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Lettre ou-verte

Le blanc, le noir. Le Yin, le Yang. Le Bien, le Mal. Tout n’est qu’opposition binaire. Un choix entre deux solutions. Déterminé à l’avance, le jeu est biaisé. Sac blanc, sac noir. Deux poubelles. Un choix cornélien. Un dilemme. Et chaque jour, il se répète. Plusieurs fois par jour même. Impossible alors de se tromper. Impossible de recommencer, heure après heure, jour après jour, semaine après semaine, la même erreur. L’erreur est humaine me direz-vous. Certes. Mais la répétition est mécanique. Robotique. Recommencer la même erreur, toujours et encore, ne serait que pure folie.

Cette habitude que nous vous invitons à prendre chaque jour depuis 3 mois, c’est celle du tri. Si les antibiotiques ne sont pas automatiques, le tri n’est pas une loterie. Aussi longtemps que nous jouirons des fabrications des papeteries, gobeleteries et de toute l’industrie, le tri ne sera pas affaire de plaisanterie. Il est essentiel. Et l’affaire de toutes et tous. Car il suffit d’un écart, d’un pas de côté pour emporter dans les méandres d’une incinération polluante le reste de la cordée.

Soyons clairs. Le tri, il devrait être mis en place par l’administration. C’est une obligation légale de le faire respecter. Ils ne l’ont pas fait. Alors même qu’ils en avaient l’occasion parfaite lors des changements de locaux. Oui, au sein de cet établissement qui propose un master dit « Développement Soutenable », il a fallu batailler. Il a fallu du temps et beaucoup de patience. Il a fallu monter des dossiers. Il a fallu acheter des poubelles. Il a fallu payer ces poubelles. Il a fallu installer des affiches. Il a fallu s’occuper de la communication. Et qui pensait, une fois les barrières administratives surmontées, que le combat ne faisait que commencer ?

Peut-être est-ce un excès d’optimisme. Un brin d’idéalisme. Un caractère quelque peu emprunté d’utopisme. Ou le bon sens, tout simplement. Le bon sens de se dire que si vous consommez une canette par jour, leur tri permet d’éviter le rejet de 27 kilogrammes de dioxyde de carbone par an : c’est un trajet de 168 kilomètres en voiture. Ainsi que 104 kilowatt heure par an : c’est la consommation d’une télévision allumée 691 heures, soit 28,7 jours. Et 3 kilogrammes de pétrole par an : c’est 1,9 litres d’essence. Multipliez par le nombre d’étudiants que nous sommes. Multipliez par le nombre de semaines que nous passons à Sciences Po. Ajoutez les nombreux autres déchets que nous produisons tous chaque jour. Vous aurez une estimation de ce que nous pourrions éviter.

Comment ? Simplement. Un investissement de quelques centièmes de seconde. Le temps de lever les yeux. Identifier. Eventuellement effectuer un mouvement plus long d’une dizaine de centimètres. Le coût est faible. Et plus le temps passe, plus il diminue. Nous l’avons dit, les habitudes sont mécaniques. Si elles sont mécaniques et qu’elles deviennent plus fluides, plus rapides, plus vives, nous sommes face à de grandes économies d’échelle. L’investissement de départ, la barrière à l’entrée ? Quelques minutes passées à identifier où va chaque déchet. En bref, un effort intellectuel et physique quasi-nul.

Je ne vous apprends rien en disant qu’un faible coût associé à de gigantesques gains équivaut à d’immenses bénéfices. Je ne vous apprends rien en disant que trier, c’est important. Je ne vous apprends rien en disant qu’il est honteux qu’au sein d’une « Grande Ecole », parmi les plus sélectives, des étudiants capables de dissertations en trois parties/trois sous-parties soient incapables de trier leurs déchets.

Sac blanc, sac noir. Simple, basique. Les règles du tri, vous pouvez les retrouver partout. Au-dessus de chaque poubelle. Dans votre boîte mail. Sur internet. Dans vos souvenirs. Car nous savons que vous les connaissez. Tous. Peut-être pas parfaitement. Mais les grandes lignes. Le problème n’est pas un écart accidentel, un oubli, un déchet mal identifié. Le problème c’est quand l’écart devient la norme. Quand le tri devient l’accident.

A Sciences Po, chez vous, et n’importe-où. Partout, parce que c’est notre projet. Notre projet commun à toutes et tous. Celui de faire mieux. De faire un geste. Et si nous écrivons ceci, c’est parce que nous vous faisons confiance. Parce que nous sommes persuadés que le tri n’est pas une utopie, mais une simple affaire de bon sens. Une nécessité primaire, et bientôt familière.

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La Ruche

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