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VOLLEY : Tourcoing, au bout du suspens

Dans l’ambiance chauffée du complexe Léo Lagrange, le Tourcoing Volley-Ball Lille Métropole (TLM) bien que mené deux sets à zéro, est finalement venu à bout d’une solide équipe de Cannes au tie-break. Portée par un Jimenez inarrêtable, 32 points, l’équipe nordiste, bien aidée par ses supporters et supportrices a livré un combat physique mais surtout mental pour accomplir cette « remontada » . Retour sur du volley qui fait franchement plaisir à regarder.

Défibrillateur

« On s’est demandé s’il y allait avoir assez de défibrillateurs pour toute la salle »  ironise le président du TLM Pascal Lahousse à la fin du match, soulagé. Il faut dire que même les novices du volley n’ont pu s’empêcher de vibrer face aux hauts et bas de l’équipe tourquennoise, qui a tout de même sauvée trois balles de match. Aux premières loges, Monsieur le Ministre Gérald Darmanin, qui n’a cependant vu que la face laborieuse des hommes de Tourcoing, ville où il sera candidat en 2020. Effectivement, le membre du gouvernement s’en est allé un peu trop tôt, là où Cannes faisait encore la loi sur le terrain. Gênant l’équipe à domicile sur ses réceptions et efficace en défense, le score file logiquement en fin de premier set aux sudistes (18-25). Bis repetita lors du deuxième set où les hommes en rouge et blanc étouffent ceux vêtus de noir qui s’efforcent de résister mais sont mal récompensés. Les volleyeurs du Nord, n’ayant mené que par cinq petites fois depuis le début de la partie laissent donc également échapper le deuxième set (22-25).

Ronald Jimenez, « l’homme du match »

Dos au mur, il est impératif pour ces derniers d’inverser la tendance rapidement. Face au gros match de Kyle Russel et d’Adrian Aciobanitei côté cannois, on ne présente plus Ronald Jimenez, le pointu du TLM, contraint de montrer son meilleur jeu. Treize c’est seulement son numéro de dossard. Trente deux c’est son total de points marqués ce vendredi soir, son record personnel cette saison. A la fois précis en attaque et essentiel en défense, le colombien porte son équipe pour revenir petit à petit au score (troisième set arraché 25-23). C’est simplement « l’homme du match » pour son président qui le prend dans ses bras dès la fin de la rencontre, alors que les négociations ne tarderont pas pour son éventuelle prolongation. Sa prestation ne doit toutefois pas faire de l’ombre à ses coéquipiers qui se sont ressaisis collectivement à l’abord du troisième set. On pense notamment à l’explosif Miran Kujundzic, aussi important que le central cubain David Fiel, tous deux coupables de smashs croustillants.

Le public, acteur décisif

Outre les acteurs formels, le public présent vendredi soir est lui aussi non-négligeable. Celui-ci, bien que familial, n’a cessé d’encourager bruyamment ses joueurs, au point d’être à lui-seul un protagoniste influent quant à l’issue du match. Un peu moins de 2000 personnes suffisent dans le complexe Léo Lagrange pour faire tenir l’équipe, qui plus est dans un quatrième set irrespirable. Après avoir sauvé trois balles de match, Tourcoing s’adjuge l’avant-dernier acte pour revenir à deux sets partout, 30 à 28 ! Du volley incisif comme on aime le regarder, autant par des sauvetages improbables que des attaques gagnantes millimétrées. Il faut donc finir fort dans le cinquième set pour galvaniser la liesse des supporters conjointe à l’envie des joueurs d’en découdre.

 

« Le combat il a été physique mais surtout mental », Gauthier Bonnefoy, réceptionneur-attaquant

La remontada

Le tie-break est donc loin d’être une formalité, d’autant plus que quinze points suffisent seulement pour désigner le vainqueur (contre 25 points pour un set classique). Mais la dynamique du TLM est trop forte pour que Cannes espère refroidir une salle entière. Serré comme tout au long de la partie, Tourcoing parachève sa remontada en s’imposant 15-13 et donc trois set à deux. Un public debout qui a le droit à son clapping de fin, alors que la fanfare rend difficile les interviews. Gauthier Bonnefoy confie tout de même sa fierté envers l’équipe, entre deux autographes. « Le combat il a été physique mais surtout mental ce soir. C’était très compliqué d’aller chercher les ressources, même personnellement. Ce qu’on a fait démontre notre force collective. » Des caractères de combattants, c’est aussi l’avis du président qui avait insisté sur cette qualité pour le recrutement de ses joueurs. Une pause hivernale bien méritée donc pour les Tourquennois qui ne fait pourtant pas oublier les objectifs : les plays-offs en fin de saison (réservée aux huit premières équipes du classement). Actuellement troisième, il faudra donc pérenniser ce niveau de jeu pour espérer se qualifier.

Clément Rabu

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