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ELECTIONS CA#1 : SUD Solidaires étudiant.e.s, “une liste combative”

Dans le cadre des élections étudiantes au Conseil d’Administration de Sciences Po Lille, qui se tiendront le 15 décembre prochain, en ligne, La Manufacture vous propose une série d’interviews des listes candidates. Premier entretien : SUD Solidaires étudiant-e-s, avec Nirina MALARD (deuxième année, première de la liste pour les élections au Conseil d’Administration), Stanislas CORVISIER (deuxième année, troisième de la liste pour les élections au Conseil d’Administration) et Margot THETIOT (troisième année, élue au Conseil d’Administration jusqu’en janvier 2021).

 

Est-ce que vous pouvez présenter SUD Solidaires étudiant-e-s dans les grandes lignes ?

Notre liste est une liste syndicale, nous sommes là pour représenter les étudiant.e.s, même s’il y a un aspect « révolutionnaire » dans les idées de base du syndicat. Nous sommes totalement au courant que ce n’est pas au Conseil d’Administration que nous ferons la révolution ! Nous sommes autogestionnaires, c’est-à-dire que les décisions sont délibérées par toutes les personnes membres du syndicat. Autrement dit, si vous voulez agir sur les décisions que nous prenons au Conseil d’Administration, vous pouvez tout à fait participer à l’intérieur du syndicat, puisque nous avons des mandats impératifs.

Nous sommes le seul syndicat étudiant de l’IEP, présent depuis de nombreuses années [ndlr : depuis 2011, le syndicat présente une liste pour les élections au Conseil d’Administration chaque année], nous avons l’avantage d’être présent-e-s sur la durée, d’avoir une vision globale sur la politique et la vie dans l’IEP. Notre syndicat est présent au niveau national, ce qui permet d’avoir des liens avec la section lilloise, la fac de Lille mais aussi avec les élu-e-s syndicaux des autres IEP. Cela a un avantage pour notre liste, car nous sommes plus ouverts sur les sujets importants pour les étudiant-e-s. Notre but, c’est de défendre les droits des étudiant-e-s. Nous défendons une vision globale de l’enseignement supérieur, un enseignement supérieur ouvert à toutes et à tous, libre, gratuit, critique et émancipateur. De façon générale, nous avons une vision d’un IEP ouvert, égalitaire et démocratique.

Par ailleurs, le fait que nous soyons un syndicat qui est présent également à l’université, c’est très utile, notamment pour l’un des sujets qui va nous concerner, l’Établissement Public Expérimental (EPE). Nous pouvons ainsi dialoguer avec des personnes de l’université, qui sont concernées par le projet, pour en avoir une vision globale. Ce projet, dont le titre exact est « Université de Lille 2022 », est un projet qui vise à réunir l’IEP, l’université et d’autres écoles, comme l’ESJ ou Centrale Lille. C’est un projet de fusion d’une partie des administrations de toutes ces écoles qui est notamment motivé, pour les initiateurs du projet, par la course à l’excellence au niveau des classements internationaux.

Cette année, la campagne est entièrement dématérialisée, du fait de la crise sanitaire qui nous empêche de continuer les cours en présentiel. Quel est votre opinion sur ce déroulement particulier des élections, qui est différent de celui des autres années ?

Nous pensons qu’il est nécessaire d’avoir poursuivi cette campagne de manière dématérialisée. Cela n’aurait pas été correct, « safe » de faire comme d’habitude, en tractant devant l’IEP. Par rapport aux élections en ligne, nous faisons de notre mieux avec ce que nous avons mais nous aurions aimé davantage de communication de la part de la direction.

Tout le monde au syndicat regrette, et même les élu-e-s étudiant-e-s de façon générale, de ne pas avoir été informé-e-s. Monsieur Mathiot dit dans son mail [mail daté du 5 novembre 2020, relatif au report des élections étudiantes] qu’il nous avait prévenu du décalage des élections. Or, cela n’a pas du tout été le cas, personne ne nous en a parlé. A ce moment-là, nous étions en train de nous dépêcher de préparer nos listes et au dernier moment, l’administration nous dit que c’était décalé d’un mois. Pour nous, il y a donc un gros problème de communication dans cet IEP.

 

“Il y a eu une forme de mépris de la part de l’administration à certains moments.”

Qu’avez-vous pensé de la gestion de la crise de l’école ? Quelles améliorations ou remarques pouvez-vous faire sur celle-ci jusque-là et sur sa poursuite, puisque nous savons que nous ne reprendrons pas les cours en janvier ?

Par rapport aux modalités des cours, nous sommes actuellement à distance. Dans plusieurs sondages, nous avons vu qu’il y a des élèves qui se plaignent d’être surchargé-e-s de travail et nous pensons donc qu’il faudrait peut-être plus prendre en compte la voix des élèves, surtout des premières années. Il y a clairement un manque d’accompagnement. Beaucoup d’élèves en première année sortent du lycée, iels n’ont pas fait de prépas, sont un peu étonné-e-s devant la masse de travail et iels sont un peu lâché-e-s dans la nature. Ils n’ont pas vraiment eu l’occasion de s’organiser, de communiquer entre elleux, iels ne se connaissent pas forcément.

La situation est vraiment compliquée et il est difficile de faire remonter les problèmes d’autant plus que pour nous, il y a eu une forme de mépris de la part de l’administration à certains moments. Durant les conseils de délégués, les solutions apportées par les élèves ne sont pas forcément écoutées. Il faudrait défendre les étudiant-e-s en général face à l’administration, pour que l’on institutionnalise la flexibilité vis-à-vis de la notation, ou, pour parler de quelque chose de plus spécifique, des caméras par exemple. En effet, il y a des personnes qui travaillent à la BU, dans des lieux où il n’est pas forcément évident de mettre la caméra, ou bien tout simplement, des étudiant-e-s avec des problèmes de connexion.

Nous soutenons toujours un « C plancher et améliorable »

Avec SUD-Solidaires étudiant-e-s nous avons essayé d’être là pour les étudiant-e-s en difficulté. C’est la raison pour laquelle, déjà lors du premier confinement, nous avons réalisé plusieurs questionnaires. Tout d’abord, un premier concernant les conditions de vie matérielles des étudiant-e-s pour voir comme iels géraient le confinement. Dans un second temps nous avons également fait un questionnaire en partenariat avec tous les délégués des premières et deuxièmes années, qui a très bien fonctionné. Il nous a permis de mettre en avant auprès de l’administration le stress des étudiant-e-s vis-à-vis des galops et des partiels qui arrivaient à ce moment-là. Nous regrettons de ne pas avoir été écouté.e.s.

A l’époque, avec les délégués, nous soutenions, et nous soutenons toujours, un « C plancher et améliorable », c’est-à-dire que tout le monde aurait la moyenne à l’origine, donc un C, mais ce C serait améliorable en rendant les devoirs proposés par les professeurs. Nous soutenons cela parce qu’il y a des étudiant-e-s qui travaillent et que cela leur permettrait de ne pas être mis-e-s à mal par le confinement, mais aussi parce que beaucoup d’étudiant-e-s sont très stressé-e-s, et cette proposition leur permettrait de souffler et de ne pas plonger dans des problèmes psychologiques plus grave. Cette proposition a tout simplement été rejetée au premier confinement et c’est ce que nous pouvons regretter le plus de la part de l’administration concernant la gestion de la crise sanitaire. En revanche, nous sommes assez contents que les partiels soient asynchrones.

Nous souhaitons aussi une flexibilisation du système des absences, qui n’est, pour nous, absolument pas logique dans le contexte sanitaire actuel, notamment dans le cas du présentiel. Cependant, nous pensons que les absences doivent être comptabilisées, afin de savoir si certains élèves sont en situation de mal-être ou décrochage. Nous demandons également la systématisation de la mise en ligne des supports de cours dans le cadre des conférences de méthode, tout comme la mise en ligne des choix d’exposés. Enfin, ce que nous demandons immédiatement, c’est l’annulation des partiels en ligne parce que nous pensons que ce n’est pas quelque chose de tenable et qu’ils sont inégalitaires au vu des différences entre les élèves en termes de matériel informatique ou de conditions de confinement.

SUD Solidaires étudiant-e-s a longtemps été contre l’ancien système de classement pour la troisième année. Que pensez-vous du nouveau système ?

Ce que nous critiquons, c’est que l’administration nous a vendu un système soi-disant sans classement, en fonction de nos vœux, alors que finalement le classement est implicite. Pour le premier choix, beaucoup de gens se précipitent vers les mêmes universités et sont alors départagés par leur nombre de A, puis de B : c’est un classement “non assumé”. Nous entendons aussi régulièrement de la part de l’administration qu’il s’agissait là d’une « demande étudiante ». Or, cela ne différencie pas les différent-e-s acteur-trice-s étudiant-e-s à ce moment-là. Nous, SUD Solidaires étudiant-e-s, avons voté contre le système actuel, et nous avons vu les résultats.

Nous trouvons que c’est bien que les élèves aient fait leur propre classement mais il aurait été bien que l’administration le fasse. Par rapport au retour à l’ancien système, nous sommes contre puisqu’il était encore pire que celui actuel, notamment car il désavantageait encore plus les personnes tout en bas du classement. Nous demandons aussi de clarifier les règles, puisque contrairement à ce que l’on nous a répondu par mail, tout n’est pas indiqué sur le site et il y a eu des contradictions entre les différentes réunions, ce qui a amené les étudiant-e-s à ne plus différencier le vrai du faux. Ainsi même si nous sommes contre le classement, dans l’état actuel des choses, il faut au moins que les étudiant-e-s comprennent comment iels sont classé-e-s. Le système à points auquel nous avons réfléchi n’est pas la meilleure solution, mais il permet au moins la clarification et la transparence de la sélection vis-à-vis des étudiant-e-s. Fondamentalement, nous restons contre tout type de sélection, mais un système à point permettrait une meilleure conciliation avec le système actuel. Chaque lettre serait transformée en un certain nombre de points, si le classement doit être conservé.

Au sujet des honneurs, nous sommes contre et demandons leur suppression. Même si nous avons vu que l’administration a changé d’avis, car les personnes avec les « honneurs » ne demandaient pas forcément les universités correspondantes, cela reste insuffisant. Le système des honneurs est élitiste et fortement discriminant.

Un petit point sur la réforme des Masters. Que pensez-vous de cette réforme et quels sont vos engagements sur le sujet ?

Nous sommes assez content-e-s concernant les transverses en Master, avec notamment l’ajout de transverses sur le genre et sur l’écologie. C’est totalement dans notre programme de proposer un enseignement écologique.

En revanche, nous sommes moins satisfait-e-s au sujet de la transparence. Nous avions demandé à ce qu’il y ait des élu-e-s étudiant-e-s dans les commissions de sélection en Master, ce qui nous a été refusé. L’administration nous a dit que nous n’avions pas à entendre ce que les professeur-e-s avaient à dire, et que nous n’apprendrions rien du tout. Nous pensons que c’est faux, que la sélection est trop floue à l’IEP, et qu’il reste des efforts à faire là-dessus. Il nous paraît tout à fait légitime que les étudiant-e-s puissent connaître les modalités de sélection de manière transparente car aujourd’hui, il peut y avoir un caractère arbitraire dans les décisions, ce qui est assez dérangeant.

L’écologie est de plus en plus importante dans la vie quotidienne et dans la vie de l’école. Avez-vous des engagements en faveur de la planète et si oui, lesquels ?

Nous avons un gros point sur l’écologie dans notre programme, on nous a accusé de ne pas vouloir en parler, ce qui est faux. Nous en parlons depuis très longtemps, peut-être même plus longtemps que d’autres listes que nous avons pu voir passer à travers les années. L’un des points importants pour nous, c’est par exemple l’enseignement, avec des cours obligatoires sur le thème de l’écologie mais aussi une sensibilisation par l’IEP aux gestes écologiques et éco-responsables, ce qui a déjà été en partie fait. Nous pensons aussi que l’écologie à l’IEP devrait être plus politisée, notamment en relayant et en coorganisant les manifestations pour le climat, qui sont importantes et font parties de la vie des jeunes aujourd’hui.

Nous soutenons aussi quelque chose que les premières et deuxièmes années actuels n’ont pas forcément connu, c’est le cahier de doléances qui avait été mis en place par le comité de mobilisation pour le climat il y a deux ans. C’est un document qui rassemble les demandes pour l’écologie à l’IEP. Nous demandons également une rémunération plus importante du poste de référent-e à l’écologie et la rédaction d’une charte écologique, comme il y a une Charte égalité de genre et comme on aimerait une Charte antiracisme et contre l’antisémitisme. Nous militons aussi pour une meilleure végétalisation de l’IEP et la prise en charge du tri, car nous regrettons que l’administration laisse faire les associations, alors que c’est à elle de mettre certaines choses en place. Iels ont les moyens, notamment financiers de le faire. Il nous paraît également primordial qu’il y ait un bilan carbone de l’IEP, pour faire le point sur l’énergie que nous dépensons, et réarranger les choses en fonction.

Concernant les cafétérias, notamment celle dans Sciences Po, nous demandons à ce qu’elles soient remplacées par des structures autogérées, avec plus de propositions végétariennes et végétaliennes et surtout, qu’elles soient accessibles à toutes et tous. Aujourd’hui, le prix de cette cafétéria est aberrant par rapport au budget d’un-e étudiant-e moyen-ne. Nous demandons également que la situation des paniers de légumes des Ch’tis paniers soit pérennisée, que Sciences Po Lille prenne en charge les tarifs boursiers plutôt que de les obliger à passer par la CVA, qui n’est pas garantie d’une année sur l’autre. Enfin, nous demandons la compensation carbone pour la troisième année.

“Nous sommes une liste combative, qui lutte efficacement, avec un bilan et un programme complet”

Participerez-vous au débat organisé par l’arène de l’IEP ?

Oui, c’est le 11 décembre.

Pourquoi voter pour la liste de SUD Solidaires étudiant-e-sau Conseil d’Administration ?

SUD, c’est une liste qui a fait pas mal de choses l’année dernière pour les étudiant-e-s, notamment pendant la période de confinement, et nous faisons toujours de notre mieux pour porter les revendications des élèves. Nous sommes un syndicat réactif, sur de nombreux sujets comme la troisième année ou les conditions d’étude. Nous sommes une liste combative, qui lutte efficacement, avec un bilan et un programme complet sur toutes les problématiques que peuvent traverser les étudiant-e-s, et qui est délibéré de manière démocratique. Nous défendons les intérêts des étudiant-e-s dans toutes les commissions, y compris celles parfois délaissées par les autres élu-e-s comme le CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail).

Nous serons toujours là pour vous défendre, et c’est pour cela qu’il faut voter pour nous !

 

Propos recueillis par Aurore GANDER et Hugo JUMELIN

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