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Vladimir Benlolo - 15 novembre 2019

Vladimir Benlolo - 15 novembre 2019

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Une troisième coupe pour la nation arc-en-ciel au pays du Soleil levant

Ce samedi 2 novembre, l’Afrique du Sud a réussi à se défaire de l’Angleterre (score final 12-32). Une troisième victoire en finale pour la nation arc-en-ciel qui égale, avec ce titre, les All Blacks.

Un match à suspens… dont on pensait qu’il était joué d’avance

Après sa victoire contre les All Blacks en demi-finale, l’Angleterre apparaissait comme la favorite de cette finale. Pourtant, samedi, ne se laissant pas impressionner par les pronostics, l’Afrique du Sud a fini par dominer le XV de la rose. Si le match a d’abord été serré (3-3 puis 6-6), la Nation arc-en-ciel a réussi à passer au-devant des Anglais en menant 6-12, avant de rejoindre les vestiaires pour la mi-temps. Les Anglais avaient certes essayé avec ardeur de marquer le premier essai de cette rencontre. Mais c’était sans compter sur la défense hors-normes des Sud-Africains lors du match, qui s’est révélée être d’un niveau nettement supérieur. Ils ont réussi à repousser deux tentatives d’essais anglaises dont une à seulement quelques mètres de la ligne.

A la mi-temps, aucun essai n’est encore inscrit. Tous les espoirs sont encore permis, tant du côté anglais que sud-africain. Après deux nouvelles pénalités, les Springboks mènent 18-12. Makazole Mapimpi offre alors le premier essai de cette finale. Un deuxième essai de Cheslin Kolbe confirme l’impitoyable défense sud-africaine. C’est sans doute grâce à cette dernière que l’équipe a pu maîtriser la rencontre, ne laissant aucun terrain aux Anglais. Ceux-ci sont finalement battus 12-32.

Les Springboks ont survolé une finale marquée par un nombre impressionnant de pénalités (dont 4 concédées uniquement par le joueur anglais Dan Cole !). C’est pourquoi, pendant une grande partie du match, beaucoup ont pensé que la Nation arc-en-ciel allait s’imposer sans marquer le moindre essai.

Une finale remplie d’anecdotes

Saviez-vous que l’Afrique du Sud était la première nation à s’imposer durant un Mondial de rugby sans avoir fait un sans-faute ? Saviez-vous que c’était la première fois que le père du capitaine Siya Kolisi sortait du continent africain ? Que Siya Kolisi était le premier capitaine noir de l’équipe sud-africaine ? Que les victoires de l’Afrique du Sud en Coupe du Monde étaient soumises à la règle du 12 ? Que l’Afrique du Sud détenait un nouveau record ?

Eh oui, c’est la première fois que l’Afrique du Sud remporte une Coupe du Monde de rugby en marquant au moins un essai en finale. Lors de ses deux victoires précédentes, elle s’était imposée sans en marquer un seul. De plus, l’Afrique du Sud est la première nation à remporter la compétition sans faire un sans-faute : elle a été battue en phase de groupe par la Nouvelle-Zélande, finalement 3ème de cette édition 2019.

Pour la première fois cette année, c’est un capitaine noir qui a soulevé le trophée pour la nation arc-en-ciel. En effet, Siya Kolisi est le premier joueur de couleur de la sélection à endosser cette responsabilité. C’était également un beau moment pour son père qui, sortant pour la première fois du continent africain, a eu la fierté de voir son fils soulever le trophée au nom de son pays. Séquence émotion dans le monde des plaquages.

Fans des Springboks, pensez à réserver vos places pour la finale 2031 ! Vous pourrez certainement y voir briller votre équipe favorite qui remporte une finale de Coupe du monde tous les… 12 ans. Sachez d’ailleurs que l’Afrique du Sud est la seule nation avec 100% de taux de réussite en finale de Coupe du Monde de rugby. 3 finales avec 3 victoires à la clé, c’est mieux que la Nouvelle-Zélande, qui, elle, s’est assurée trois victoires sur 4 finales. En 1995, elle s’était inclinée face à l’Afrique du Sud.

Un apaisement des tensions ?

La victoire des Springboks fait oublier, pour un temps, les débats qui continuent d’agiter le rugby sud-africain. Il s’agit des possibilités de dopage de l’équipe victorieuse de la Coupe du monde 1995. Organisée peu de temps après l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela, l’équipe emmenée par François Pienaar avait permis de ramener la paix sociale dans un pays encore fortement marqué par l’Apartheid. Cette première victoire en Coupe du monde est d’ailleurs relatée (et romancée) dans le film Invictus. Le pays alors hôte de l’évènement s’était uni derrière son équipe qui ne comptait qu’un seul joueur de couleur, l’ailier Chester Williams.

Pourtant, depuis une dizaine d’années, de nombreux joueurs de cette équipe dorée ont contracté des maladies neuro-dégénératives. Ainsi, le demi de mêlée mythique Joost Van der Westhuisen a été emporté par la maladie de Charcot en 2017. Ruben Kruger a succombé à une tumeur au cerveau en 2010. Cette année, c’est Chester Williams qui est décédé d’une crise cardiaque au mois de septembre, à l’âge de 49 ans.

Ainsi, pas moins de 5 joueurs de l’équipe dorée de 1995 sont partis tôt. Peut-être même trop tôt. Assez tôt pour faire naître des soupçons de dopage autour de cette nation, vainqueur surprise d’une coupe du monde à domicile, que Nelson Mandela avait voulu pacificatrice. Soupçons qui s’étaient renforcés après la publication de la bibliographie de François Pienaar dans laquelle il avouait avoir pris des pilules « de vitamines ». Le fin mot de l’histoire reste donc encore à écrire, même si, pour un temps, le succès des Springboks laisse le soleil chasser les nuages.

Aurore GANDER

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