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Côté Ciné #2 : ENTER THE VOID

Enter the Void, c’est un trip psychédélique qui emmène l’expérience cinématographique à un autre niveau : le niveau sensoriel. C’est un film qui marque, qu’on l’ait aimé ou non, chaque personne qui le voit tant son concept est poussé à l’extrême. Il ne laisse personne indifférent. 

Pour vivre pleinement l’expérience, il suffit juste de se plonger dans le noir, de se laisser emporter…et de ne pas être épileptique, car si c’est le cas, la seule vision de l’introduction du film pourrait vous tuer…

Côté Réalisateur

Gaspar Noé est l’un des réalisateurs les plus controversés du cinéma français. Son premier et plus gros succès fut Irréversible (sorti en 2002 et disponible sur Netflix), un ovni cinématographique avec Vincent Cassel et Monica Bellucci dont le sujet central est la vengeance et qui fut l’objet d’un important scandale lors de sa projection au festival de Cannes en 2002 en raison d’une scène de violence sexuelle particulièrement dure montrée crûment à l’écran. Il poursuivit ensuite sa carrière autour de films traitants des grands thèmes de la vie : l’amour dans Love (2015), la folie dans Climax (2018) et la mort dans Enter the Void, sorti en 2010 et dont il est question dans cet article. Il est à noter que ce film fut co-écrit par Maria Paz de la Huerta, qui joue également le rôle de Linda.

Côté Scénar’

Oscar et Linda sont frère et sœur et habitent à Tokyo. Ils se sont juré plus jeunes de ne jamais s’abandonner et de toujours veiller l’un sur l’autre, même dans la mort. Ils survivent ainsi comme ils peuvent dans la mégapole lumineuse et futuriste; Oscar est dealer et Linda est strip-teaseuse.

Alors qu’il se rend à un rendez-vous entre dealers, Oscar se fait dénoncer et la police fait irruption dans le bar où il se trouve. Enfermé dans les toilettes, Oscar se fait tirer dessus et meurt. Non, ce n’est pas un spoil, c’est même le point de départ du film. En effet, l’esprit d’Oscar quitte son corps. La caméra prends la place de l’esprit d’oscar, nous devenons l’esprit d’Oscar. Il se retrouve condamné à errer à travers Tokyo dans le monde des vivants sans pouvoir y intervenir, spectateur de visions psychédéliques et témoin de la vie qui continue après sa mort; sa seule mission désormais : veiller sur sa sœur, toujours vivante. Il sera témoin au fil de ses errances des conséquences de sa propre mort, sans pouvoir rien y changer.

Côté Réalisation

Gaspar Noé a toujours été un grand friand de techniques de réalisation originales, et c’est probablement avec Enter the Void qu’il a pu le plus exprimer sa créativité avec la caméra. Toute l’œuvre est filmée à la première personne. Nous sommes Oscar. Nous voyons le monde à travers ses yeux. Cette absence de quatrième mur est essentielle à l’immersion dans le monde futuriste et psychédélique dans lequel Oscar vit, ou plutôt celui dans lequel il est emprisonné. Niveau couleurs et esthétique générale, on s’en prend plein la gueule. La première partie du film (jusqu’à la mort d’Oscar) reste pour moi l’un des grands moments du cinéma des années 2000. En résumé, ce film est un laboratoire à idées de réalisation.

Côté Recommandation 

Vous l’aurez compris, Enter the Void est un film à part. Un film qu’il faut vivre plutôt que de lire un article dessus. Mais merci quand même d’être arrivé.e jusqu’ici.

À noter que le film existe en deux versions différentes, une version cinéma (courte) et une version longue. Je vous conseille tout de même la version courte, plus digeste, la version longue n’apportant que peu de choses à l’œuvre. Et s’il vous fallait un dernier argument pour vous convaincre : la bande son a été en partie arrangée par Thomas Bangalter, l’un des deux membres de Daft Punk.

La bonne bise cinéphile.

Rayane Hocini

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