Skip to content

Vladimir Benlolo - 15 novembre 2019

Vladimir Benlolo - 15 novembre 2019

previous arrow
next arrow
PlayPause
Slider

Carnet de 3A – Taïwan, où l’on se sent “comme à la maison”

La Manufacture continue sa série consacrée au retour sur expérience des étudiants partis en 3A. Aujourd’hui, Sara nous parle de Taïwan, où elle a passé une année de rêve…

Quelles furent tes premières impressions de l’université et de la ville partenaire ?

Quand j’ai atterri à Taïwan le 31 août 2018, je me suis tout de suite sentie « comme à la maison ». Il faut dire que je suis arrivée en terrain connu : en 2015, lors d’un voyage en Asie, je suis tombée amoureuse de cette île magnifique, et, depuis, Taïwan est comme mon deuxième pays. Taïwan est un pays peu connu des étrangers (on le confond souvent avec la Thaïlande…), et pourtant, compte de nombreux points forts : un pays des plus « safe » d’Asie et des plus propres, une population chaleureuse, aidante, honnête et bienveillante avec les étrangers, une vie culturelle, artistique et sportive très vivante à Taipei, des transports en commun d’une facilité et d’une propreté incomparables, des montagnes luxuriantes accessibles en métro… et… des toilettes publiques absolument partout, gratuites, propres, dans tous les parcs, stations de métro, « convenient stores » et autres !

Soochow University, aux yeux d’un-e étudiant-e français-e, ressemble davantage à un village qu’à une simple université. Le campus, immense, accueille près de 15 000 étudiants et abrite plusieurs énormes buildings, des dortoirs réservés aux étudiants internationaux, des installations sportives (stade, salle de tennis et de gym etc), un grand hall de restauration (où l’on peut manger pour 2, 3 euros) etc… Ce qui marque le plus en arrivant, mis à part l’espace que prend l’université, reculée et à flanc de montagne, ce sont les étudiants eux-mêmes : très respectueux envers leurs pairs, les enseignants, et le personnel ; à la fois calmes et d’une gaieté communicative, ils font vivre l’université avec passion et ambition. Des dizaines d’associations, allant de la danse hip-hop au Taichi, en passant par la randonnée et la photographie, sont proposées en début de semestre. Les sorties organisées par le bureau des étudiants internationaux ou par les Chinese tutors ne sont pas en reste non plus : j’ai eu l’occasion de visiter la ville de Yilan et de randonner dans les montagnes de Yangmingshan gratuitement, grâce à eux. Enfin, la gentillesse du corps administratif m’a beaucoup marquée, tout comme la bienveillance des professeurs et leur façon d’enseigner.

Rencontres locales
Flore taïwaniaise au parc naturel de Taroko

Comment s’est passée l’adaptation à la culture, la langue, les cours, le système universitaire… ?

En Asie, votre expérience sera totalement différente si vous parlez la langue du pays ou non. Parler anglais à Taïwan, c’est bien, mais parler chinois vous ouvrira nécessairement plus d’opportunités : faire du bénévolat dans une association locale ; vous lier d’amitié avec des Taïwanais (et des étudiants asiatiques qui apprennent le mandarin) ; vous plonger dans leur quotidien et vous familiariser avec leurs us et coutumes ; lire la presse locale pour comprendre la situation du pays ; visionner des films taïwanais ; discuter avec l’ancienne génération, les habitants des campagnes ou encore les tribus aborigènes, qui, eux, ne parlent pas anglais.

En ce qui me concerne, j’apprends le chinois depuis mes sept ans et je sais depuis longtemps que mes projets professionnels et personnels sont en Asie. Même si je ne suis pas bilingue, le fait de maîtriser la langue, à l’écrit et à l’oral, a facilité mon intégration, mon adaptation et mon quotidien. En arrivant à Taïwan, j’avais vraiment l’ambition de vivre comme les habitants, et de ne surtout pas recréer mon quotidien d’occidentale. J’ai donc choisi de me faire des amis taïwanais, ou asiatiques parlant chinois, plutôt que de rester avec des Français et autres Européens.

Me sentant très proche du monde asiatique depuis mon enfance et plus particulièrement de la culture chinoise, j’ai vécu ces dix mois à Taïwan sans aucune difficulté ni « mal du pays. » Taïwan était mon premier vœu, je ne regrette en rien mon année. Les expériences et les rencontres que j’ai pu faire m’ont énormément apportée, inspirée et fait voyager.

À l’université, j’ai été très bien accueillie et je m’y suis tout de suite sentie bien. Il y a tout à disposition : self et restaurants, petits magasins, poste, installations sportives, bibliothèque etc… Les étudiants internationaux ont un choix de cours relativement large, les semaines sont beaucoup moins chargées qu’à Sciences Po (environ 15 heures de cours) et les professeurs n’y sont pas aussi exigeants ! Mis à part le cours de chinois qui me demandait un travail journalier rigoureux, le niveau des autres cours n’est pas difficile, même si tout est dispensé en anglais. Un examen de mi semestre, un examen final, des lectures et/ou des exposés composent le système de notation des enseignements.

Taïwan : par dépit ou par conviction ?

Soochow était mon premier choix ; aucun regret !

Niveau logement : cette ville a-t-elle été accessible ou trouver un appartement a-t-il été une galère ? Si c’est le cas, quelques conseils ?

Sur conseil des étudiants de 3e année de l’époque, j’ai trouvé un appartement de collocation sur le site Zuker.tw. Le rapport qualité/prix n’était pas vraiment satisfaisant (appartement très vieux et pas entretenu, des colocataires qui se fichaient du ménage…) mais c’est le cas pour la plupart des habitations d’étudiants à Taipei. Cela étant, j’avais quand même ma chambre et ma salle de bain privative. Pour moins de 500 euros par mois, ne vous attendez pas à un endroit moderne et parfaitement propre. Je vous conseille, soit de chercher ailleurs, soit de loger directement sur le campus (chambre partagée mais beaucoup moins chère qu’en ville).

vue panoramique Taïwan

Sur une échelle de 1 à 10, comment noterais-tu la qualité de la vie étudiante dans ta ville de 3A ? Pourquoi ?

10/10 ! Taipei est une capitale à la fois dynamique et relaxante, ancrée dans la modernité et vivant au rythme des festivités religieuses, multiculturelle et proche de la nature… bref, unique !

Cela étant, la vie n’est pas moins chère qu’à Lille : il faut compter le loyer (450-500 euros), la carte de transports (35 euros), le budget nourriture, sorties et extras… Vous allez être surpris par le prix des fruits, même au marché (souvent 1 euro la pomme) et des produits laitiers (jusqu’à 5 ou 6 euros le litre de lait !) Je vous conseille donc de consommer local : papaye, pastèque, lait de soja, thé rouge, riz, tofu, champignons, etc…

Des conseils touristiques ? Des pièges attrape-touristes dans lesquels il ne faut pas tomber d’après toi ?

L’incontournable est bien sûr le parc naturel de Taroko, sur la côte est, à 3 heures de train de Taipei. C’est l’endroit rêvé des amoureux de la faune et de la flore. Les montagnes, toutes vertes et immenses, sont d’une beauté mémorable. Majestueux, le paysage vaut vraiment le coup.

A une heure de bateau de Taitung, il y a aussi la très jolie Île Verte, où vous pouvez faire de la plongée ou partir à l’aventure en louant un scooter. Attention toutefois si vous avez le mal de mer : le trajet en bateau est très difficile pour les personnes sensibles à la houle des vagues et risque de gâcher votre séjour !

La montagne Alishan, au centre de l’île est aussi magnifique. Elle abrite une forêt d’arbres immenses et vieux de 2 000 à 3 000 ans, considérés comme sacrés. Difficile cependant d’y accéder sans voiture : je vous conseille d’aller jusqu’à Chiayi en train puis de louer une voiture pour aller dans les hauteurs (pensez à demander un passeport international avant votre départ).

En ce qui concerne les coins que je trouve trop touristiques, je compte la tour Taipei 101, symbole de la capitale mais sans réel intérêt si vous n’aimez pas faire du lèche-vitrine ; le marché de Shilin, proche de l’université mais toujours bondé et plus cher qu’ailleurs (rendez-vous plutôt au Raohe Night Market, à la station Songshan !) ; le Sun Moon Lake, un peu trop aménagé à mon goût (mais à voir quand même).

Si tu devais donner quelques bonnes adresses, quelles seraient-elles ?

Passez la soirée à Yuanshan à Taipei : l’espace ouvert « Maji » offre tout ce qu’il faut pour éveiller vos papilles (raviolis chinois, spécialités coréennes, bières taïwanaises…) et pour danser toute la nuit (la boîte The Triangle et autres bars « branchés »).

Prenez le métro jusqu’à Taipei Zoo puis le téléphérique jusqu’à Maokong, lieu de production de thé et de départ de randonnées. C’est un endroit que j’adore, perdu dans les montagnes et qui domine Taipei.

Accessible en bus depuis Taipei, Wulai est un endroit idéal pour se détendre (thermes, balades, cafés) et respirer un air frais, à seulement 1 heure de la capitale.

Si tu avais voulu avoir un conseil avant de partir seule dans un pays étranger pendant 1 an, ce serait… ?

Se détendre ! Préparer un voyage de ce genre, ça demande nécessairement beaucoup de temps et de paperasse ; trouver un logement à 10 000 km, ça semble impossible ; faire le bon choix pour ci où pour ça, ça nous fait stresser… et pourtant, cela fait des années que des étudiants partent à Taïwan et tout se passe très bien à chaque fois. Rassurez-vous : l’administration de Soochow répondra à toutes vos questions et vous accueillera dans les meilleurs conditions ; les gens ici sont d’une gentillesse inoubliable, toujours prêts à vous aider et à vous faire découvrir leur pays. Alors faites les choses dans l’ordre et tout ira bien !

Sara Giugliano

Propos recueillis par Mona Sabot

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *