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Pour un débat constructif et apaisé

Face aux polémiques de ce premier semestre, La Manufacture donne la parole à un collectif d’étudiants, qui plaide pour des débats d’idées plus apaisés au sein de l’école.

Au vu de la succession de polémiques à Sciences Po Lille, nous décidons d’écrire cet article pour expliquer de manière développée et construite notre ressenti. L’ambiance anxiogène et belliciste qui règne dans l’école ces derniers-temps pose de réelles questions sur la possibilité d’étudier et de débattre dans des conditions saines. Nous avons été spectateurs d’actes de violence qui nous ont interpellés et que nous ne pouvons accepter dans une école qui développe l’esprit critique et promeut le débat d’idées. De nombreuses règles de bienséance et de respect ont, de notre point de vue, été bafouées et nous nous inquiétons de la situation pour certains étudiants victimes de ces agissements que nous voulons ici développer.

Au cours de ce premier semestre, nous avons relevé à plusieurs reprises des tentatives de confiscation du débat par une partie des étudiants. Ce fut notamment le cas autour du choix du nom de promotion. Des étudiants ont été invectivés pour leur défense de personnalités historiques reconnues. De même, la conférence de Jean Lassalle que l’Arène de l’IEP a tenté d’organiser a provoqué des réactions similaires. Une violence verbale rare a rendu toute discussion impossible. Ces deux événements nous ont paru en contradiction totale avec l’un des objectifs majeurs de l’école : nous ouvrir au débat politique. Nous qui croyions pouvoir nous exprimer librement, nous avons souffert d’une parole monopolisée. Nous avons ressenti le poids d’une quasi-dictature de la majorité, ou plutôt d’une minorité particulièrement bruyante et fermée nous interdisant presque de nous exprimer. Cette minorité parvient même à imposer son mode d’expression qui empêche d’écrire normalement sans être pointés du doigt.

« Des causes légitimes et louables sont défendues de manière outrancière, ce qui les rend inaudibles »

Nous ne pouvons que condamner et regretter les agissements de cette minorité qui s’affranchit des règles de respect les plus établies. Durant la campagne pour les élections au Conseil d’administration, certains se sont illustrés par des pratiques d’une bassesse regrettable. Le harcèlement quotidien ainsi que l’affichage outrancier sans autorisation préalable, notamment sur la façade de l’IEP, nous ont frappés. Ce manque de respect s’étend à l’administration, aux professeurs et aux autres associations. L’opposition frontale entre une grande partie de nos représentants et l’administration pose de réelles questions sur leur volonté de faire avancer l’école. Cette politique qui consiste à voter systématiquement contre tout projet au Conseil d’administration et à faire des comptes rendus stigmatisant le personnel éducatif et administratif n’est pas tolérable.

Ce manque de correction aboutit souvent à des dérives violentes qui n’ont pas leur place dans une école. L’agression collective, publique et filmée d’un membre du Conseil d’administration, ancien élève de notre IEP et Ministre de l’Action et des Comptes publics fut lamentable. La réception d’un ancien Premier Ministre a aussi été une illustration de méthodes inacceptables qui consistent à prendre la salle en otage et à manquer de respect à un homme qui, après tout, nous faisait l’honneur de sa présence. Leur action préméditée consistant à insulter ce dernier et à l’empêcher d’organiser son intervention selon ses choix a montré leur incapacité à rester polis et mesurés dans la défense de leurs convictions. Des causes légitimes et louables sont défendues de manière outrancière, ce qui les rend inaudibles. Face à cette récidive, nous nous inquiétons sur la possibilité de faire venir de nouvelles personnalités et d’avoir des conférences de qualité ne tournant pas au procès d’intention. Cela est dommageable à la fois pour l’école et pour les étudiants.

Polémiques « utiles » ou dérives ?

Nous nous interrogeons sincèrement quant à l’objectif réel de ces actions. Cette politique de la sensation se fait au détriment de la raison. La polémique autour d’une communication de la direction excluant certains étudiants d’une conférence de la DGSE a montré le manque de rigueur intellectuelle de certains. En effet, il y eut, comme souvent, nombreuses approximations et confusions, dans une volonté stérile de créer le scandale. En quelques heures, plusieurs communiqués ont été rédigés, un comité a été créé, la presse a été contactée et des saisines absolument fantaisistes de la CEDH et du défenseur des droits ont été évoquées. Cela avant même d’appréhender les raisons de cette interdiction, d’en parler avec les étudiants concernés, d’évaluer les risques potentiels pour les organisateurs et d’estimer la possibilité de voir une telle démarche aboutir. L’utilisation des réseaux sociaux comme relai de polémiques stériles aboutit à des dérives. Nous sommes attristés par ce sensationnalisme et cette volonté de créer le buzz.

L’objectif de notre propos n’est pas la remise en cause des combats menés par certains étudiants mais seulement celle de leurs méthodes. Nous respectons profondément ces convictions et nous aimerions qu’il en soit de même pour tous. Nous voudrions un débat intelligent mais surtout apaisé dans lequel chacun puisse s’exprimer librement.

 

Pierre-Louis Käppeli, Maxime Maintier, François Zuindeau, Amaury Lagarde, Alice Cubillé, Lorenzo Thellier d’Auzers, Alexandre Lebas, Aymeric Jaillais, Lou Dervite, Axel Thoinon, Gabriel Bluet, Matthieu Alzuyeta, Alexandre Jean, Jean-Baptiste Desmadryl, Thomas Rezzouk, Vicor Picard, Flobert Besson, Julie Micheli, Charles de Saint Ceran, Thomas Raimondez, Xavier Charpy, Clémence Pernin, Bylitis Leibovici, Perrine Debreu, Emilie Caron, Fatine Bouhsina, Ziryab Idir, Hippolyte Grislain, Coline Fournier, Constance Croux, Elisa Simi, Eliott Vatar, Matthieu Sénécot, Adrien Girot, Théo Boudemange, Marie Denizot, Mathurin Liberelle, Jules Lyochon, Valentin Dabin, Clément Lopin, Georges Matharian, Hugo Poncet, Pierre Catteville

La Manufacture est un webzine non partisan qui donne la parole à tous les étudiants souhaitant s’exprimer librement, sans propos insultants ni agressifs. Si vous souhaitez réagir, ou répondre à cette position, nous vous invitons à vous exprimer en contactant La Manufacture sur Facebook (@ManufactureSPL) ou par mail (lamanufacturespl@gmail.com).

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