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Chronique d’un livre annoncé : la soutenable pesanteur du sensible. #1

Ce type de format vise à partager une expérience de lecture sincère plutôt que de concasser grossièrement des livres, ce dont la 4e de couverture s’occupe déjà. Aujourd’hui devient coutume je souhaiterais m’attarder, pas trop longtemps tout de même, sur l’ouvrage de Milan Kundera : L’insoutenable légèreté de l’être. 

Ce roman de Kundera fut un véritable tonnerre de conscience. Toutes les vingtaines de pages un éclair surgissait. Si bien que j’étais obligé de stopper ma lecture. En fait les réflexions de l’auteur ou de ses personnages semblaient sortir de mon esprit. C’est ce qui m’a frappé en premier avec l’écriture de l’auteur, c’est cette étrange facilité à faire ressurgir des pensées communes comme la jalousie, le désir ou les rêves à travers ces personnages. J’ai eu l’impression que le vécu des personnages se rattachait implicitement au mien. Pourtant je ne connais pas un traitre paysage de la Tchécoslovaquie communiste et je n’ai jamais manié de bistouri comme Tomas. Cela s’explique par la facilité qu’a l’auteur à projeter en avant des sentiments rarement extériorisés, comme l’attente d’un être aimé à la gare, ou bien plus simplement le désir sexuel. D’ailleurs l’attrait au sexuel des personnages en devient étouffant au fil de l’ouvrage. Au début du livre on se reconnait sûrement dans les désirs des différents personnages. Toutefois leurs désirs réalisés à l’extrême au fil du récit brisent leur compréhension. Cette ambiance alourdit la lecture pourtant aisée du roman. Mais la beauté de ce livre réside pour moi précisément dans ce rapport au désir qu’établit l’auteur avec ses personnages sans y émettre de jugement. L’un et l’autre sont partagés entre leurs rêves et le concret. Tereza rêve de voir Tomas fidèle là où il lui est indispensable de multiplier les conquêtes. Elle prend des photos pour des gazettes anti-communistes en espérant voir son pays libre. Lui répare les vivants par la chirurgie. L’une se plait dans la légèreté de l’être, l’autre est dans la lourdeur.

Ce qui rend l’œuvre assez magnifique selon moi au-delà de l’approche du sensible, des réflexions poussées sur une globalité de thèmes et du style particulier de l’auteur c’est avant tout le choix qu’il nous laisse. Avec Kundera pas de jugements le choix est vôtre, que vous préfériez courir les nuages en grand rêveur ou battre le pavé en réaliste cela vous appartient. A vous de démêler l’insoutenable légèreté de l’être maintenant.

Gabriel Caillat.

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