chaînes internationales qui mènent la danse en matière de recyclage et de réduction du plastique. Il en est de même pour les fastfoods. Enfin, pour ce qui est de l’alcool, le soju est très bon marché (1€50 à 2€ la bouteille) tout comme l’alcool de riz Makgeolli. Le soju aromatisé rendra tes soirées douces (il tape plus vite qu’on ne le pense, fais attention) mais pitié, évite les bières. Après 2 ans à Lille, la déception n’en serait que plus intense.

L’université

Ma dernière « rubrique » concerne les universités séouliennes, ces immenses campus accueillant des dizaines de milliers d’étudiantes et étudiants malgré leur coût (12.000$ l’année pour la mienne). J’ai étudié à Chung Ang University, située sur la rive sud du Hangang, dans le district Dongjak-gu. Créée officiellement au début du XXème siècle, cette université s’est peu à peu agrandie, ce qui explique l’éclectisme de ses bâtiments et la différence de niveaux impressionnante qui peut apparaître sur le campus. Certains d’entre-eux faisaient 12 étages et comprenaient 5 niveaux souterrains supplémentaires (les ascenseurs étaient toujours pris d’assaut bien évidemment…).

Chung Ang University en automne, Seoul

La fac n’est pas vraiment ce que j’ai préféré durant mon séjour à Seoul mais j’aimais tout de même m’y rendre, le campus ayant des installations très complètes : cafés, restaurants universitaires, restaurants, fast-foods, supérettes, coiffeur et même fleuriste. Il ne rivalisait cependant pas avec celui de ma coloc, Chloé, qui étudiait à Ewha Womans University. Le campus, fondé plus tôt que celui de Chung Ang, est très verdoyant et ressemble aux vieux campus américains. Les couleurs automnales à Ewha étaient magnifiques. Enfin, la fac bénéficiait d’un emplacement très appréciable car très proche de Hongdae et entourée de boutiques et restaurants.

En conclusion

Jonggak Station, Seoul

La pandémie de Covid-19 a eu raison de mon second semestre à Seoul, et je suis rentré en France début mars 2020. J’ai eu la chance de passer une dernière semaine à Seoul avant mon départ et ainsi de dire au revoir à mes amis et à cette ville qui m’a tant marqué. Même 6 mois plus tard je continue de repenser à cette année, ces expériences, ce moment unique dans cet incroyable pays. Me reviennent aussi et surtout ces éléments anodins et routiniers qui nous restent étonnamment en mémoire. Le stand de kimbap en face de mon premier appartement tenu par Otto, le bar du propriétaire de ce même appartement où je me rendais souvent, les boutiques d’antiquité le long de la route que j’empruntais pour aller boire un verre à Itaewon, les montées du mont Namsan pour parvenir à la Tour et admirer la vue panoramique sur la ville.

Le murmure de la ville, l’odeur après la pluie, la lumière si particulière du soleil tombant sur le fleuve Han, le froid mordant des jours d’hiver. Mes sens étaient constamment en éveil à Seoul, et c’est ce qui explique la prégnance de mes souvenirs. Je sais que j’y retournerai un jour, le contraire ne me paraît pas envisageable. Il est des expériences qui nous marquent et nous changent. Celle-ci en est de loin le meilleur exemple. Je ne pourrais que recommander cette destination pour ton année de mobilité, tant je donnerais cher pour pouvoir revivre ces moments. J’achève donc ce carnet de 3A par un hommage à la Corée, à Seoul, à celles et ceux que je considère désormais comme mes ami.e.s. Et aux jingles du métro et de l’AREX parce que je les aime vraiment énormément.

                                                                                                                                            Théophile Drieux 

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