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Présidentielle 2017 : Il n’est pas trop tard

En cette journée mondiale de la liberté de la presse, il me semble de bon ton de rafraichir les esprits sur ce qui est en train de se passer aujourd’hui en France. Plus personne ne semble horrifié de voir le Front National accéder au second tour de l’élection présidentielle, et pour un peu il y aurait même de quoi se réjouir, il n’a obtenu « que » la seconde position ! Pis encore, les plus féroces adversaires du FN (soi-disant), sont en train de baliser le terrain pour permettre à Mme Le Pen d’accéder à l’Elysée, tout en douceur, sans accroc, en refusant à gauche comme à droite d’appeler clairement à voter pour Emmanuel Macron. Nous sommes tombés sur la tête. Que les plus protestataires en soient fiers : à jouer avec le feu, vouloir lutter contre le système et faire table rase, ils risquent de réussir à tout embraser. Et les libertés de la presse avec.

Le clan Le Pen a toujours eu des mots très véhéments à l’égard de la presse, ce n’est pas moi qui vais vous l’apprendre ; et à ce petit jeu, « Marine », comme l’appellent ses partisans qui tentent de faire oublier qu’elle est avant tout une Le Pen et la digne héritière de son père, n’est pas en reste : « sans liberté de la presse, pas de liberté d’opinion, pas de liberté d’expression. En un mot : pas de démocratie ». Des mots de Madame Le Pen tenus le 4 janvier 2017.

Des attaques verbales…

Oups ! Me serais-je fondamentalement trompée sur la position de la fille de Jean-Marie Le Pen sur les médias ? Cela me ferait presque sourire tant ces propos respirent l’hypocrisie et la mauvaise foi. Histoire de rester dans l’actualité récente, rappelons qu’elle traitait volontiers les médias de « petits fayots du pouvoir » (en meeting dans la Drôme le 24 février), qui ne cessent « de dénigrer, de caricaturer, car ils ne savent faire que ça » (meeting à Bordeaux le 2 avril), les accusant de faire de la « propagande » (au JT de 20h sur France 2 ce 1er mai).
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Mais aussi des atteintes inadmissibles à la liberté de la presse

En sus de cela, il est une chose vraiment inquiétante, dont personne n’a semblé s’alerter outre mesure malgré les avertissements lancés par une trentaine de sociétés de journalistes : Madame Le Pen n’aura même pas attendu d’être éventuellement présidente pour porter concrètement atteinte à la liberté de la presse. Comment croire une seule seconde en son pseudo-engagement en faveur de la liberté de la presse, en sa volonté de permettre aux citoyens de retrouver une vraie liberté d’information, quand elle décide de sélectionner les journalistes qui auront le droit de la suivre sur le terrain ? Et en faisant cela, de filtrer les informations auxquelles vous aurez accès ?

C’est ce que dénonce la trentaine de sociétés de journalistes qui ont signé la pétition publiée la semaine dernière, révélant les entraves du FN à leur liberté d’exercer leur métier :

« A l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. Ainsi, après Mediapart et Quotidien (et avant lui Le Petit Journal), l’AFP, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives. Il ne s’agit donc en rien d’un recours à la pratique du “pool” de journalistes où les informations et images sont partagées.

Nous protestons de la manière la plus ferme qui soit contre cette entrave à la liberté de faire notre métier et de remplir notre devoir d’informer.

Il n’appartient pas à une formation politique, quelle qu’elle soit, de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique dans notre société. »

Article paru dans "VSD" en mars 2011. En sous titre : "La montée du FN dans les sondages ? La faute des médias et des sondeurs, assurent certains politiques. Et on fait quoi ? On n'en parle pas ?"
Article paru dans « VSD » en mars 2011. En sous titre : « La montée du FN dans les sondages ? La faute des médias et des sondeurs, assurent certains politiques. Et on fait quoi ? On n’en parle pas ? »

Oui, informez-vous librement, surtout quand les seules sources vérifiées dans la presse seront celles acquises à la cause du FN et que les pure players d’extrême-droite habilement camouflés sur les réseaux sociaux auront infiltré toutes vos sources d’information. Voilà la liberté d’expression et d’information que vous promet Marine Le Pen.

Il n’est pas trop tard. Mobilisez-vous !

Alors n’en déplaise à tous ces insoumis et autres déçus, dont certains fervents défenseurs du « ni-ni » et déterminés à ne donner leur voix à aucun des deux candidats, que ce soit par le vote blanc ou l’abstention : oui, vous faites le jeu du FN, et au lieu de vous plaindre d’être culpabilisés de la sorte, soyez juste lucide sur la responsabilité que vous aurez eue sur l’issue du scrutin si Le Pen venait à être élue. Protester, cela a du sens, mais à mes yeux c’est encore mieux lorsque l’on a la liberté de le faire, et de le faire de manière éclairée, en ayant eu au préalable accès à de l’information de qualité de sources variées. Si le programme de l’un comme de l’autre vous répugne au plus haut point, vous aurez tout le loisir d’aller exprimer votre mécontentement aux législatives en juin et de manifester tant qu’il vous plaira par la suite.

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Pour ma part, je n’aspire pas à vivre dans une société infiltrée par les réseaux frontistes ni à travailler en tant que journaliste comme une « résistante » de l’information. Or c’est ce qui arrivera si Marine Le Pen est élue. Et à tous ceux qui auraient l’intention de voter blanc ou de s’abstenir dimanche : j’espère que vous êtes prêts à lutter au quotidien pour votre droit à vous informer librement. Car lorsque cette éventuelle présidente entreprendra de mettre au pas les médias, et elle y parviendra, alors vous n’aurez aucun droit de regretter vos choix. La seule liberté d’expression qu’il vous restera sera de verser des larmes de crocodile.

Mais nous n’en sommes pas là. Dimanche, mobilisez-vous, et votez Macron : aujourd’hui, c’est notre dernier rempart contre Le Pen. Et il n’est pas trop tard.

Philippine Malloggia

 

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