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Lutte écologiste : vers une ère de « désobéissance civile ? »

Alors que les yeux rivés sur notre voisin britannique ne semblent voir que le Brexit, la Manufacture s’intéresse aujourd’hui à un mouvement bien moins médiatisé en France (mais non moins important) : le mouvement pacifique Extinction Rebellion, qui revendique la “désobéissance civile” pour sauver la Terre, et l’Humanité.

Le 31 octobre dernier 6 000 personnes se réunissent à Londres pour protester contre l’inaction politique en matière de réchauffement climatique. Au delà du rassemblement, cette manifestation pose la question des moyens utiles pour sensibiliser les politiques à la question environnementale.

Année 2018 : Ce que l’on a appris des études sur le dérèglement climatique

L’année 2018 est symbolisée par la forte médiatisation des enjeux écologiques, notamment grâce à la révélation de plusieurs études qui remettent clairement en cause la vision de certains (cf citation d’un grand prophète conspirationniste : )

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les études viennent donc démontrer que non, sauf votre respect monsieur le Président, ce “concept” n’a pas été créé par les chinois et concerne bien plus que la compétitivité du secteur industriel américain.

L’une de ces études les plus récentes a été rendues au début du mois d’octobre (2018) par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Changement Climatique (GIEC), un organe créé par les Nations Unies afin de mesurer l’impacte du dérèglement climatique : par l’analyse de 6 000 publications, le rapport révèle que le climat planétaire se serait déjà réchauffé d’environ 1°C depuis le début de la pré-industrialisation. En considérant que l’on conserve le même niveau d’émission de gaz à effet de serre dans les années à venir, le climat planétaire connaîtrait une augmentation de 1.5°C entre 2030 et 2052.

Mais l’information la plus alarmante du rapport reste sans aucun doute la suivante : tant qu’il n’y aura pas de réelle volonté de la part des représentants politiques, et si les objectifs de l’Accord de Paris ne sont pas respectés, le réchauffement climatique atteindra 3°C d’ici moins d’une centaine d’années.

En 1992, le “World Scientists’ Warning to Humanity” était signé par 1 700 scientifiques indépendants et l’Union of Concerned Scientists. Ce manifeste avait, déjà à l’époque pour objectif d’alerter les Hommes sur l’augmentation trop rapide de leur consommation en ressources fossiles, et sur l’existence d’un possible point de rupture entre les Hommes, et Mère Nature.

En 2017, ils sont 15 000 à dresser un bilan désastreux : à travers un manifeste publié le 13 novembre dans la revue Bio Science, 15 364 scientifiques issus de 184 pays différents constatent la médiocrité de la réponse de l’Humanité au rapport de 1992.

Une multitude d’études et d’articles concernant la disparition des espèces marines, la consommation d’eau et le rejet de gaz à effets de serre provoqués par l’agriculture intensive (entre autres) ainsi jalonné l’année 2018 et ont trouvé résonance dans plusieurs pays.

 Mouvement Extinction Rebellion

credit to occupy.com
credit to occupy.com

C’est parce que le point de rupture entre l’Homme et la Terre se traduit par la mort du premier que le mouvement britannique Extinction Rebellion parle de mort, de disparition, d’anéantissement des humains.

Le 31 octobre dernier surnommé pour l’occasion “the rebellion day” (le jour de la rébellion), pas moins de 6 000 britanniques se sont réunis à Londres pour bloquer ponts et routes en faveur de la transition écologique. Aux discours rassurants clamant  “qu’il n’est pas trop tard,” et que “tout est encore possible”, les partisans d’ Extinction Rebellion préfèrent une approche plus brute, et peut-être aussi, plus effrayante, parce qu’elle utilise les mots justes, les mots qui font mal, les mots que personne ne veut entendre. “12 ans pour sauver la Terre”, “nous nous dirigeons vers notre propre extinction”, “nous allons mourir”, peut-on lire sur les profils Twitter de plusieurs activistes et sur le compte officiel du mouvement.

Face à l’ampleur de la manifestation, qui visait à perturber une partie du trafic londonien, plus de 85 arrestations, et une explication : celle que donne Tiana Jacout à la BBC : “Nous avons [déjà] essayé de marcher, d’influencer, de signer des pétitions. Rien n’a provoqué le changement qui est [aujourd’hui] nécessaire”.

“Si les choses continuent ainsi, [alors] nous sommes face à une plus grande extinction que celle qui a causé la mort des dinosaures”

Les manifestants insistent notamment sur leur impuissance face à des représentants politiques qui semblent insensibles aux enjeux de la transition écologique, mais aussi qui ne semblent pas mesurer l’impact que leur politique actuelle a sur l’environnement. Avec plus de la moitié des vertébrés disparus en 40 ans, et la multiplication des effets du réchauffement climatique et de la pollution sur les corps, ces défenseurs ne comprennent pas comment les pouvoirs politiques du monde entier peuvent négliger le seul intérêt qu’ils ont en commun : survivre. Et, accessoirement, dans les meilleures conditions possibles. En ce sens, le mouvement revendique “la vérité”, c’est-à-dire l’information de tous les citoyens sur la situation écologique actuelle, mais aussi la suppression des émissions carbone du pays d’ici 2025. Enfin, mais non des moindres, la création d’un “conseil citoyen” pour s’assurer de la participation effective du peuple dans les mesures prises contre le réchauffement climatique

Vers un mouvement planétaire ?

Le mouvement Extinction Rebellion s’attache à mettre en avant des activistes du monde entier. Parmi eux, de jeunes, très jeunes personnalités engagées, qui appellent  à “se mettre en colère”

Le compte twitter officiel du mouvement donne l’accès aux profils de jeunes adolescents (souvent autour de 14 ou 15 ans) qui médiatisent leur lutte parfois à plusieurs milliers de kilomètres de la Grande Bretagne bien résolus à faire leur voix encore plus loin encore. Parmi ces jeunes, Greta Thunberg, une jeune suédoise de 15 ans, a prononcé un discours le 3 décembre dernier dans le cadre de la COP 24. Plusieurs de ces expressions ont alors marqué les esprits.

Donc nous ne sommes pas venus ici pour supplier les dirigeants mondiaux de s’interesser à notre future. Ils nous ignorés par le passé et ils nous ignoreront encore. Nous sommes venus pour qu’ils sachent qu’un changement est en marche, que cela leur plaise ou non”

Mais les manifestations de Extinction Rebellion font écho à bien d’autres en Europe, comme celles, organisées tous les ans par le collectif Ende Galände sur le site de Hambach (Allemagne), une mine à ciel ouvert  réputée pour être l’une des mines de charbon les plus polluantes d’Europe. Vincent Verzat, youtubeur français, explique dans l’une de ses vidéos comment s’est mise en place la désobéissance civile sur le site. Les participants, environ 4000, viennent de tous les pays d’Europe, ont des opinions politiques variées et des expériences de vie particulières, mais tous sont là,pour participer à cette expérience de désobéissance civile ou “non-violence en action”.

Dans la cadre d’une manifestation déclarée comme légale, les participants forment une caravane qui se dirige vers la mine. Dès le début, la stratégie est méticuleusement orchestrée autour d’un protocole qui les ammène à occuper la mine, cette fois bien illégalement, après avoir passé plusieurs barrages de police.

A premier abord, l’année 2018 apparaît pour beaucoup comme une année charnière marquée par une prise de conscience des risques climatiques. C’est cette année, en effet qu’a été créé et développé le mouvement britannique “Extinction Rebellion”, qui a mobilisé les médias outre-manche ces dernières semaines. Leur “désobéissance civile” dénonçant l’inaction de leur gouvernement n’est cependant pas chose nouvelle : de nombreuses initiatives de ce type ont déjà été organisées ces dernières années, comme en Allemagne, proposant ainsi l’ouverture d’une ère de contestations non-violentes mais chargées de force, en faveur de la survie de notre planète, et des Hommes qu’elle a enfantés.

 

 

Lila Chassac

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