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Paroles d’anciens – Julie Delobel, consultante en gestion et communication de crise : « Il est très intéressant en début de carrière de pouvoir agir sur des sujets très variés. »

Le conseil : un secteur qui recrute de nombreux Paliens ! Mais personne ne sait vraiment en quoi consiste le métier de « consultant » (à moins d’en avoir côtoyé quelques-un.e.s). Julie Delobel, diplômée du master stratégie, intelligence et gestion des risques (SIGR) en 2017, nous explique son travail de consultante en gestion et communication de crise chez Public Gouvernance.

Son parcours : Des stages pour s’orienter

Julie a réalisé son stage de fin d’études dans une entreprise de simulation de crise. Le but était de créer un scénario d’une crise fictive pour « entrainer » le client à gérer ce genre de situation. Elle a trouvé ça formateur. Mais ce n’était pas assez opérationnel, dans le sens où elle aurait préféré agir sur des cas concrets et réels, plutôt que d’inventer de toutes pièces des crises.

Toute jeune diplômée, elle effectue un autre stage, mais en affaires publiques. Elle se rend compte qu’elle ne veut pas travailler dans ce domaine. Elle préfère choisir la gestion de crise. En effet, elle précise qu’elle n’a pas aimé « l’ambiance » de ce milieu.

Aujourd’hui

Julie travaille depuis un an chez Public Gouvernance. Il faut d’abord expliquer ce qu’est Public Gouvernance pour comprendre. C’est un cabinet de conseil en gestion de crise exclusivement dédié aux collectivités locales et aux EPCI (établissement public de coopération intercommunale). En fait, elle donne des conseils et stratégies en matière de crise aux collectivités. C’est un peu la même chose que son premier stage, sauf qu’elle agit pour de véritables situations.

Elle nous donne un exemple de situation pour mieux comprendre : « Une mairie accepte un projet d’installation d’éoliennes sur son territoire. Mais plusieurs riverains n’en veulent pas. Ils craignent les nuisances que ces installations pourraient engendrer. Ces habitants organisent une opposition (montage d’associations et/ou contacts avec la presse et/ou recours en justice etc.) La mairie nous appelle pour savoir comment répondre aux sollicitations voire mener une campagne de communication et plus globalement, quelle stratégie adopter pour faire face à cette opposition. »

“La mairie nous appelle pour savoir comment répondre aux sollicitations voire mener une campagne de communication”

Par ailleurs, Julie n’a pas à rechercher elle-même les clients de Public Gouvernance. C’est Groupama, qui est en partenariat avec Public Gouvernance, qui s’occupe du démarchage, de trouver les contrats auprès des maires, des collectivités locales, etc.

Elle nous explique pourquoi ce travail lui plait : « Ce poste convenait parfaitement aux expériences professionnelles que j’avais eues. Il allie à la fois la gestion de crise et le domaine public, la relation avec les élus. Je souhaitais également poursuivre dans le conseil : Il est très intéressant en début de carrière de pouvoir agir sur des sujets très variés. »

Sa journée de travail plus en détails

« Une partie de ma matinée est consacrée à une veille médiatique sur les sujets qui nous concernent. Il s’agit de voir à quel genre de crise (ou à minima de sujets sensibles) doivent faire face les petites collectivités. On répertorie également les bonnes actions menées. Ces informations nous permettent, entre autres, d’actualiser nos recommandations.

Le reste de la journée est consacré au conseil à proprement parler. Il s’agit soit du diagnostic annuel que Public Gouvernance fournit à chaque collectivité, soit d’une sollicitation de leur part. Le contenu et le temps passé à rédiger une note de recommandation dépend donc entièrement de la demande de la collectivité. »

Les inconvénients d’une petite structure

« L’activité ne nécessite pas de déplacements, ce qui installe une certaine monotonie. Par ailleurs, il s’agit d’une toute petite structure (3 personnes), ce qui implique des conditions de travail particulières mais qui me conviennent. Certains, habitués à travailler dans de plus grosses structures, pourraient ne pas apprécier cette ambiance de travail. »

Ainsi, il faut bien s’entendre avec ses deux autres collègues car on ne peut pas trop les éviter… mais heureusement pour elle, ils sont amis.

« L’inconvénient majeur se place à moyen terme. L’aspect commercial de l’entreprise est géré par Groupama. Public Gouvernance ne peut que très difficilement gérer son développement. Puisque le développement de l’entreprise est stable depuis plusieurs années, aucune création de poste n’est envisagée. Je ne pourrais pas évoluer au sein de cette société, le poste étant destiné à un junior. Toutefois, de nouveaux projets sont en cours de réalisation. Cela mènerait à un développement de l’activité et donc à une session de recrutement pour répondre aux nouveaux besoins. »

Des conditions de travail très acceptables

Elle fait 39 heures par semaine, mais finit souvent plus tôt selon le travail qu’elle a à faire. En tout cas, sa cheffe est très soucieuse de son bien-être : « Si je dois partir à 18h30 et qu’à 18h31 je suis encore là, elle me jette dehors ». Elle se dit privilégiée sur ce point-là, ce qui n’est pas le cas de tous les anciens de Sciences Po Lille.

Concernant son salaire, elle touche 30 000 euros brut par an « Alors qu’à Sciences Po Lille on m’avait dit entre 23 et 27 000 pour les consultants débutants ».

Être polyvalent avant tout

Julie pense que pour être consultant il faut être polyvalent et flexible car chaque cas à traiter est différent. Il faut aussi être à l’écoute de ses clients, disponible, et devancer leurs besoins. Savoir simplifier ses propos est un vrai plus quand elle parle au téléphone à des maires de petites villes qui lui demandent des conseils face à une situation de crise.

Ses conseils pour nous, les étudiants de Sciences Po Lille

Tout d’abord, profiter de l’école, de son ambiance intellectuelle, du fait qu’on peut y apprendre beaucoup de choses intéressantes pour les esprits curieux.

Ensuite, profiter du réseau des anciens de Sciences Po Lille, c’est-à-dire ne pas hésiter à leur poser des questions pour s’orienter, quand ils viennent ou même par mail.

Enfin, en sortant de l’école, choisir un métier qui vous plaise vraiment : « ceux qui ont choisi un travail mieux rémunéré mais moins intéressant le regrettent aujourd’hui », même si elle admet qu’il est plus difficile de rembourser un prêt étudiant si on n’est pas bien payé.

Quelques liens utiles pour votre orientation :

– La fiche onisep pour le métier « consultant » :
– Le site des diplômés :
– Les témoignages d’anciens sur le site de Sciences Po Lille :

Marion Galard

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