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Enfin une lueur d’espoir…

Alors même que leur Tournoi avait débuté à l’image de leurs huit derniers mois, les Français ont réussi l’inattendu en battant les Anglais 22 à 16, dans un match compliqué et un Stade de France exalté, ce qui n’était plus arrivé depuis 2014.

Ce qu’il faut retenir du match 

Les joueurs du XV nous ont fait peur, et ce jusqu’à la dernière seconde. A la 80ème minute, les français sont pénalisés (Dany Priso ne se sort pas après avoir plaqué son adversaire), laissant une chance aux Anglais de taper en touche, et d’aller marquer un essai pouvant leur offrir la victoire. Alors même que ces derniers ratent leur lancer, Lionel Beauxis, possédant sans aucun doute le meilleur coup de pied du XV de France, récupère le ballon, mais manque sa frappe, et ne sort pas la balle, offrant une vraie dernière chance aux Anglais de gagner le match ; une maladresse technique qu’un joueur de cette expérience aurait dû éviter. Le même scénario se reproduit à deux minutes d’intervalle. L’arbitre, Jaco Peyper, concède une pénalité aux Anglais, qui tapent en touche, mais qui ce coup-ci est bien gérée par le XV de la Rose. Heureusement et à l’image de son match, Bastareaud, en joueur exemplaire réussit à contester entrainant un en-avant blanc qui marque définitivement la fin du match et la victoire des français.

Le XV de la Rose était certes bien en-deçà de son niveau habituel. La presse anglaise n’y est pas allée de main morte avec son équipe, soit-disant « émasculée par la France » (The Telegraph). Au total, l’Angleterre a concédé 16 pénalités dont 9 en première mi-temps, encaissé un carton jaune, additionné d’un essai de pénalité donnant l’avantage aux Bleus à la 49ème minute (16 – 9), après un plaquage haut de Watson sur Fall.

Mais cela n’a pas empêché les Bleus d’enchainer les plaquages agressifs (176 plaquages avec 96% de réussite), et d’être quasi-parfait dans la défense, à l’image de Mathieu Bastareaud, qui s’est posé en véritable leader dans ce match ou encore de Rémy Grosso, élu homme de match, qui a su prouver ses qualités en apportant du jeu à l’équipe. Ils ont également dominé en mêlée, et Maxime Machenaud est pour l’instant le meilleur réalisateur du Tournoi, avec un 100% sur le match (5 pénalités sur 5), et un total de 45 points sur l’ensemble de la compétition. Déterminés, les Bleus ont su conquérir leurs supporters, venus remplir presque entièrement le Stade de France (78 000), une ardeur somme toute de retour après plusieurs mois d’absence. Cependant, les français ont conservé leur fâcheuse manie de commettre des fautes basiques (à l’instar de Rabah Slimani qui est complètement passé à côté de son match) entrainant un manque de vitesse sur les sorties de ballons, et cassant l’attaque française.

©IAN LANGSDON/EPA/MAXPPP - epa06594445 France's Mathieu Bastareaud (C) in action during the Six Nations rugby match between France and England in Saint-Denis, near Paris, France, 10 March 2018. EPA-EFE/IAN LANGSDON
Mathieu Bastareaud, en leader dans ce crunch victorieux

En conclusion, le jeune XV de France a démontré de véritables qualités en défense, mais un gros manque de discipline en attaque, ce qui s’est vu sur toute la durée du Tournoi, et qui empêche, sans doute, cette équipe d’obtenir de meilleurs résultats. Et du côté des Anglais, ce match a remis en question sa préparation à la Coupe du monde 2019 au Japon, car rappelons-le, en 2015, l’Angleterre, alors même qu’elle était la nation organisatrice, n’avait pas dépassé le premier tour.

Une victoire contre les anglais signifie-t-elle un tournoi réussi pour les français ?

Rappelons le début du tournoi, les Bleus ont concédé deux défaites, face à l’Irlande (13 – 15) et face à l’Ecosse (32 – 26), toujours avec le bonus défensif, et une victoire nécessaire face à l’Italie (34 – 17). Ce Crunch victorieux est donc important pour les français, qui sortent enfin d’une mauvaise passe de plusieurs mois. Cependant, alors que les Irlandais sont définitivement les grands gagnant de l’édition 2018 du Tournoi des VI nations, avec en bonus la possibilité d’un Grand Chelem, tant attendu depuis 2009, s’ils battent les Anglais samedi prochain à Twickenham, les français quant à eux, sont encore sur la sellette.

Nos Bleus peuvent en conséquence, finir deuxième, troisième (ce qui serait inespéré après la phase descendante qu’a connu l’Equipe de France ces dernières années) ou cinquième, ce qui signerait tout de même un Tournoi raté pour les français, et mettrait définitivement fin au mythe d’une Equipe de France encore puissante, capable de gagner le Tournoi, et au même niveau que ses adversaires. L’espoir de retrouver les Bleus de l’ère M. Lièvremont serait submergé par toutes les défaites qu’a pu connaitre cette équipe depuis 2011. Le seul point que l’on ne peut pas reprocher à cette équipe : la défense. Les Bleus se sont illustrés dans ce domaine, et en ressortent peut-être avec la meilleure du Tournoi. Irréprochables, c’est sans doute en partie grâce à celle-ci que les français ont pu s’imposer contre les anglais.

Le dernier match contre les Gallois le week-end prochain est donc un véritable enjeu pour les deux équipes qui joueront pour une deuxième ou troisième place (Le Pays de Galles est actuellement classé deuxième, et la France quatrième, mais avec le même nombre de points que l’Angleterre). Terminer en cinquième position ferait sans doute oublier le triomphe de samedi, mais comme on dit souvent : « un Tournoi où l’on bat les anglais est un Tournoi réussi ! ».

Coline Fournier

Sources des images :

http://www.leparisien.fr/sports/rugby/-10-03-2018-7601208.php

http://www.leparisien.fr/sports/rugby/france-angleterre-les-bleus-remportent-le-crunch-10-03-2018-7601154.php

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