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Eden : la crise migratoire comme source d’inspiration

Alors que le soleil marque la dernière journée de festival, Séries Mania s’attaque à un sujet sensible : la crise migratoire. A travers Eden, la série franco-allemande réalisée par Dominik Moll et inscrite dans la compétition officielle, nous voilà plongés dans l’histoire de migrants et d’Européens dont les destins se rapprochent plus qu’on ne peut le penser au quotidien.

Des histoires liées à la Ken Follet

Sur une plage grecque, une cinquantaine de réfugiés débarquent d’un canot et fendent la foule médusée. Cet événement va bouleverser les destins d’une galerie de personnages : une famille allemande accueillant un réfugié, un jeune migrant nigérian en cavale, la directrice française d’une société privée gérant des camps de réfugiés, un agent de sécurité grec rongé par la culpabilité, une famille syrienne demandant l’asile politique à Paris.
Une fresque contemporaine sur les vagues migratoires qui balaient actuellement le Vieux Continent.

Un événement déclencheur va lier entre elles des familles que rien ne destinait à se rencontrer. Dès le premier épisode, nous sommes emmené aux quatre coins de l’Europe, balloté de la France à l’Allemagne, en passant par la Grèce et Bruxelles pour les lieux de l’action. Le Royaume-Uni est aussi évoqué par le migrant nigérian comme destination ultime de son parcours. On peut quand même déplorer l’absence de l’Italie, elle aussi sujette aux débarquements de migrants.

La fresque en six épisodes multiplie les points de vue et entreprend de raconter, de dépeindre la crise migratoire à travers une galerie de personnages diversement impliqués. Cinq intrigues se croisent, dans une volonté de se rapprocher au maximum de la réalité des différents milieux que représentent les personnages.

Une série Arte sociale et réaliste

A l’origine de cette série, on retrouve une volonté de traiter un sujet qui concerne à la fois la France et l’Allemagne mais qui sorte des sentiers battus. “On a choisi un sujet d’actualité où on pouvait poser un regard commun sur un problème de société“, explique le directeur de la fiction chez Arte, Olivier Wotling. “C’est un sujet qui est déjà largement couvert sur Arte, mais pas en fiction, il est très abstrait et là on ramène de l’humanité et de l’empathie dans le débat.

Dominik Moll s’est saisi du projet avec l’ambition d’aborder l’horreur qui se joue devant nous à hauteur d’homme. “On s’est beaucoup documenté, on a visité des camps de réfugiés en Grèce, on a pris énormément de consultants et certains acteurs sont eux-mêmes réfugiés“, renchérit Dominik Moll. Ainsi, Jalal Altawil, l’un des acteurs d’Eden, célèbre en Syrie mais qui a dû s’exiler en France, se confie : “Dans la tête d’un réfugié il y a deux vies, c’est difficile à retranscrire”.

Malgré la mise en scène minimaliste pour éviter la surenchère dramatique, le scénario insiste sur certains événements qui se suffisent pourtant à eux-mêmes. La volonté de “jouer les ressorts de la fiction pour que les téléspectateurs aient envie de regarder jusqu’au bout” reste bien réelle : même si la série n’est pas celle qui connait le plus de rebondissements, elle reste un miroir de bonne qualité sur la crise migratoire que l’on connait depuis maintenant quelques années.

 

Eden sera diffusée sur Arte en deux fois, les 2 et 9 mai prochains.

Fantine Dufour

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