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Paroles d’anciens – Erika Coupois, cheffe de cabinet en mairie : « Ce qui me plait, c’est le contact direct avec les habitants »

La politique, un monde auquel les Paliens sont a priori prédestinés. Mais beaucoup ont peur de se lancer. Erika Coupois, diplômée du master MAP (métiers de l’action publique), vous incite à saisir les opportunités ! Portrait de la cheffe de cabinet du maire de Tourcoing.

Quel est le nom du poste que vous occupez en ce moment ?

Erika : Je suis cheffe de cabinet du maire de Tourcoing depuis juillet 2019. Avant j’étais collaboratrice dans ce même cabinet depuis juillet 2017. J’ai fait mon stage de fin d’études de janvier à juin 2017, au département du Nord. J’ai tout de suite enchaîné après le stage (la semaine qui suivait) à Tourcoing, ici.

Quand est-ce que vous avez su que ce métier était le bon pour vous ?

E : Je m’en suis rendue compte à travers mes stages.

En 4e année j’ai fait un premier stage, au département du Nord. J’y ai travaillé avec la vice-présidente à l’enfance, la famille et jeunesse (Doriane Becue) qui est aussi adjointe à Tourcoing. Ce stage a duré un mois : Je la suivais, préparais ses discours, ses notes techniques pour les réunions, etc. Ça m’a vraiment plu de travailler avec un élu.

J’ai donc fait un deuxième stage. Cette fois j’étais au cabinet du président de région : Xavier Bertrand, toujours en 4e année. Ce travail m’a encore plus plu que le précédent. C’est pourquoi j’ai fait mon stage de fin d’étude au cabinet du président du département.

J’ai pu faire différentes collectivités, pour me donner un peu une idée de celle que je préférais. Ce qui me plait, c’est plus le contact direct avec les habitants, donc je me suis dit que la mairie serait sûrement la collectivité la plus adaptée pour moi. Pour le moment je ne me suis pas trompée.

Comment se passe une journée pour un.e chef.fe de cabinet en mairie ?

E : Déjà je regarde mes mails. Je balaye l’agenda du maire et vérifie ses déplacements, ses réunions, les invitations qu’il reçoit. Je veille à la bonne organisation de l’ensemble des missions de chacun, des relations avec nos assistantes et de l’agenda du maire. L’idée est de préparer au mieux les évènements et de surveiller comment fonctionne la collectivité, que tout soit à jour. On vérifie aussi s’il n’y a pas d’urgence : un incendie, un problème dans une école. On rythme nos journées non pas comme on le souhaiterait mais plutôt en fonction de ce qu’il se passe dans la commune.

Je m’occupe plus particulièrement de la culture, du sport et de la vie associative.

Quelles sont les choses qui vous plaisent le plus dans votre métier ?

E : Le contact avec les gens est un vrai avantage. C’est ce qui est, à mon sens, passionnant dans mon travail.

Mais il y a aussi le fait de voir comment on peut penser des politiques publiques, des projets politiques et l’impact de ces projets sur les gens au quotidien, comment ils se réalisent concrètement sur le terrain. Dans une ville, on ressent cet impact plus directement que dans une autre collectivité. L’action dans une mairie est également plus rapide.  Quand on veut mettre en place quelque chose, ça se fait tout de suite. On sent moins la lenteur administrative.

Dans un autre cabinet que celui du maire, il me serait impossible de suivre les thématiques de la culture, du sport et de la vie associative à côté car je serais trop occupée. Je peux me permettre de faire le travail de cheffe de cabinet et de suivre ces thématiques, ce qui me permet d’avoir une proximité avec les gens. Sinon je passerais mon temps dans mon bureau, ce qui me plairait moins.

On a aussi des horaires de travail tout à fait acceptables, normaux. Parfois, s’il y a un vernissage le soir c’est sûr que je finirai plus tard. Ou s’il y a un conseil municipal tard, c’est pareil.

“il y a aussi le fait de voir comment on peut penser des politiques publiques, des projets politiques et l’impact de ces projets sur les gens au quotidien”

Mais il doit bien y avoir des inconvénients …

E : Il faut toujours travailler dans l’urgence. Il faut alors être réactif, disponible. Mais ce n’est pas si négatif que ça car ça permet de travailler sur notre façon de faire, de gagner en compétences. Parfois c’est un peu fatiguant tout de même. On peut avoir des semaines avec beaucoup d’urgences, d’événements. Ça rend les journées parfois très sportives.

Lorsqu’on travaille dans un cabinet, on est attaché au mandat de l’élu. A chaque élection on prend le risque que le cabinet change si le maire n’est pas réélu. On est contractuel de droit privé sur des postes dans une administration, pas fonctionnaire.

Et concernant les qualités d’un.e chef.fe de cabinet ?

E : Il faut surtout de l’expérience. A Sciences Po on nous apprend à penser les politiques publiques, à comment les appliquer, mais pour travailler en cabinet on apprend beaucoup sur le tas. Sciences Po nous donne les outils, mais l’expérience nous apprend à les mettre en place.

Il faut savoir être polyvalent et disponible. Les connaissances, le savoir, s’apprennent surtout sur le terrain. C’est pourquoi il n’y a rien de mieux que les stages pour apprendre.

Des conseils pour les étudiants de l’IEP ?

E : Il faut faire des stages. C’est vraiment très important déjà pour savoir ce qui vous intéresse le plus. Dans mon cas ça m’a permis de savoir quelle collectivité je préférais. Ça permet de se faire une idée concrète de ce qu’est tel ou tel métier. Quand on travaille dans un cabinet, on sait qu’on travaille pour un élu, qu’on va faire de la politique. Mais on ne sait pas vraiment ce que ça implique. D’une collectivité à une autre ce n’est pas du tout le même travail. Les stages permettent de le comprendre. En bref, il ne faut pas prendre à la légère les stages.

“il ne faut pas prendre à la légère les stages.”

Sinon, profitez de vos années d’études. Le monde du travail n’est pas si simple que ça… On est pressés de travailler quand on est étudiant. Mais quand on travaille on se dit que ce n’était pas si mal les études.

Il faut savoir saisir les opportunités, ne pas avoir peur de « faire tâche » surtout en politique face à des personnes plus expérimentées. Sciences Po nous donne un bon bagage, il faut être ambitieux et ne pas avoir peur de faire quelque chose qui nous plait.

Quelques liens utiles pour votre orientation :

Marion Galard

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