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Julien Quintin - 21 mars 2020

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Anne Hidalgo en pôle position pour rester maire de Paris après avoir fait 29 % au premier tour

Au soir de ce premier tour des municipales réalisé dans des conditions particulières, les Parisiens ont décidé de placer en tête la maire sortante issue du parti socialiste Anne Hidalgo, devant Rachida Dati des Républicains (23% des voix) et Agnès Buzyn (17%) la candidate En marche tandis qu’EELV (Europe Ecologie Les Verts) et son candidat David Belliard n’atteigne que 11 % des suffrages exprimés. A la suite de ce premier tour qui a vu treize maires sortants d’arrondissements arriver en tête, Anne Hidalgo semble partie pour un second mandat.

Les candidats des listes d’Anne Hidalgo arrivent en tête dans tous les arrondissements où les socialistes tenaient la mairie et dans la nouvelle circonscription électorale Paris-centre qui réunit les quatre premiers arrondissements, avec d’excellents scores dans le 19e (41 % pour François Dagnaud), le 14e (31 % pour Carine Petit) ou le 11e (43 % pour François Vauglin). La coalition socialiste enregistrent même quelques bonnes performances dans des arrondissements marqués à droite comme le 15e (20 % pour Anouch Toranian) et le 17e (17 % pour Karen Taieb). Les candidats écologistes, peut être trop identifiés comme les futurs alliés de la maire sortante, ne se sont que peu démarqués en ne remportant aucun arrondissement malgré des scores honorables dans le 18e arrondissement (2e avec 17 %) et le 10e (2e avec 15 %).  EELV n’a donc pas réitéré les scores qui lui avaient permis d’arriver en tête dans l’Est parisien aux élections européennes de 2019, la faute notamment à la prime au sortant qui a profité aux socialistes et à leurs alliés (Génération.s de Carine Petit ou le PCF de Ian Brossat).

À droite, Rachida Dati fait un score de 13 points inférieurs à celui de Nathalie Kosciusko-Morizet en 2014, souffrant de la concurrence de la République en Marche et des dissidents dans plusieurs arrondissements clés comme le 15e avec Philippe Goujon (maire sortant). En effet, la droite parisienne n’arrive en tête que dans six arrondissements avec des scores le plus souvent inférieurs à ceux de 2014 du fait de la concurrence des dissidents, des candidats de Libres ! (Le mouvement de Valérie Pécresse) et des maires sortants élus sous l’étiquette Les Républicains passés sous la bannière la République en Marche. Les dissidents obtiennent un score d’environ 3,5 % sur tout Paris. C’est dans le 15e arrondissement, l’un des plus peuplés de Paris, que leur concurrence se fait le plus sentir : Agnès Evren, candidate officielle des Républicains, obtient, à peine 22 % devant le maire sortant Philippe Goujon (21 %) qui a refusé de promettre de voter pour Rachida Dati comme maire de Paris. Cette dernière est la seule candidate à remporter l’élection dès le premier tour et donc à conserver son fauteuil de maire du 7e arrondissement avec 50,7 % des voix. Libres ! n’a présenté des listes indépendantes que dans trois arrondissements Paris-Centre, le 18e et le 20e pour des scores peu prometteurs (respectivement de 1,3 ; 3,3 et 1,3 %).

Les candidats de la République en Marche menés par Agnès Buzyn essuient un échec prévisible. Seuls deux arrivent en tête : Florence Berthout, maire sortante du 5e arrondissement avec 28,5 % des voix et Delphine Bürkli, maire sortante du 9e arrondissement avec 37 % des suffrages. L’autre maire sortante qui se présentait sous l’étiquette du parti présidentiel, dans le 20e Frédérique Calandra, essuie une défaite cinglante en n’obtenant que 12,5 % des voix bien qu’elle soit maire depuis douze ans. Au-delà des arrondissements où ils sont arrivés en tête, les candidats de la liste LREM obtiennent leurs meilleurs scores dans l’Ouest de Paris : 2e avec 23 % des suffrages pour Agnès Buzyn dans le 17e ou 2e avec 23,5 % des voix pour Hanna Sebbah dans le 16e arrondissement. Ils payent notamment la dissidence de Cédric Villani qui obtient en moyenne 7,9 % des voix sur l’ensemble de Paris. Soutenu par le Parti radical de gauche, il ne réussit à se maintenir que dans le 14e arrondissement où il était tête de liste (12 % des voix). Son pari de devenir maire de Paris en faisant campagne hors des partisest raté : il ne deviendra vraisemblablement même pas maire du 14e arrondissement.

De même la France insoumise qui soutient les listes Décidons Paris enregistre un nouvel échec après son piteux score des européennes dans la capitale, alors que Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 19,5 % des voix en 2017 à la présidentielle et que Danièle Obono était devenue députée dans une circonscription du 19e arrondissement. Les listes de la France insoumise ne se maintiennent que dans le 20e arrondissement (comme en 2014) et totalise 4,6 % des voix sur l’ensemble de Paris, moins que le Parti de gauche aux élections précédentes. La France insoumise continue donc sa longue chute, dans une ville dans laquelle elle avait pourtant réussi à mobiliser les classes populaires, les professeurs et les « bobo » (bourgeois-bohèmes, compris ici selon la définition de Michel Clouscard comme « économiquement de droite et idéologiquement de gauche ») en 2017.

Le mouvement Aimer Paris, soutenu par le Rassemblement National et le Parti Chrétien Démocrate, fait face lui aussi à un échec dans une ville qui n’a jamais été favorable au parti d’extrême droite. Les listes de Serge Federbusch n’obtiennent qu’1,5 % des voix sur tout Paris, réalisant leur meilleur score dans le 13e arrondissement : 2,14 % pour Jean-Michel Dubois.

Du côté des plus petits partis, Lutte ouvrière a réussi à présenter des listes dans 14 arrondissements et à obtenir son meilleur résultat dans le 13e arrondissement avec 0,98% des suffrages pour Marielle Saulnier. Le mouvement Parisiennes, Parisiens, créé puis abandonné par Gaspard Gantzer (pour une tête de liste LREM dans le 6e) présente onze listes et réussit à obtenir 1,45% des voix dans le 20e avec Valéry Vuong. Le mouvement Libérons Paris de Marcel Campion a présenté seize listes et son meilleur score est obtenu par Caroline Elbaz dans le 12e avec 0,71% des voix. Par ailleurs, l’Union populaire Républicaine n’a présenté qu’une liste, le Parti ouvrier indépendant démocratique en a présenté trois et Volt une seule.

Le premier tour de ces municipales à Paris, consacre les maires sortants qui arrivent en tête dans treize arrondissements sur dix-sept et la maire sortante de Paris dont les listes recueillent 29% des voix. Ce premier tour est un semi-échec pour les candidats d’EELV qui ne sont nulle part en position de gagner un arrondissement, sauf accord d’entre-deux-tours avec les socialistes. Pour Cédric Villani, le pari est manqué et il ne pourra servir que de force d’appoint à Anne Hidalgo ou Agnès Buzyn au second tour. La candidate LREM n’a pas non plus réussi à s’appuyer sur les excellents résultat du parti présidentiel aux précédentes élections et doit donc s’interroger sur l’opportunité de fusionner ou non avec les listes de Rachida Dati afin de construire une majorité municipale à même de renverser Anne Hidalgo. Reste à savoir quand se tiendra le second tour et les alliances qui se noueront pendant ce long entre-deux-tours de confinement.

 

Vladimir Benlolo

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