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Stranger Things saison 2 : la magie opère-t-elle toujours ?

Après des débuts prometteurs en juillet 2016, la série de science-fiction des frères Duffer revient sur Netflix pour une deuxième saison qui, en à peine deux semaines de diffusion, pulvérise déjà le chiffre de l’an passé. Mais les scores sont-ils à la hauteur de la série ? et surtout, que penser de ce second opus ?

Indiana, un soir de novembre 1983. La nuit vient de tomber. Quatre garçons rentrent chez eux après une soirée Donjons et Dragons. Chacun enfourche son vélo et prend la route. L’un d’eux, pour retrouver une maison sombre et vide. Quelque chose semble le poursuivre. Il se réfugie dans la cabane au fond du jardin. L’ampoule s’éteint. Et c’est ainsi que disparaît le petit Will Byers.

Dès les premières minutes, Stranger Things nous replonge dans les films de science-fiction des années 80. On s’attendrait presque à voir l’escadron de vélos s’étoffer des Goonies ou d’E.T. dans sa corbeille, sentir Doc et Marty McFly passer au-dessus de nos têtes en DeLorean ou même repérer un Mogwaï dépassant d’un sac à dos. Tout est fait pour reproduire cette atmosphère à la fois sombre mais réconfortante, typique de l’imagerie qui a bercé notre enfance.

Le retour aux années 80 : un besoin générationnel ? 

Après tout, quoi de plus prévisible que de surfer sur le récent retour des années 80 dans la mode et la pop culture, me diriez-vous ? Mais, et si la vraie question ne résidait pas dans le pourquoi les séries s’adaptent à notre état d’esprit, mais plutôt pourquoi nous choisissons aujourd’hui de nous réfugier dans cette époque en particulier ?

La série The Americans (2013) raconte l’histoire de deux espions du KGB dans l’Amérique de Reagan, et rend notamment compte du lien entre innovation, changement social et course aux armements.

Par bien des aspects, la décennie 80 fait écho aux enjeux actuels, entre le retour de la course aux armements et l’avènement du couple May-Trump qui rappelle étrangement Thatcher-Reagan. Une époque d’insécurité, d’expérimentations et d’innovations, de possibilités, aussi. On repousse de nouveau les limites du temps, de l’espace, de l’éthique et de la morale, et l’on se demande où tout cela va nous mener. Car c’est ça aussi, l’avantage du passé, on sait comment l’histoire se termine.

Mais Stranger Things ne se contente pas nous ressortir un condensé des films de cette époque. S’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher aux Duffer Brothers, c’est leur sens du détail : des titres en néon à la bande son électronique en passant par les costumes, on sent qu’ils se sont donnés les moyens pour un hommage en grande pompe. Et c’est justement là que se révèle toute la qualité de la série. Là où beaucoup seraient tombés dans la caricature en nous servant une overdose de mulets et d’épaulettes, les réalisateurs font dans la nuance, et distillent les références avec une mesure admirable.

Un recyclage maîtrisé

Il n’y a en effet rien de mal à recycler, quand c’est fait intelligemment. Avec Stranger Things, on reprend les codes et l’esthétique « années 80 », mais, au-delà des moyens techniques de surface, on a un traitement de fond moderne. La décennie est montrée telle qu’elle était réellement, et les personnages sont non seulement plus riches, mais plus honnêtes.

Cela tient tout d’abord à un casting de grande qualité. On retrouve David Harbour et Winona Ryder au top de leur forme, et les jeunes acteurs livrent une performance à la fois mature et convaincante. Et contrairement à ce qu’on a pu voir par le passé, les quatre garçons sont réellement différenciables au-delà du physique. Chacun a sa propre personnalité, et ça, ça change. L’observation s’applique d’ailleurs à l’ensemble des personnages, qui s’appuient presque tous sur un cliché de base, mais qui dans une certaine mesure parviennent à les dépasser et à devenir plus humains.

L’intrigue, dense mais bien menée, témoigne également de ce sens du détail et de l’intelligence de la démarche.

Vous l’aurez compris, la saison 1 avait placé la barre très haut. Mais qu’en est-il de la saison 2 ? Conserve-t-elle la qualité perçue par ses supporters ? Donne-t-elle envie de continuer aux potentiels déçus ?

Un univers toujours plus dense … 

En fait, tout dépend de votre appréciation de la saison 1. Les convertis garderont la foi, les sceptiques ne seront pas davantage convaincus.

Sans trop détailler pour les personnes n’ayant pas encore vu la nouvelle saison voire pas encore terminé la précédente (la partie « spoilers », signalée, est plus bas), l’édition de cette année vaut le détour. On y retrouve cette ambiance si particulière, sombre mais ponctuée d’instants d’humour, qu’on doit en grande partie à Dustin, mais qui sont également pris en charge par de nouveaux personnages ainsi que par l’approfondissement d’anciens.

Un aspect plus qu’appréciable est en effet l’effort de creuser davantage dans la personnalité et l’univers des personnages et d’étoffer leur environnement tout en maintenant un ensemble cohérent. On en vient même à changer de regard sur certains, qu’on croyait trop caricaturaux.

… malgré des faiblesses scénaristiques

On regrettera cependant une intrigue manquant parfois de cohésion entre les différentes trames – on peine à comprendre en quoi l’histoire de certains personnages se rattache à l’ensemble – ainsi qu’un dénouement quelque peu décevant et facile par rapport à ce qu’elle laissait présager.

Cependant, le final ne remet pas en cause la légitimité d’une troisième saison, qui garde un fort potentiel grâce à un univers qu’on souhaite – et qui peut être – développé davantage, mais aussi l’espoir de voir l’approfondissement de certaines pistes amorcées au cours de la saison 2 – et non résolues par le final.

WARNING : LES SPOILERS COMMENCENT ICI.

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Comme dit précédemment, la saison 2 de Stranger Things a fait l’effort d’étoffer davantage les personnages et leur univers, notamment en les insérant dans de nouvelles dynamiques. Cela passe notamment par l’introduction de duos improbables tels que l’attendrissante relation père-fille d’Eleven et Hopper ou l’alliance entre Dustin et Steve. Steve qui, d’ailleurs, parvient à s’extraire du cliché du beau gosse aux cheveux brillants mais au cerveau inexistant. Il se remet en question et se tourne lui-même en dérision. Dans la même optique, le fait résoudre rapidement le triangle amoureux Nancy-Jonathan-Steve était, au-delà de l’appréciable, de l’ordre du vital.

On remarque aussi l’introduction de personnages secondaires comme la petite sœur de Lucas ou la mère de Dustin, qui bien que n’apportant pas grand-chose au déroulement de l’intrigue, comptent parmi les petites touches d’humour qui empêche de faire basculer la série dans un registre trop sombre stagnant au premier degré. L’arrivée de Billy et Max, personnages intéressants et cohérents avec l’univers mis en place, n’apporte, au final, pas grand-chose à l’histoire en elle-même.

Concernant l’intrigue, on regrettera le manque d’originalité de l’histoire entourant Will, qui revient de l’Upside Down traumatisé et possédé par le Mind Flayer. Il faut cependant reconnaître la qualité de la performance fournie par son interprète (Noah Schnapp), et surtout le choix de l’acteur, confirmant que le personnage a sa place et sa légitimité au sein de la série au-delà du simple élément déclencheur de l’intrigue.

Le dénouement, quant à lui, nous laisse une impression gênante de déjà-vu. Cette fois encore, c’est Eleven qui sauve le groupe d’amis en refermant le portail. On se demande aussi si la scène de torture au radiateur pour faire sortir le Mind Flayer de Will a réellement servi à quelque chose, puisqu’au final, la menace n’a pas disparu.

Reste l’envie de voir les personnages, leurs relations et leur univers davantage exploités – on pense ici notamment à Kali et la possibilité d’autres enfants exploités en laboratoire -, et c’est là qu’une saison 3 prend tout son sens.

Joséphine Coadou

Stranger Things, créée par Matt et Ross Duffer. Saison 2 disponible sur Netflix depuis le 27 Octobre 2017.

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